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Présentation de Elyx, l’ambassadeur virtuel de l’ONU
immersif | immersion | metaverse | nft | réalité augmentée |

Présentateur : Alexandre Michelin

Intervenants :

  • Clara Schmelck (philosophe, journaliste, prof à Sciences Po Strasbourg)
  • Yacine Aït Kaci (auteur, président fondation Elyx)
  • Morgan Bouchet (Directeur de l’innovation chez Orange)
  • Sylvain Ordureau (Président de Vizua)

Alexandre Michelin : Est-ce que tu peux nous raconter un peu ton cheminement, Yacine ?

Yacine Aït Kaci : Je vais le faire très rapidement parce c’est une histoire, effectivement, qui accompagne celle du digital depuis la fin des années 90 jusqu’à aujourd’hui où, en fait, j’ai eu la chance de croiser un peu toutes les phases, l’émergence du digital, ce qu’on appelait à l’époque le multimédia, les CD-ROM culturels. Et puis, après, l’art digital et une expérience d’une dizaine d’années qui s’appelait “Electronic Shadow” avec des installations interactives immersives, des spectacles qui intégraient de l’image. Et, en 2011, effectivement, une réflexion sur la façon dont le digital est en train d’entrer dans la vie des gens, on n’était plus dans la prospective.

L’émergence des réseaux sociaux, et la création d’un média original qui était un dessin. Ce personnage, Elyx, qui est devenu, cinq ans plus tard, le premier – et unique à ce jour – ambassadeur virtuel des Nations Unies, et qui est devenu aussi un média pour à la fois sensibiliser et faire le plaidoyer des objectifs de développement durable.

Alexandre Michelin : Voilà un résumé extrêmement rapide. On peut regarder un peu qui est Elyx. Je crois qu’il y a une petite vidéo que tu nous a amenée. Donc, là, ça nous donne une idée de qui est Elyx ?

Yacine Aït Kaci : Oui, voilà, ça c’est vraiment un tour très, très rapide, et montrer comment une idée, à un moment donné, en 98… Pour ceux qui l’ont connu, “Virtools”, qui était un ancêtre de “Unity” et de “Unreal”, mais qui était français ! Et qui permettait de créer des scènes interactives, des spectacles… tout ce qu’on a pu faire par la suite.

C’est une des installations d’Electronic Shadow, en mapping vidéo, dont on a déposé un brevet en 2003, qui a donné naissance, qui est un peu un ancêtre d’Elyx avec cette sorte de réalité augmentée low tech où, en fait, je me promenais dans la ville avec un carnet. Je le dessinait en fonction du hasard, en fonction de la rencontre comme ça, avec la ville, qui devient ambassadeur digital en 2015, avec lequel on commence à porter les objectifs du développement durable et en 2021, une chose très actuelle avec la Fondation Elyx, le colloque de rentrée de l’Assemblée nationale et une exposition sur les grilles de l’Assemblée nationale, en réalité augmentée !

Alexandre Michelin : Tu joins l’acte à l’engagement, c’est-à-dire qu’à chaque fois tu fais quelque chose d’électronique.

Yacine Aït Kaci : On a un slogan à la Fondation, c’est : “tout est lié”. En fait, toutes les dimensions sont interconnectées et effectivement, à un moment donné, on ne peut pas juste penser le monde sans avoir une façon. Et je pense que c’est ce qu’on attend aussi des artistes, c’est de pouvoir nous montrer les possibles, de pouvoir démontrer un monde qui n’est pas encore là.

Là ce qu’on voit, par exemple en 2003, tout à gauche, c’est vraiment le premier mapping vidéo, qui nous a valu le Grand Prix Japan Media, festival après Ars Electronica.

Alexandre Michelin : La regrettée Nasiha…

Yacine Aït Kaci : Nasiha, absolument, avec qui j’ai créé, avec qui on a créé ce duo, et avec qui on a travaillé pendant plus de plus de dix ans. Et qui, en fait, de fil en aiguille, m’a amené à cette position aujourd’hui, qui est entre vraiment la création et l’engagement, mais au sens aussi du lobbying, du plaidoyer, de la sensibilisation des publics autour de cette idée…

Voilà, ça c’est la naissance d’Elyx, c’est ce que je qualifiais de réalité augmentée Low Tech. Le moment où il devient un peu une star sur les réseaux sociaux, parce que cette photo…

Alexandre Michelin : C’était au tout début d’Instagram, hein ?

Yacine Aït Kaci : C’était les débuts, oui, c’était vraiment les débuts d’Instagram sous l’ère Facebook. Et pendant six mois, il a été la photo la plus likée du réseau social, donc ça donnait vraiment un énorme focus. Parce que l’idée, c’était qu’avec un langage non verbal, on va pouvoir toucher finalement n’importe qui sur la planète.

Elyx il partage avec nous, avec n’importe quel habitant de la planète, quelques traits communs.

D’abord, c’est un dessin. Tout le monde comprend le dessin et tout le monde a dessiné. Ce qui nous renvoie à l’enfance, parce que chacun d’entre nous a un bouton un peu magique sur lequel on appuie et qui fait qu’on est émerveillé, même si on est le dernier des cyniques.

Et puis, le grand sourire et les bras ouverts. Le sourire qui est déjà une forme de langage et qui rentre, en fait, qui nous appelle à dialoguer.

Clara Schmelck : En fait, vous donnez une compréhension qui est universelle.

Yacine Aït Kaci : C’est vraiment l’objectif. L’objectif, en fait, à partir du moment où Internet et les médias numériques ont eu cette portée universelle et ont commencé à décloisonner les frontières, en fait les médias ont dû également s’adapter. C’est pour ça que les formes non verbales ont une force de frappe et un impact qui est beaucoup plus large.

Alexandre Michelin : Donc tu lances ce personnage, et il devient ambassadeur de l’Unesco, c’est ça ?

Yacine Aït Kaci : De l’ONU. En fait, j’avais préparé un dossier pour l’Unicef et je suis appelé par les Nations Unies, avec cette problématique du début des réseaux sociaux. On a 6 langues officielles, il y a 193 pays, on travaille quand même sur des sujets un peu compliqués. Est-ce qu’il y aurait un moyen de les rendre un peu plus sexy, que tout le monde puisse les comprendre, etc. ?

On commence la collaboration, qui se passe bien. Et c’est comme ça qu’en 2015 il accompagne également la sortie des objectifs de développement durable. Donc qui sont également universels, qui concernent chacun d’entre nous, qui sont holistiques et qui, en fait, abordent tous les grands enjeux à affronter d’ici 2030, parce que 2030, c’est l’échéance.

Alexandre Michelin : Donc il se retrouve partout dans la communication des Nations Unies ?

Yacine Aït Kaci : Régulièrement. Il est effectivement utilisé pour porter les Journées internationales, les ODD, la question des droits de l’homme, la Déclaration universelle des droits de l’homme. Et, de fil en aiguille, ça m’amène avec Adeline Pilon, qui est ma compagne et associée. On a créé la fondation éponyme, la Fondation Elyx, qui nous permet en fait de sensibiliser côté grand public et de porter un plaidoyer côté politique sur la façon dont on peut s’approprier les objectifs de développement durable et sortir, justement, des silos dans lesquels on a été éduqués.

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