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Nouveaux médias : les prochaines étapes ?
immersif | immersion | metaverse | nft | réalité augmentée | réalité virtuelle |

Présentateur : Alexandre Michelin

Intervenants :

  • Clara Schmelck (philosophe, journaliste, prof à Sciences Po Strasbourg)
  • Romain Bonnin (Flair Média Group)
  • Michael Swierczynski (Directeur du New Images Festival)

Michael Swierczynski : En France, on a la chance d’avoir des soutiens publics incroyables, comme le ministère, qui ont toujours aidé les créateurs, si on parle d’art immersif, à développer de nouvelles histoires.

Donc on a un talent inné pour ça. On a aussi une capacité à la fois d’ingénieur et de développement, avec beaucoup de studios. Je pense qu’on a parmi les studios les plus primés à travers le monde. Donc le talent français il faut en être fier, et même au niveau européen. On a toujours eu plus de complexité en termes de distribution et de monétisation.

Aujourd’hui, les plateformes ou les métaverses en cours sont plus… les gros investissements sont plus en Asie ou aux Etats-Unis, soyons clairs, avec des structures comme Oculus Store.

Donc c’est aujourd’hui un nouveau combat. Ce serait avoir, au niveau européen ou au moins au niveau français, la main sur la distribution de nos propres contenus, pas juste les distribuer ou les négocier chez les autres.

Donc en fait ne pas rater ce qu’on a eu et ce qu’on a fait avec les stores pour les mobiles comme Apple ou Android, pour qu’il n’y ait pas au fond que deux balanciers de la suite puisque la suite, c’est la monétisation et l’accès. Donc utiliser nos talents pour avoir un accès.

La deuxième chose c’est que, effectivement, ça doit servir dans tous les domaines. Donc dans les domaines de démocratisation, on doit encore aller plus loin. C’est pour ça que nous on offre des accès parfois gratuits au grand public sur des œuvres.

On voit que ça a toujours un grand succès, mais que le taux d’équipement n’est pas encore au rendez vous, donc il y a aussi une modification de l’équipement. Pour toucher le grand public, c’est des grands concerts, par exemple celui de Jean-Michel Jarre ou celui de Travis Scott sur Fortnite, qui ont permis de réunir des grandes communautés.

Et aussi, en fait, il y a un enjeu pour l’éducation, parce qu’il y a quelque chose de fort dans l’immersion. C’est que pour moi, dans ce nouveau média ou médium, c’est le seul qui nous qui nous oblige à avoir une concentration maximum de ce qu’on fait.

Si on pouvait, pour l’éducation, revivre les grands moments de l’histoire ou, imaginez, plonger dans les pyramides de Khéops, des choses qui existent déjà avec ScanPyramids, en groupe ou à plusieurs, et avoir cette expérience en même temps sociale, en fait on arriverait aussi à la démocratisation de ce nouveau format.

Donc je vais vraiment me concentrer sur l’art et l’immersion. Puisqu’en fait, au fond, c’est déjà quelque chose qui a eu lieu. L’idée, c’est pour nous, et pour la France et l’Europe, c’est de passer du côté “créateur de contenus” à “maîtrise de nos distribution” et avoir une capacité de créer nos propres univers.

On voit, et donc il faudrait une réunion et une impulsion aussi au niveau national et international pour aller plus loin et pour soutenir les oeuvres, mais réussir à soutenir en fait un regroupement de contenus qui permettent de les montrer et de les exposer, comme une exposition virtuelle géante dans laquelle on pourrait voir de manière pérenne l’ensemble de ces talents et de ces contenus, et donc réunir et faire converger l’ensemble de nos savoirs-faire, avec une force de frappe beaucoup plus forte qu’aujourd’hui.

Alexandre Michelin : Une Expo Universelle de la création ?

Michael Swierczynski : Voilà, une Expo Universelle de la création, avec un accès à la fois physique, parce que je pense que ça reste essentiel, et un accès aussi, on va dire numérique.

Et quand je dis numérique, je distingue le côté plateforme vidéo de streaming qui existe depuis longtemps. D’ailleurs avec les grandes plateformes comme YouTube et puis, à l’époque souvenez-vous, le lancement de Dailymotion. J’étais à l’INA à cette époque, c’était vraiment en 2004-2005, les premières plateformes grand public.

Là, je dirais que c’est l’ère des plateformes grand public virtuelles, avec un accès physique et un accès 3D, avec cette notion de temps réel et de spatialisation. Donc, tous les ingrédients sont là et il faudrait que nous, on soit capables de les réunir.

Maintenant qu’on a vu tous les différents talents lors du KIF, par exemple, – et ça a été un éventail parfait -, c’est comment réunir ces talents et monter en puissance au niveau international ? Pas juste avoir des grands producteurs qui se présentent dans les différents festivals.

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Une fois qu’on a cette 3D temps réel et qu’on a ces évolutions technologiques dont je parlais précédemment, là on ouvre la porte vers de nouvelles plateformes pour, effectivement, envisager d’avoir des univers persistants virtuels qui vivent quelque part sur l’internet. Et c’est ça qu’on appelle le métaverse.

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