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Le numérique au service du développement durable
immersif | immersion | metaverse | nft | réalité augmentée | réalité virtuelle |

Présentateur : Alexandre Michelin

Intervenants :

  • Clara Schmelck (philosophe, journaliste, prof à Sciences Po Strasbourg)
  • Yacine Aït Kaci (auteur, président fondation Elyx)
  • Morgan Bouchet (Directeur de l’innovation chez Orange)
  • Sylvain Ordureau (Président de Vizua)

Yacine Aït Kaci : Il y a un petit peu un malentendu quand on parle de développement durable, c’est-à-dire que le développement durable, c’est systémique. C’est un système de société qui intègre, en fait, une façon de faire économie, une façon de faire société en respectant le cadre environnemental.

Par extension, quand on dit “développement durable”, beaucoup de gens entendent “écologie” et quand on dit “écologie”, on finit par se retrouver avec des petits gestes. Or, si on va en vélo chez un constructeur automobile qui produit des voitures à essence, il vaut mieux y aller en voiture et concevoir un nouveau véhicule.

Voilà, donc en fait, c’est tout le malentendu qu’il y a sur ce sujet-là, parce qu’en réalité c’est vraiment une vision systémique qui intègre donc tous tous les aspects de notre société, de notre vivre ensemble et donc, évidemment, aujourd’hui également, la question des métaverses qui ré-émergent. Je ne peux pas la qualifier d’émergente puisqu’on a déjà vécu cette chose-là.

Alexandre Michelin : Oui, toi tu as connu le Cyberspace, tu as connu tous ces espaces…

Yacine Aït Kaci : On parlait de réalité hybride avec Electronic Shadow depuis 2000, mais c’est vrai qu’aujourd’hui il y a une maturité, une maturation, et puis des investissements quand même très solides. Je pense que vous en avez parlé ici depuis quelques jours.

Donc on est au croisement des chemins. On a cet impératif 2030, qui est l’échéance des objectifs de développement durable. Qui est aussi la date que nous a donné le Club de Rome en 1972, en disant les fameuses limites de la croissance. Et en même temps, aujourd’hui, c’est le moment où on a l’émergence très puissante, parce qu’encore une fois, ça existe depuis un certain temps, des réalités augmentées, des réalités virtuelles, et, on va en parler des crypto et des NFT.

Alexandre Michelin : On va essayer d’avancer parce qu’on est un tout petit peu en retard. On a commencé un peu plus tard que prévu. L’Assemblée Nationale… avec ton téléphone, tu passais et tu avais…

Yacine Aït Kaci : Exactement. L’augmentation, donc… Et également Elyx. Alors là la vidéo est bloquée, mais on pourra le voir. C’est-à-dire qu’il va intervenir à la fois en réalité augmentée, en réalité virtuelle.

Alexandre Michelin : Il a même sorti une équation…

Yacine Aït Kaci : Alors, c’est pas vraiment une équation. Mais, en fait, le principe, c’est de se dire effectivement sur le concept du développement durable et sur cette approche systémique, qu’il serait souhaitable de passer d’un système économique qui est basé sur une accumulation matérielle à quelque chose qui va de l’ordre d’une formule très simple que tout le monde comprend : “moins, mais mieux”.

Et comment est-ce qu’on fait moins, mais mieux ? En fait, la XR, la réalité… le X c’est aussi le signe “multiplié”. C’est “Extended”, mais aussi “multiplié”. Démultiplier plutôt qu’accumuler. Démultiplier le lien – la création des communautés -, démultiplier un objet et les X objets qui peuvent en sortir avec la réalité augmentée, démultiplier la valeur, parce qu’encore une fois on va rendre unique un objet dont on a pu croire qu’en le reproduisant techniquement il n’avait plus de valeur, et démultiplier l’espace avec la réalité virtuelle.

Alors je me suis amusé, parce que ça fait “L-O-V-E”, Love. Et c’est important, parce qu’effectivement, on va avoir besoin de désir, on va avoir besoin d’envie. C’est capital.

Alexandre Michelin : Parce que, en fait, ce que tu sous-entends, c’est que grâce à tous ces espaces on peut arriver plus vite à un monde inclusif et à un monde de développement durable. C’est une espèce d’utopie, quoi ?

Yacine Aït Kaci : En fait, je ne sais pas si c’est une utopie. Je pense effectivement que l’urgence est absolue, et on a des grands mouvements de société, des grands mouvements générationnels, des manifestations sur le climat… Il y a une prise de conscience qui a augmenté, notamment chez les jeunes, qui sont aussi les générations qui sont en train de s’approprier les technologies et pour qui, finalement, un objet virtuel a autant, voire plus de valeur que son équivalent réel.

Donc, on est vraiment à ce croisement. Et si on est capable effectivement d’organiser une économie qui produise de l’échange, qui produise de la création, en éliminant au maximum ce qu’on appelle les externalités négatives, donc la pollution, un appel massif à l’énergie et aux ressources naturelles, et que le vecteur qui permet de passer de l’un à l’autre, ne soit non pas la contrainte mais le désir, que les gens le fasse pour eux… Alors ça peut aller beaucoup plus rapidement…

Alexandre Michelin : Je fais une image, mais en gros, en vivant dans le casque, en vivant dans une réalité mixte, ils ont finalement moins d’objets, c’est ça ? Il y a moins de fabrication d’objets ?

Yacine Aït Kaci : Moins, mais mieux, absolument.

Alexandre Michelin : Donc plus de vie virtuelle…

Clara Schmelck : On voyage dans l’espace et dans le temps.

Yacine Aït Kaci : Exactement. C’est quelque chose que peuvent faire des gens qui vivent, peut-être, dans leur esprit, mais qui est effectivement donné de manière beaucoup plus facile et visuelle à tout le monde.

Clara Schmelck : Mais là, c’est une vraie transition culturelle. Et en fait peut-être que c’est ça, la transition écologique, finalement.

Yacine Aït Kaci : En disant ça, on va forcément s’attirer des foudres. Mais effectivement, l’écologie c’est la vie de la maison au sens large. Je l’ai dit tout à l’heure, tout est lié. Tout est lié, ça veut dire que je ne suis pas différent de l’environnement qui est autour de moi.

Sauf qu’évidemment, mon environnement il y a une partie est physique et une partie qui est totalement imaginaire. Déjà, on passe environ 8 heures par jour à dormir et, en fait, l’environnement dans lequel on dort nous échappe complètement, il est lié à notre inconscient. Et, en fait, toute une partie de ce qu’on vit est de l’ordre de ce rapport fictionnel, imaginaire avec la réalité. Et effectivement, de poser les bases d’une économie et d’un patrimoine sur cet imaginaire permet cette bascule.

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