Présentation de l’AFXR, une association qui fédère les acteurs des technologies immersives

[kif_post_tags]

David Nahon : L’AFXR, c’est une association, c’est LA grande association française qui fédère les utilisateurs, les acteurs des technologies immersives et de leurs usages, qui regroupe une dizaine de collèges, qui est vraiment représentative de toute la profession…

Alexandre Micheli : Et tu la dirige, co-dirige ?

David Nahon : Je l’ai co-créée. En fait, c’est la fusion entre l’AFRV, qui est une ancienne association qui est plutôt scientifique et industrie, et Uni-XR, qui était plutôt nouveaux médias, 360, storytelling, et plus le monde ici de l’industrie créative et culturelle.

Donc tout ce petit monde, on a fusionné, et j’en suis un des animateurs importants.

Présentateur : Alexandre Michelin (Fondateur KIF Festival)

Intervenant : David Nahon (Immersive Experience Director Dassault Systèmes)

En quoi l’imaginaire sert-il l’industrie ?

[kif_post_tags]

David Nahon : Moi je viens, en fait, du monde de la création, même très artistique. J’ai bossé huit ans auprès de Maurice Benayoun, entre autres, à faire des installations interactives pour des musées, des parcs à thème et des lieux où le public pouvait justement interagir avec du digital déjà immersif entre les années 95 et 2002.

Alexandre Michelin : Donc c’est l’illustration de ce dont parlait hier le directeur de la stratégie de Dassault Systèmes : c’est de l’imaginaire que vient l’industrie ?

David Nahon : En tout cas, il vaut mieux commencer dans le monde de l’imaginaire pour, après, comprendre et maîtriser ces choses-là dans l’industrie. Je pense que c’est plus facile que dans l’autre sens, parce qu’on a l’esprit peut-être un petit peu plus ouvert.

Mais de manière plus globale, oui, ce que disait Sébastien Massart hier est clair. 

En fait, les mondes aujourd’hui de la création digitale ou de la création d’objets qui finissent dans le monde réel, donc que font Dassault Systèmes, sont en train de se rencontrer de manière très très forte, parce qu’on ne peut pas concevoir une ville, un immeuble sans réfléchir à comment on y vit, comment on se projette, justement, dans cet espace-là, et ce qu’on y fait. 

Et donc la matière première, c’est bien l’imaginaire. 

Et Dassault Systèmes travaille depuis longtemps avec des philosophes et des personnes qui nous accompagnent, justement, dans cette réflexion, qui n’est pas technologue comme peuvent l’être celles des grands acteurs américains, mais vraiment sur comment on vit, et l’expérience du vécu.

Présentateur : Alexandre Michelin (Fondateur KIF Festival)

Intervenant : David Nahon (Immersive Experience Director Dassault Systèmes)

Martial Spirit : un métaverse autour des sports de combat

[kif_post_tags]

Stéphane Juffé : Martial Spirit a été lancé par Rudy Jonstomp, qui est quelqu’un qui connaît bien le milieu des sports de combat et des arts martiaux. Il a eu une idée, c’est de créer un métaverse autour des sports de combat.

On a trouvé ça génial, et avec Steve Moradel mon associé on s’est dit : “super, on veut rentrer dans la partie.” Et du coup on l’a accompagné dans les outils de développement et tout. 

C’est un projet qui part des Etats-Unis, parce qu’il y a un réseau étendu là-bas. Et puis, tout ce qui est NMA, kung fu… ça marche très très bien là-bas. 

Je vous laisse découvrir à quoi ça ressemble, parce qu’en fait c’est sur trois types de modes différents. C’est-à-dire qu’il y a de la réalité augmentée, il y a de la télé augmentée, avec un téléphone, et il y a aussi de la réalité virtuelle, et on est en train de mixer tout ça. 

Il y aura du NFT, évidemment. On mélange un peu tout, mais selon le prisme des sports de combat. Je vous laisse découvrir le trailer, j’espère que ça va vous plaire.

Alexandre Michelin : “Please help us”, ça veut dire qu’il y a une communauté derrière ?

Stéphane Juffé : Alors il y a un lancement de communauté via du Kickstarter classique sur des réseaux américains. Et il y a aussi un tour de table, qui est en train de se finaliser, d’investissements pour lancer ce projet qui est très très ambitieux.

Alexandre Michelin : C’est une nouvelle ligue, en fait, virtuelle ?

Stéphane Juffé : Ça peut devenir une ligue, on ne va pas prétendre ça. En tout cas, ça va devenir un jeu autour de l’avatarisation. On va pouvoir entraîner son personnage, lui donner… si on apprend physiquement les vrais coups de vrais champions, notre personnage saura les faire dans le jeu. Donc physiquement…

Alexandre Michelin : C’est l’histoire du mouvement…

Stéphane Juffé : Exactement. Par exemple, pour du kung fu on va apprendre, que ce soit avec sa télé connectée, avec les caméras de téléphone qui détectent les mouvements, ou en VR, on va pouvoir apprendre le bon mouvement de kung fu. 

Et du coup ce sera validé, et notre personnage pourra l’utiliser dans un combat à la Street Fighter. Et on va pouvoir challenger les gens. On va pouvoir intégrer de la NFT si on veut la paire de gants fabriqués par je ne sais pas qui…

Alexandre Michelin : Par Marvin Hagler, qui est champion de kung fu.

Stéphane Juffé : Tout est ouvert, on ne sait pas à quoi ça va ressembler à la fin, mais en tout cas c’est un projet tellement passionnant, avec un sujet qui nous tient à cœur. Il y a un côté “manger, bouger”. L’esprit aussi des arts martiaux, qui est quelque chose qui reste quand même autour de la sagesse, c’est pas que du combat pur et dur. 

Enfin voilà, c’est un projet qu’on trouve passionnant et qui rejoint un peu tout ce qui a été expliqué cette semaine sur le futur des plateformes immersives, métaverse, cyberspace, ce qu’on veut. 

On mélange tout ce qu’on connaît et on essaie de proposer à un maximum d’utilisateurs une expérience cross-plateformes, multiplayer à foison, customisable à volonté, sur un sujet qui est une passion.

Présentateur : Alexandre Michelin

Intervenants : 

– Clara Schmelck (philosophe, journaliste, prof à Sciences Po Strasbourg)

– Stéphane Juffé (Co-fondateur de Bemersive)

– Eric Garandeau (Directeur politiques publiques de Tik Tok France)

Grand E-Nov+ : comment limiter l’échec des projets accompagnés ?

[kif_post_tags]

Marc Bourhis : On les accompagne, en tout cas en essayant, justement, d’éviter l’échec, de les accompagner sur la structuration de leur projet, y compris dans la dimension, des fois, commercialisation. 

Et ça, pour le coup, il y a un travail de la région qui est fait également dans le cadre des dispositifs FEDER pour accompagner les acteurs sur les marchés internationaux, pour être sûrs qu’ils trouvent les bons partenaires et puissent vendre leur contenu, leurs créations auprès des diffuseurs, auprès des institutions muséales. 

Alors ça, il y a des marchés, pour l’instant on n’y est pas extrêmement présents, mais je dirais qu’on est au début d’une démarche sur la partie création numérique, mais en tout cas on essaye, effectivement, de limiter l’échec.

On a notamment mis en place, de ce point de vue-là, avec les incubateurs de la région, un dispositif plus spécifiquement sur les ICC qui s’appelle le starter pack ICC, qui permet pendant six mois de tester la viabilité d’un projet dans l’optique d’une nouvelle société qui se crée.

C’est géré par les incubateurs du territoire – donc, il y en a un certain nombre. C’est MIA qui avait été cité, je crois tout à l’heure, dans lequel s’inscrit Silvère Besse de Virtual Journey.

Sur tout l’ensemble du territoire on a sourcé un certain nombre de projets, et on les a aidés pendant six mois à dire : “voilà, est-ce que vous pouvez passer la barre d’avoir un développement viable ?”, et si ce n’est pas le cas, à ce moment-là l’entrepreneur prend sa décision… 

Frédéric Josué : C’est à dire que vous avez une offre globale d’accompagnement qui va du marketing, business model, distribution, sur les aspects créatifs aussi, parce que j’entends qu’il y a des résidences d’écriture, donc vous êtes bien chaperonnés, vous avez bien de la chance d’être dans cette région Grand Est, si je comprends bien.

Présentateur : Frédéric Josué (Président de 18M.io)

Intervenant : Marc Bourhis (Directeur des projets Filière Images Grand E-Nov)

La région, une grande aide pour développer des technologies encore coûteuses

[kif_post_tags]

Guillaume Roger : La région, elle nous aide sur divers process. Il y a des dispositifs AMI, il y a tout un accompagnement. C’est grâce à la région que je suis présent ici, par exemple, où je peux parler..

Frédéric Josué : Vous voulez dire ils ont payé votre hôtel, votre billet de train, ou le repas de ce midi ?

Guillaume Roger : Non, mais elle m’a fait prendre connaissance du KIF, elle m’a permis de participer aux échanges et à la création de tout ça. C’est Marc Bourhis, d’ailleurs, qui en est à l’origine.

Et c’est quelque chose qui est important, parce que sans les structures de tutelle que sont la région, l’État ou autres, globalement, on pourrait pas. Parce que ce sont des technologies qui sont encore coûteuses et qui ont besoin de soutien. 

On a besoin de structures qui croient en ces nouvelles technologies pour pouvoir les proposer.

C’est-à-dire que quand on va voir un musée, ou on va voir une structure patrimoniale quelconque, ou même une collectivité locale, le premier réflexe qu’a cette collectivité locale, c’est : “tiens, la région. Qu’est-ce qu’on peut obtenir de la région comme aide, comme soutien pour pouvoir faire ça ?”

C’est-à-dire qu’on a, sur les territoires, une volonté d’avoir cette transition vers l’immersif. C’est quelque chose qui est maintenant inéluctable. Il y a ce besoin-là.

Et, aujourd’hui, l’un des grands renforts de ça, c’est quand même la région. Il y a l’Europe aussi, et l’Etat, mais c’est la région notre premier interlocuteur de proximité. 

Parce qu’ils sont présents sur le terrain, parce qu’on les voit au quotidien, parce qu’il y a vraiment les échanges. Il y a plein de moments, aussi, où on peut échanger par rapport à ça. Il y a plein d’événements qui sont organisés, où on peut échanger et rencontrer des gens.

Présentateur : Frédéric Josué (Président de 18M.io)

Intervenant : Guillaume Roger (CEO Filthy Patches)

Seppia : l’art contemporain se saisit peu à peu de la réalité virtuelle

[kif_post_tags]

Cédric Bonnin : Avec Silvère, c’est vrai que, quand on a commencé on a un peu travaillé ensemble sur le projet sur le vaudou avec le musée Vaudou de Strasbourg et on s’est dit : “purée, mais il y a quand même un truc qui est génial, c’est que quand les rites vaudou sont pratiqués, et notamment les phases de transe, ça permet aux initiés de rentrer dans une espèce de réalité alternative et de rentrer en communication avec les esprits, les ancêtres, les divinités, et de trouver conseil pour pour vivre au quotidien et trouver des solutions dans sa vie quotidienne.” 

Et on s’est dit : “mais ça, il faudrait… justement c’est, de nouveau, aller là où personne ne peut aller, et c’est en même temps parler de cette culture et d’aller encore un pas plus loin que juste de montrer ce qu’on a fait, la première étape finalement, avec Silvère, de montrer les cérémonies. Nous on veut dire : “mais derrière la cérémonie, il y a quoi qui se passe ?”

Frédéric Josué : Là on est dans Inception. C’est-à-dire que vous rentrez dans le corps de quelqu’un qui, lui-même, est dans le corps de quelqu’un.

Cédric Bonnin : Un petit peu, c’est ça. Exactement, ce serait l’idée. Donc là on est en train de développer, on a eu des soutiens de l’Union européenne, la région aussi, Grand-Est, nous soutient sur ce projet, l’Institut français. 

Et l’idée, effectivement, c’est qu’on puisse raconter… parce que là, le musée Vaudou c’est le vaudou du Bénin, qui est le vaudou originel, mais en fait le vaudou a essaimé partout dans le monde, et aujourd’hui il y a 50 millions de pratiquants dans le monde. 

Et donc nous, l’idée, c’est de raconter aussi d’autres vaudou, donc c’est de migrer. Et ça, on est en train de le développer, c’est un des projets sur lesquels on travaille.

Et maintenant, on a aussi travaillé… ça je trouve ça assez intéressant. C’est encore un peu, je trouve, embryonnaire, mais ça se développe. C’est une artiste strasbourgeoise, Mali Arun, qui a eu le Grand Prix du Salon de Montrouge – qui est le prix de révélation de la jeune artiste -, et elle a pu avoir une exposition, un solo show au Palais de Tokyo. 

Et le Palais de Tokyo lui a dit : “ce serait bien vous confrontiez avec avec le médium de la réalité virtuelle.” 

Et donc, comme on se connaissait et qu’elle savait que nous on en avait fait, elle a voulu qu’on produise cette vidéo d’art ensemble.

Et donc on a produit cette vidéo d’art, Mutatis, tournée au Jardin Botanique de Strasbourg, et c’était une bonne expérience. MK2 aussi, pareil, l’a distribuée et ça a pas mal tourné et c’était assez intéressant aussi de produire ça.

Donc je pense que le champ de l’art contemporain, des arts plastiques et tout ça, etc. n’est encore pas tout à fait dans le truc.

Présentateur : Frédéric Josué (Président de 18M.io)

Intervenant : Cédric Bonnin (Producteur, co-gérant de Seppia Films)

Comment les métiers artisanaux sont-ils mis en avant dans la ville de Metz ?

[kif_post_tags]

Patrick Thil : C’est très important les métiers d’art pour moi, parce qu’effectivement un certain nombre de métiers se perdent. 

Nous, nous y sommes très, très attachés. Et c’est ainsi que, à chaque fois que nous le pouvons, dans nos marchés, y compris lors de nos fêtes populaires de la mirabelle, nous avons toujours énormément de stands qui sont consacrés à cette fonction de l’artisanat d’art et de l’art en général.

Et évidemment, on essaie de les faire travailler. Et alors, il faut aussi avoir des rêves. 

Des fois, on ne veut pas s’impliquer directement en tant que puissance publique sur le choix des commerces, des cellules commerciales, mais on voudrait amorcer, en tous les cas, le mouvement, pour que de la porte Serpenoise à la cathédrale, ce quartier Outre-Seille, c’est qui est extrêmement typique et qui, c’est vrai, ne jouit pas de l’image qu’il ne mériterait, eh bien on part déjà d’un certain nombre d’encadreurs, de peintres…

Et c’est un quartier qui est extrêmement vivant, des artistes qui sont souvent en étage, d’ailleurs.

On peut le voir lorsque nous faisons “parcours d’artistes”, par exemple, eh bien c’est surtout ce territoire, avec cette colline Sainte-Croix qui, naturellement, je dirais, attire les artistes.

Il faut maintenant les montrer davantage, les relier, et faire en sorte d’influencer, que les commerces qui se libèrent puissent être consacrés à ces métiers d’art. 

Et puis ensuite, il suffirait, peut-être, de revoir les enseignes, de faire travailler les ferronnier pour donner un autre cachet à ce quartier, mais c’est effectivement absolument capital.

Présentateur : Alexandre Michelin

Intervenant : Patrick Thil (adjoint au maire de Metz en charge de la culture)

 Comment le festival Constellations prend-t-il en compte le développement durable ?

[kif_post_tags]

Jérémie Bellot : Alors c’est assez simple, puisqu’il y a, évidemment, la sensation d’une consommation importante, mais on en reste à la sensation.

Parce qu’on utilise une technologie de vidéoprojecteur qui sont des vidéoprojecteurs laser. La technique a beaucoup évolué. Beaucoup d’installations du parcours utilisent également des LED à faible consommation.

Alexandre Michelin : Comme ces écrans, qui sont des écrans LED, et qui consomment, en fait moins que…

Jérémie Bellot : Mois qu’une lampe à sodium sur une autoroute. C’est très important de le rappeler puisque, en termes d’image, c’est vrai que la lumière renvoie à l’énergie. Mais le développement des machines, et notamment sur les vidéoprojecteurs haute puissance, avec de nombreux lumens, ont vraiment réduit depuis une dizaine d’années leur consommation énergétique.

Donc il n’y a pas de processus de compensation engagé. Ce qui est intéressant, c’est ce que disait aussi Patrick Thil, en rappelant les parcours, qui sont diurnes et qui utilisent, eux, uniquement l’énergie solaire pour éclairer les œuvres.

La nuit, on travaille avec l’énergie de la collectivité. 

Et puis, du coup, on est vraiment dans une comparaison qui… alors je ne vais pas donner de chiffre parce que je pense que ça mérite d’être étudié de manière plus simplifiée, mais c’est la logique, je dirais, de la ville de pousser cette consommation et cette transition énergétique pour accompagner le projet, mais pas au projet d’être juste dans une sorte de fantasme de mettre trois panneaux solaires à un endroit et d’expliquer qu’on est dans un “Greenlight Festival”.

Alexandre Michelin : Non, non, c’est de l’assumer. Ça fera partie, demain, des enjeux et des discussions qu’on aura pour finir cette première édition du KIF avec… tout est lié. 

Quand on est une ville durable, créative, européenne, on est forcément confronté à cette réalité du réchauffement, donc il faut qu’on l’assume…

Jérémie Bellot : Tout à fait. Et il y a beaucoup de projets qui sont plutôt low tech. 

Alexandre Michelin : Est-ce qu’il y a une empreinte carbone du festival ?

Jérémie Bellot : Ce n’est pas quelque chose qui est calculé à l’heure actuelle, par contre on est vraiment dans une logique de calcul de consommation pour les éditions à venir, pour pouvoir quantifier et, du coup, pour pouvoir faire des comparaisons concrètes entre, justement, certaines parties de la ville qui restent allumées – on le sait, il y a des efforts de la part de la collectivité pour couper des tranches de ville sur l’éclairage urbain… 

Il y a des choses où il y a des enjeux. On ne voit pas, puisque ça fait partie de notre quotidien. Il y a des enjeux qui ne sont pas du tout les mêmes, en termes de puissance. 

Alexandre Michelin : Est-ce que ce n’est pas un axe de communication important ? On sait que tous ces jeunes qui viennent là sont particulièrement concernés par le réchauffement climatique. 

Et surtout, si, en plus, ça joue sur l’image de la ville, est-ce qu’il n’y a pas, peut-être, un engagement à prendre et une communication particulière ?

Valentine Vernier : Il y a aussi l’aspect que tout peut se faire à pied. 

Tout peut se faire à pied ou, pour le parcours Street Art, éventuellement à vélo. Et là, c’est un aspect aussi sur la mobilité qui est intéressant.

PT : Et je voulais juste ajouter que “Metz-toi au vert”, ce n’est pas seulement un slogan que nous avons affiché, c’est vraiment une volonté, par delà le festival…

Il faut savoir, par exemple, qu’en une année de mandat nous avons planté 3000 arbres – c’est le chiffre qu’il faut avoir en tête -, contre 300 auparavant. 

Et surtout que nous allons revoir le PLU, c’est-à-dire ce qui s’applique sur l’urbanisme, pour que plus aucun permis de construire ne soit donné à des toitures-terrasses qui ne comportent pas du photovoltaïque, par exemple.

Et puis je dois dire que même la B.F. – l’Architecte des Bâtiments de France -, va aujourd’hui dans ce sens. C’est que, longtemps, on a entendu qu’une place était forcément minérale, sinon, ça s’appelait un square. C’était un slogan. 

Et qu’aujourd’hui, on essaye de remettre de la végétation à l’intérieur même d’une ville qui, par définition, entre ses voies piétonnes, même si elles sont piétonnes, – ça a été, d’ailleurs, la première ville piétonne de France -, eh bien, on essaye d’y mettre des arbres.

Et quand on ne peut pas, on y met de la verdure, néanmoins. Donc tout ça pour nous protéger de ce réchauffement.

Présentateur : Alexandre Michelin

Intervenants : 

  •  Jérémie Bellot (artiste plasticien, curateur du festival Constellations)
  • Valentine Vernier (Agence Inspire Metz)
  • Patrick Thil (adjoint au maire de Metz en charge de la culture)

Comment le centre Pompidou-Metz a-t-il vu le jour ?

[kif_post_tags]

Patrick Thil : Quand on aime sa ville, qu’on la connaît, on trouve qu’elle est généralement “injustifiée connue”, et c’est vrai que ça a été tout l’enjeu.

Vous parliez de Bilbao tout à l’heure, Alexandre. Ça a été le modèle. Lorsque je suis arrivé aux affaires la première fois en 2001, dans ces mêmes fonctions d’adjoint à la culture, et le maire de Metz de l’époque, qui était Jean-Marie Rausch, m’a convié et il m’a dit : “écoutez, vous allez immédiatement rencontrer Jean-Jacques Aillagon, qui est le président du Centre Pompidou de Paris, et vous essayez de me décrocher cette première décentralisation. Et si vous n’y arrivez pas, je vous donne un billet d’avion, vous allez à New York et vous allez me chercher Guggenheim”. 

Vous voyez que c’était carrément ça. Ensuite, il a fallu convaincre, effectivement, parce que c’était d’une telle dimension de projet culturel qu’il fallait que ça soit métropolitain, et non pas seulement soutenu par la ville.

Alexandre Michelin : Jean-Jacques a dû être particulièrement sensible. Il est messin ?

Patrick Thil : Bien sûr, bien sûr. Et il nous a mis quelques élus importants, je dirais, qui étaient au sein de la métropole, dans un petit avion, et on a fait l’aller-retour à Bilbao, et il a dit : “voilà, c’est ça le concept que je veux développer”.

Tout le monde est revenu convaincu, les collègues ont convaincu les autres maires, et c’est comme ça qu’on s’est engagés dans ce dans ce processus. 

Et je dirais que, moi, je suis très satisfait que l’on ait Pompidou et non pas Guggenheim, parce que je vais vous confier un secret que vous ne répéterez pas… 

Nous, on allait près des œuvres avec, je dirais, la force de Pompidou, lorsque nous allons emprunter dans les grands musées du monde, de Russie, des Etats-Unis, etc., des œuvres.

Et puis on a ce qui est quand même, je crois, la première collection mondiale, – enfin, ça se dispute avec la Tate Gallery – d’art contemporain. 

Et donc, les curateurs peuvent puiser dans cette immense collection du Centre Pompidou. Et c’est gratuit. Parce que, bien entendu, chez les Américains, il faut payer.

Présentateur : Alexandre Michelin

Intervenant : Patrick Thil (adjoint au maire de Metz en charge de la culture)

Le Centre Pompidou-Metz a propulsé la ville de Metz en terme d’attractivité territoriale

[kif_post_tags]

Alexandre Michelin : La ville de Bilbao qui, quand elle a lancé le Guggenheim, est tout d’un coup, alors que c’est un grand centre économique depuis toujours de l’Espagne, est tout d’un coup apparue sur la carte de tout le monde, parce que l’immeuble était tellement fou et le musée tellement spectaculaire que beaucoup de gens ont découvert, en fait, que Bilbao existait, qu’en Espagne il y avait une ville qui s’appelait Bilbao. 

Est-ce que le Centre Pompidou a donné cette impulsion aussi ?

Valentine Vernier : Ah ça a été un vecteur d’image absolument fabuleux. Ça nous a porté sous le feu des projecteurs, sur le devant de la scène, et puis ça s’est vu tout de suite, d’abord par le nombre de visiteurs, mais aussi par la structuration des clientèles. 

C’est-à-dire que, immédiatement, on a eu un ratio qui s’est inversé entre la clientèle étrangère et la clientèle française, ce qui est très rare pour un office de tourisme, comme nous l’étions à l’époque.

C’est-à-dire que ça nous a propulsés dans le concert des grandes destinations touristiques. Parce qu’effectivement, en plus de cela, on avait la chance d’avoir une exposition d’ouverture qui était absolument fabuleuse…

Alexandre Michelin : Moi j’insiste aussi sur celle qu’il y a en ce moment, Arcimboldo, absolument magnifique. 

Valentine Vernier : Je suis complètement d’accord avec vous. 

Et j’allais vous dire, on a la chance d’avoir surfé sur la vague, en quelques sortes, et d’avoir poursuivi une programmation au Centre Pompidou-Metz, mais aussi sur tout le territoire de la métropole, une programmation culturelle qui est absolument fabuleuse, avec une richesse et une diversité exceptionnelle.

En ce sens, effectivement, le festival d’art numérique Constellations nous propulse aussi sur le devant de la scène, mais il y a aussi la cité musicale Metz – Patrick en parlait tout à l’heure -, il y a aussi le festival Hop hop hop, il y a tout ce qui est métiers d’art aussi. 

Voilà, donc tout cela se rejoint et permet de générer une dynamique territoriale et de faire venir de plus en plus de visiteurs. 

Et puis, pourquoi on travaille tout ça ensemble, aussi ? 

Eh bien parce qu’un visiteur, par exemple, qui va venir découvrir le patrimoine de la destination en week-end avec sa famille, découvre une ville qu’il n’imaginait pas comme cela. 

On parlait tout à l’heure d’images. Souvent, c’est le retour qu’on a des visiteurs sur le territoire de la métropole, mais de Constellations plus particulièrement, c’est qu’ils sont enchantés de ce qu’ils découvrent, ils ont envie de revenir. 

Donc, s’ils ont envie de revenir, ils auront peut-être envie de revenir à l’occasion d’un congrès ou d’un séminaire, et ils auront peut être envie de s’installer à Metz. Et là, on a gagné le pari.

Présentateur : Alexandre Michelin

Intervenant : Valentine Vernier (Agence Inspire Metz)

Langues »