Présentation de Gwenael Allan et de ses principales réalisations

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Gwenaël Allan : Je viens d’un milieu différent. Je viens du milieu du spectacle vivant international. J’ai passé 30 ans à vendre, à être marchand de spectacles, de choses plutôt visuelles qui fonctionnent à l’échelle planétaire.

Et je me sentais plutôt seul, ces dernières années, à créer, à essayer de renouveler le genre. 

Et d’être là aujourd’hui est rassurant, et grâce à toi, Alexandre et ta première invitation à donner une plateforme à ce projet qui va finalement ouvrir après six ans de labeur. Il va ouvrir le 23 octobre…

Alexandre Michelin : Alors, juste avant qu’on montre ta bande annonce. Quand tu dis “un homme de spectacle”, tu peux donner deux ou trois spectacles sur lesquels tu as travaillé dans le monde entier ?

Gwenaël Allan : Oui, ça varie beaucoup. Le Cirque du Soleil, c’est évidemment le spectacle qui a le plus rayonné. Mais j’ai eu la chance de produire aussi le plus grand clown au monde qui s’appelle Slava Polounine, le créateur du SnowShow, qui est devenu un des spectacles qui fonctionnent depuis 25 ans.

Alexandre Michelin : Un spectacle sans parole, burlesque 

Gwenaël Allan : Sans parole, et j’ai aussi produit, présenté le Crazy Horse à l’international, autant que différents types de spectacles de danse, des expositions multimédia… donc toujours une variété de formats très hybrides et qui étaient destinés à des marchés privés, principalement.

Présentateurs : 

– Alexandre Michelin (Fondateur KIF Festival)

– Clara-Doïna Schmelck (philosophe, journaliste, chargée de cours Sciences Po Strasbourg)
Intervenant : Gwenaël Allan (Fondateur et CEO de Sensory Odyssey)

Villa Savoye : utiliser l’immersion comme un vecteur émotionnel et sensoriel

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Valérie Senghor : Oui alors l’immersion, qui peut être visuelle, qui peut être sonore aussi, parce qu’on oublie parfois le son, et je trouve que c’est justement un vecteur émotif et sensoriel qui est extrêmement fort. 

Il y a un projet que j’aime beaucoup, mais vous verrez une image tout à l’heure, je crois, qui est un projet en cours sur la Villa Savoye.

Un projet produit par Lucid Realities avec le Centre des monuments nationaux et la Fondation Le Corbusier, qui va être une expérience sensible, portée par un auteur, qui va créer, ou donner à voir au travers de sa propre subjectivité, ce qu’est la Villa Savoye de Le Corbusier qui est une œuvre manifeste de cet architecte. Et nous faire comprendre par le levier, justement, émotionnel les principes architecturaux de la villa. 

Donc ça, je trouve que c’est un exemple extrêmement intéressant, c’est-à-dire de laisser faire aussi, c’est une autre manière, peut-être, de concevoir la médiation, de laisser faire un artiste qui va s’imprégner du lieu et nous livrer, nous embarquer dans sa propre expérience.

Ce qui n’est absolument pas dénué d’intérêt pédagogique, en l’occurrence, ce projet, je pourrais dire un peu certifié par la Fondation Le Corbusier qui est gardienne de l’héritage Le Corbusier.

Donc on va apprendre des choses, mais on va le faire dans une approche effectivement d’abord sensorielle, avant d’être pédagogique.

Présentateurs : 

– Alexandre Michelin (Fondateur KIF Festival)

– Clara-Doïna Schmelck (philosophe, journaliste, chargée de cours Sciences Po Strasbourg)

Intervenante : Valérie Senghor (Directrice générale adjointe du Centre des Monuments Nationaux)

 Pourquoi le retour sur investissement du secteur du divertissement est-il avantageux ?

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Karine Riahi : Puisque tu parles du développement et tu parles de moderna – c’est la discussion qu’on avait tout à l’heure -, le développement du R&D, puisqu’on est dans de la R&D aussi, c’est un mot qui existe partout, on est dans la R&D.

La R&D… j’ai entendu tout à l’heure, un projet a mis cinq ans pour émerger à Doha et le vôtre six ans. La R&D, en matière des technologies de la santé, c’est quinze ans. 

Donc finalement, le retour sur investissement dans le secteur du divertissement est assez rapide par rapport au retour sur investissement.

Donc est ce que ça, ça peut être encore un élément méconnu, que l’on puisse aujourd’hui dire pour que ça puisse susciter, effectivement, ces alliances, ces financements ? Et aussi sur cette notion du développement, puisqu’on sait que pour que la richesse vienne il faut un bon développement.

Alexandre Michelin : Il y a un secteur qui l’a démontré, c’est le jeu vidéo. Mais qui a généré, lui, des recettes très rapidement et qui maintenant est devenu celui qui innove en permanence, qui réinvente tout et qui est là en avance sur le métaverse.

Est-ce que ce n’est finalement pas lui qui va tout bousculer ? Puisqu’il est devenu la première industrie culturelle et de très très loin.

Karine Riahi : Exactement, tout à fait.

Présentateur : Alexandre Michelin (Fondateur KIF Festival)

Intervenante : Karine Riahi (SpringLegal)

Le Grand Palais Immersif est-il obligé d’investir dans des expositions chaque année ?

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Roei Amit : On n’a pas d’obligations dans…

Alexandre Michelin : Ce n’est pas comme dans le cinéma ou dans la télé où il faut absolument investir ?

Roei Amit : Pour l’instant, il n’y a pas d’obligations de cette nature-là. On est encore sur un champ de structuration, en train de structurer.

Alexandre Michelin : Tu dois travailler avec des sociétés françaises et européennes ? 

Roei Amit : Pas forcément. On agit, dans ce sens-là, sur un marché, donc travailler avec les meilleurs, dans les meilleures conditions. 

Maintenant, je pense qu’on a néanmoins des biais dans ce sens-là, qu’on fait partie d’un écosystème, on fait partie d’un ensemble, donc on travaillera tout d’abord avec des sociétés et des acteurs qui sont proches, que d’aller chercher des gens outre-Atlantique, mais ça pourrait arriver.

Présentateur : Alexandre Michelin (Fondateur KIF Festival)

Intervenant : Roei Amit (Directeur général du Grand Palais Immersif)

 Musée national du Qatar : comment la galerie de Sissako a-t-elle été pensée ?

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Naoufel Ben Youssef : Pour une des galeries que Sissako a réalisé, on a tourné en live et on a créé un village avec des activités telles qu’on pouvait trouver une cité qatarie de la fin du 19ᵉ, et on a décidé de repeindre chacune des images.

On a repeint, donc…

Alexandre Michelin : On a le making-of qui passe, sur tes paroles.

Naoufel Ben Youssef : Mais je pense pas qu’on a la galerie de Sissako dans ce making-of.

Mais néanmoins, donc, il avait fait ce choix artistique de choisir une école de peinture, en l’occurrence quelque part parmi les orientalistes, et de reprendre chacune des images et de repeindre sur chacune de ces images.

Et ça donne un effet… on a l’impression de rentrer dans un tableau, c’est absolument impressionnant.

Présentateurs : 

– Alexandre Michelin (Fondateur KIF Festival)

– Clara-Doïna Schmelck (philosophe, journaliste, chargée de cours Sciences Po Strasbourg)

Intervenant : Naoufel Ben Youssef (CEO Les Films en Tête)

 Le fond d’investissement interne d’Accor : investir dans les nouvelles technologies

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Antoine Dubois : Ça fait quelques années qu’on investit dans l’univers digital et qu’on regarde différentes solutions dans lesquelles on investit.

On peut aider les investisseurs à se développer pour des usages qui nous servent après l’univers de l’hôtellerie, de la restauration, etc Et là, on a créé en mai juin ce qu’on appelle un SPAC. Donc c’est un outil de financement pour les, pour les start, les et les entrepreneurs qui veulent se lancer.

Qui va nous permettre aussi d’aller voir un peu ce qui se passe aujourd’hui et de réinvestir dans des nouvelles des nouvelles entreprises qui peuvent servir notre univers.

Présentateur : Matthieu Bonnary (Manager EY Consulting)

Intervenant : Antoine Dubois (DGA marketing Accor)

Présentation de iV Lab

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David Nahon : C’est vrai que j’ai passé beaucoup de temps à promouvoir, en fait, ce qu’est “l’immersive virtuality” – j’expliquerai un peu comment je l’écris – mais en gros, en quoi ces technologies immersives apportent de la valeur et de l’intérêt pour leurs utilisateurs et pour l’industrie qui les utilisent. 

Donc j’ai beaucoup évangélisé dans mon parcours, et puis c’est resté.

Alexandre Michelin : C’est un nom qui existe beaucoup dans les sociétés américaines. En France, c’est moins courant. 

David Nahon : Yes, indeed. Donc je vais passer très rapidement, mais vous irez voir ZA… 

Alexandre Michelin : Donc ça, c’est la partie ou tu étais créatif ?

David Nahon : Voilà, j’ai travaillé pendant huit ans…

Alexandre Michelin : C’était vraiment dans l’audiovisuel ou dans la création virtuelle ?

David Nahon : Boite de prod 3D, on faisait des films d’animation et beaucoup de temps réel, et puis à un moment on s’est dit : “mais oui, le temps réel, on peut aussi le faire…”

Alexandre Michelin : Et tu es ingénieur aussi, quand même.

David Nahon : J’ai une double casquette. J’ai une formation, effectivement, d’ingénieur, Supelec, mais j’ai aussi fait un DEA – un master recherche – et une thèse que j’ai finalement pas soutenue en “Esthétique, sciences et technologies des arts” à Paris 8, à ATI, une formation géniale qui, justement, forme des cerveaux un petit peu mixtes, qui font des bonnes passerelles entre entre les créatifs et les techos.

Alexandre Michelin : Donc là, on voit toute la création que tu as faite, en tous cas une partie de celle…

Ça, c’est quand ?

David Nahon : Donc c’est, on va dire, au début des années 94-95, par là, jusqu’en 2002 et quelques. 

Alexandre Michelin : Et comment se fait la bascule vers l’industrie ? 

David Nahon : Ah oui, bonne question. En fait, dans cette petite boite, ZA, on avait fait développer de la technologie qui permettait de réduire, de diviser par 2 le prix d’un système CAVE, donc ces grandes salles immersives – on en voit une, là, où il y a écrit “16 cubes ZA”.

Donc ces grands systèmes-là nécessitaient une grosse machine très chère, et nous on a un peu inventé le CAVE sur PC, avec 4 PC, en gros, synchronisés.

Alexandre Michelin : Et ça, ça a plu à Dassault Systèmes ?

David Nahon : Ah non, ça à plu à Virtools !

Donc Virtools c’était un peu le Unity des années 2000, pour ceux qui connaissent. C’était un moteur de jeu vidéo et, en fait, on a créé ce premier moteur de jeu vidéo capable de faire de la VR, qu’on a co-créé.

Marc était ensemble entre la petite boite ZA et Virtools, et puis la petite boite ZA a connu des aléas financiers indépendant de ce que moi j’y faisais et, finalement j’ai rejoint Virtools comme chef de produit – je suis devenu éditeur de logiciels -, et 1 an ou 2 plus tard, Dassault Systèmes a racheté Virtools.

Présentateur : Alexandre Michelin (Fondateur KIF Festival)

Intervenant : David Nahon (Immersive Experience Director Dassault Systèmes)

Pourquoi le monde de l’industrie n’est-il pas “noble” au yeux de l’opinion générale ?

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David Nahon : Peut-être que jusque là, on n’avait pas donné complètement les moyens aux créatifs, aux designers, aux gens qui pensent le monde, justement – qui sera préfabriqué -, on ne leur avait pas assez donné les moyens de s’exprimer et donc de donner à vivre, plus tard, des espaces beaucoup plus humains, beaucoup plus vivants, beaucoup plus expérientiels, et c’est peut-être ça.

Présentateur : Alexandre Michelin (Fondateur KIF Festival)

Intervenant : David Nahon (Immersive Experience Director Dassault Systèmes)

Quelle place tient la technologie dans le récit sonore immersif ?

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Laurence Bagot : C’est plutôt les technologies qui se mettent au service d’un récit. Et ce n’est pas la technologie qui fait l’expérience, c’est vraiment d’abord le récit. C’est comme dans un film, un mauvais scénario ne fera jamais un bon film. Après, on peut faire avec un bon scénario, un mauvais film, mais il faut un bon scénario de départ.

Et la technologie, en l’occurrence que ce soit le son binaural, ambisonique, enfin selon le contexte on peut décider de travailler avec l’un ou l’autre, selon les publics, etc., mais en tout cas cette technologie va permettre, d’un bon scénario, de l’augmenter d’une couche expérientielle qui sera assez extraordinaire.

Mais parlons du pouvoir de l’histoire dans tous les lieux à visiter. Parce que ça marche, une histoire. Ça marche auprès de tous les publics. C’est un code qu’on connaît, on nous raconte des histoires depuis qu’on est enfant, et ça marche. 

Après, il faut trouver la manière de la raconter au public qui est là, donc réfléchir à comment on la raconte avant de parler technologie, même.

C’est une sorte d’imbrication du contenu et du contenant. Ce n’est pas seulement du son binaural, c’est avant tout un contenu, une histoire, avec une technologie.

Présentatrice : Clara-Doïna Schmelck (philosophe, journaliste, chargée de cours Sciences Po Strasbourg)

Intervenante : Laurence Bagot (Présidente de Narrative)

Quelle place l’histoire tient-elle lors d’expériences sonores immersives ?

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Laurence Bagot : En fait, le pouvoir du son, ça nous ramène aussi et surtout au pouvoir de l’histoire. Et c’est quelque chose auquel je tiens beaucoup. Ma société s’appelle Narrative, et combien de fois on m’a dit : “l’histoire n’existe plus aujourd’hui, il faut faire des choses complètement fragmentaires, etc.” 

Moi je crois immensément au pouvoir de quelqu’un qui te dit “je vais te raconter une histoire”, et à ce moment-là, il faut tendre l’oreille. Après, il faut que cette histoire soit bien racontée, qu’elle soit bien écrite, qu’elle soit bien réalisée. Mais c’est quelque chose qui est assez magique.

Et, au-delà de la technologie qu’on utilise, en l’occurrence le son binaural, je pense que c’est une chose dans laquelle il faut investir. 

La narration, l’histoire, comment on raconte l’histoire, ça a l’air assez simple comme ça, mais en fait, c’est beaucoup plus compliqué que ça n’y paraît, et l’autre Laurence, qui est sur le plateau, le sait bien, je pense qu’il faut se réapproprier le pouvoir du récit et de l’histoire dans tous nos lieux culturels.

Quand on a travaillé avec l’Abbaye aux Dames, on nous avait dit : “oui, mais alors les jeunes ne comprennent rien à la religion, l’ordre bénédictin, etc.” 

C’est très rare que, dans cette abbaye où les jeunes écoutent notre histoire qui dure 1h, quelqu’un pose le casque en disant “j’en ai marre, on s’en va quoi”.

C’est au contraire quelque chose qui fonctionne bien, à partir du moment où l’histoire est bien écrite et bien réalisée, et c’est formidable de pouvoir utiliser des technologies nouvelles pour les mettre au service de bonnes histoires.

Présentatrice : Clara-Doïna Schmelck (philosophe, journaliste, chargée de cours Sciences Po Strasbourg)

Intervenante : Laurence Bagot (Présidente de Narrative)

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