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Accor : imaginer de nouvelles expériences immersives pour les séjours à l’hôtel
immersif | immersion | metaverse | nft | réalité augmentée | réalité virtuelle |

Antoine Dubois : Accor c’est plus de 5000 hôtels dans le monde, on en a 1800 en Europe du Sud et 8 à Metz, donc un peu dans l’ensemble des segments. 

Et la finalité de l’univers de l’hôtellerie, c’est quand même une réalité physique, c’est une expérience. On vient y dormir, on vient y manger, on vient y passer un moment quand on est en déplacement ou quand on est un local et qu’on veut venir à côté d’un hôtel quand il a quelque chose d’intéressant à proposer.

Et pourtant, le côté immersif et toutes les propositions immersives ont toujours été dans nos réflexions. 

Moi je pense que quand on est dans l’univers de marketing il faut rester curieux sur les nouveaux usages, il faut rester curieux sur les nouvelles technologies, sur les nouvelles façons dont les gens consomment, on va dire, le “média”, que ce soit en vidéo, que ce soit en audio, que ce soit à l’écrit. 

Et donc on a toujours été curieux de regarder un petit peu ce qui s’est passé, et c’est vrai que, ces dernières années, l’univers de l’hôtellerie est passé de la fonctionnalité “il y a un bon lit, on y dort bien” à un univers très “expérientiel”. On veut que les gens repartent avec un souvenir de leur séjour et ce qu’on appelle nous “les moments mémorables”, c’est notre jargon à nous, dans l’univers, être sûrs qu’ils y passent un grand moment.

Et l’utilisation de l’immersif chez nous, on est en train de faire ce pas aussi. C’est-à-dire qu’il y a quelques années on regardait le côté immersif sur la partie, on va dire, pré-séjour. 

C’est la même chose que l’appartement : on peut visiter un appartement virtuel aujourd’hui, et aujourd’hui, j’ai plus de 800 hôtels qu’on peut voir en virtuel avant d’y aller pour se projeter : “est-ce que la chambre va me plaire, etc.”

Si j’en ai que 800, c’est qu’il faut être irréprochable, pour moi, quand on est dans l’immersivité, surtout d’un hôtel. C’est qu’il faut que l’hôtel soit neuf, impeccable, parce qu’on voit tous les détails.

En pouvant se promener, justement, dans la chambre, ou si vous avez déjà fait l’exercice sur un appartement, on voit tous les défauts. Enfin, c’est très dur à cacher, mais on ne peut pas tout toucher, donc ça ne marche pas non plus. 

Donc on était vraiment là-dessus depuis quelques années, et j’avoue que j’ai fait partie avec ma famille, de l’exposition dont vous parlez, Stéphane, sur Pompéi il y a quelques mois, qui a eu lieu à Paris.

Et on fait énormément d’expériences pour nos membres fidèles, pour leur proposer des expériences qu’on ne peut pas se payer, qui n’existent pas dans la réalité.

On a un deal avec le Paris Saint-Germain, qui est connu, et où on propose ce genre de choses. Et là, on a un petit cas d’usage que je voulais partager avec vous et j’en ai d’autres après. 

Mais celui-là me tient à cœur parce qu’il est inspiré, justement, de l’exposition que j’ai pu voir sur Pompéi puisque comme par hasard, en juin, on ouvrait un nouvel hôtel à l’entrée des ruines de Pompéi qui s’appelle “Habitat 79”.

Donc, pour ceux qui le savent, 79 c’est l’année où il y a eu l’éruption et où Pompéi a totalement disparu.

Et on s’est auto-challengé avec les équipes, avec les prestataires pour se dire : “comment on peut être dans la continuité de ce que j’avais pu voir sur l’expo de Pompéi”, et se dire : comment proposer à nos clients – donc après on va revenir sur le business model, mais c’est un univers payant, ils utilisaient leurs points, c’est un univers qu’on s’achète – mais leur proposer un week-end où on peut revenir à l’âge des empereurs et vivre une expérience immersive à Pompéi qui puisse permettre de prolonger quelque part l’histoire, alors pas que tous mes clients avaient vu à l’expo, ils n’ont peut-être pas tous fait l’expo, mais en tout cas, ça me tenait à cœur, que moi j’avais vue à l’exposition et qui m’avait totalement bluffé. 

Alors on peut lancer, il y a une toute petite vidéo, elle dure 1m40, qui vous montre un peu l’univers. 

Mais donc ce qu’on a fait, c’est qu’on a invité les gens à utiliser leurs points et à venir, dans les conditions sanitaires d’aujourd’hui, à vivre une expérience au sein de cet hôtel, à l’entrée des ruines, et l’ensemble du séjour, vous allez voir, se composait d’une visite de Pompéi avec un guide, mais avec des lunettes 3D qui permettaient de revoir, un peu comme dans l’exposition, en étant sur le lieu physiquement lui-même, le lieu tel qu’il était avant 79 et avant l’éruption.

Et tout continuait ensuite dans le même esprit, où on a proposé à chacun de choisir un costume comme à l’époque des Romains – donc moi j’étais en empereur, d’autres étaient… vous le voyez par vous-mêmes sur les images -, avec de la musique de l’époque, des cocktails qui n’étaient pas de l’époque – ça, c’était des bons cocktails d’aujourd’hui -, et leur proposer de vivre une expérience tout en ayant une vue sur le Vésuve qui avait explosé, et pouvoir revivre un peu cet univers, et cette explosion qui pouvait y avoir à l’époque en 79.

C’est un cas qui me tient à cœur parce que, en même temps – alors vous voyez là l’hôtel qui est merveilleux et le rooftop qui donne sur le Vésuve -, mais on a mixé l’expérience physique à l’univers virtuel pour bluffer.

Ce n’était pas qu’une simple visite de Pompéi, il y avait vraiment les masques et toute la visite, le “avant/après” qu’on pouvait voir en live sur place, et puis une expérience ensuite qui les amène à vivre une expérience comme à l’époque des Romains.

Et toute cette expérience-là, vous avez l’avant séjour, vous avez le séjour, l’expérience, et vous avez l’après. 

Et on a eu le parti pris, et on le fait sur chacun de nos événements, de tourner tout l’événement en 360, pour pouvoir proposer aux personnes présentes comme un souvenir, mais aussi aux personnes qui n’étaient pas là de vivre l’expérience après, comme s’ils y avaient été, tout simplement dans un but – parce que là, moi je travaille dans un groupe hôtelier, on est là pour gagner de l’argent quand même, on a une certaine finalité – pour pouvoir inviter et montrer quels sont ces types d’événements pour donner envie d’aller à d’autres événements qui peuvent être le Grand Prix de Monaco, qui peuvent être plein de choses qu’on met en place.

On met en place trois ou quatre événements comme ça par mois sur l’ensemble du réseau. 

Mais le côté immersif, c’était la première fois vraiment qu’on l’avait utilisé dans un contexte “mix expérience physique et digitale”, et ça a simplement cartonné. On a eu plus de 120 clients, on s’était mis sur un budget de 80 000, 120 000€ sur l’ensemble de l’opération, et on a eu un ROI multiplié par deux.

Donc en investissant, en y croyant, mais en étant inspiré, en même temps, de ce qui se peut se faire dans l’univers des expositions, des musées, ça nous a amené à vraiment re-réfléchir notre univers physique, émotionnel, expérientiel et se dire : “comment on arrive à intégrer l’univers immersif à l’intérieur de cet univers ?”

Le gros challenge qu’on a derrière nous, c’est comment on arrive à massifier ce genre d’expérience ?

Et c’est toute la problématique qui a très bien été présentée dans la première partie, c’est : “quelles technologies on peut utiliser, comment on peut faire en sorte que ce soit utilisable ?” 

Pompéi, c’était béni des dieux là, vous aviez créé l’univers, vous nous aviez inspirés, mais comment on arrive à pouvoir développer ça dans beaucoup plus d’hôtels et beaucoup plus d’univers, et avec quelles technologies pour que ce soit facile d’utilisation pour nos clients ?

Présentateur : Matthieu Bonnary (Manager EY Consulting)

Intervenant : Antoine Dubois (DGA marketing Accor)

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Intervenants :
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