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Seppia : des projets documentaires produits au moyen de la réalité virtuelle
immersif | immersion | metaverse | nft | réalité augmentée | réalité virtuelle |

Cédric Bonnin : La première expérience, effectivement, qu’on ait faite en réalité virtuelle, c’est Silvère, et je le remercie d’être venu nous chercher pour ça, mais tout de suite, on a dit oui parce que forcément, on était dans la cathédrale…

Mais après, on s’est lancés avec France Télévisions. On a fait la première expérience en réalité virtuelle de France Télévisions, “Le goût du risque” sur les sports extrêmes.

Pareil : sauter en wingsuit avec Géraldine “Facenart”, qui est une Suissesse, championne du monde de freeride, et aussi une des meilleurs au monde en wingsuit.

Là on saute de l’aiguille du midi au Mont Blanc, c’est complètement génial et ça, c’est vrai que c’est pareil… moi, en tout cas, dans la plupart des projets que j’ai produits, cette question de la promesse au spectateur, à l’utilisateur de dire “grâce à ça, on vous emmène vous plonger de façon très puissante dans un endroit où vous ne pouvez pas aller”, c’est… je veux dire, le sport extrême, c’est typiquement ça. 

Donc on a fait une série où il y avait plusieurs sports extrêmes. Techniquement, c’était assez costaud. Alors là c’est vrai qu’on me posait la question de l’innovation… 

A l’époque, quand on a commencé, effectivement, le projet sur la cathédrale, et même encore après, la techno était encore très peu mature. Du coup, il y avait pas mal de R&D à faire… enfin, de bricolage on va dire, puisque nous on est une société de production, on n’est pas forcément des…

Mais on a quand même bricolé avec notre boîte, à l’époque, c’était avec DV mobile, on a essayé… enfin, on faisait un peu essais/erreurs, la méthode est un peu simple. Et on essayait de trouver des solutions pour pouvoir proposer la meilleure expérience possible avec ce qui existait à l’époque.

J’ai l’impression qu’aujourd’hui, il y a quand même des outils, comme Unity ou Unreal Engine, qui sont quand même ultra puissants, super bien conçus. 

Je pense que là où nous on veut aller, ces outils permettent aujourd’hui… et les casques aussi, qui sont quand même beaucoup plus performants qu’à l’époque où on a commencé, et ils vont encore l’être plus.

Nous, on a moins besoin de R&D aujourd’hui. Je pense qu’on a à notre disposition, en termes de production, un peu plus les outils. 

Je pense qu’il y a une frontière qui n’est pas encore atteinte, notamment sur le documentaire en réalité virtuelle, qui est la question la vidéo volumétrique. 

Alors c’est un gros mot, je ne sais pas si on en a parlé ici, mais la vidéo volumétrique, en gros, c’est comme si on filmait avec une caméra, sauf qu’au lieu de filmer et ensuite de restituer une image à plat, chaque pixel de l’image a une donnée de profondeur. 

Donc c’est à dire qu’en gros, ça permet de quasiment modéliser en temps réel, avec une image qui ressemble à une image de caméra vidéo, sauf que d’un seul coup, cette image vidéo elle se crée en volume.

Et là, ce truc là, ça commence, mais ça demande quand même des quantités de données qui ne sont pas simples. Mais ça, je pense que c’est une des frontières pour arriver à créer quelque chose de vraiment abouti en termes esthétiques, en termes de qualité, auquel on n’est pas, mais par contre quand ça marchera, vraiment, ça va être super pour le documentaire. 

Donc ça, c’est peut être un truc sur lequel il y a… Enfin, nous on va pas se lancer, on est trop petits, et puis c’est pas… mais je pense qu’il y a quand même pas mal de gens qui bossent sur cette question-là, et la vidéo volumétrique, je pense que ce c’est l’un des prochains sujets qui est important. 

Donc ça c’est… pareil, on est allés avec des apnéistes, les trois meilleurs apnéistes du monde, on va dire, et on plonge avec eux pour découvrir ce que c’est que l’apnée. 

Dolphin Man, c’était un peu dans la continuité de Jacques Mayol, celui qui a inspiré le Grand Bleu, qui était le pionnier de l’apnée en France.

Et donc, c’est un projet qu’on a coproduit avec Arte, qui a bien tourné dans pas mal de festivals, MK2 l’a distribué, il a été aussi… enfin, il a trouvé différentes sources d’exploitation. C’était aussi une bonne expérience à développer. 

C’était toujours en vidéo 360, ce qu’on a fait à ce moment-là, mais parce que c’était du documentaire. 

Ensuite, on a créé une série aussi avec Arte, Art Stories. On allait dans plusieurs endroits. Notamment là, ce qu’on voit, c’est la grotte Chauvet. Mais on est allés aussi au château de Fontainebleau, à l’opéra de Wagner, enfin on traitait comme ça plusieurs sujets. Et c’est vrai qu’Arte avait aussi envie, à cette époque-là… maintenant ils ont un peu ralenti, ils ont un peu baissé la voilure sur ce plan-là, mais essayer d’explorer aussi un peu le médium de la réalité virtuelle et donc, effectivement, sur le plan culturel, sur des documentaires culturels, ça les intéressait d’essayer avec nous de produire ces documentaires.

Et là, ce que ça nous a amené aussi, c’est que moi, en tant que producteur, je me suis aussi rendu compte que des fois, on pouvait avoir des projets assez innovants comme ceux-là…

Donc on a commencé par un projet qui était en réalité virtuelle, mais finalement ce projet en réalité virtuelle, il a débouché sur cinq documentaires TV qu’on a fait avec Arte. 

Donc même en termes de business, indirectement finalement, le bénéfice collatéral pour nous, c’est qu’au-delà de produire une série en réalité virtuelle, on a en plus produit une série télé avec Arte un peu sur les mêmes lieux, etc.

Donc c’est aussi assez intéressant, parce que quand on est producteur, on arrive, il y a plein de bons producteurs en France. Quand les dossiers arrivent chez les chaînes, notamment chez Arte… je sais pas, Arte il y a une des unités ils reçoivent 1800 projets par an, ils en produisent 80.

Pour que le vôtre se retrouve en haut de la pile et soit choisi, c’est pas facile. Si vous avez une dimension “réalité virtuelle”, que vous êtes bi-média, que, du coup, votre projet sort un peu du lot.

Et nous, ça a toujours été un peu notre stratégie de se dire : “voilà, quand ça s’y prête comme ici, on peut on peut proposer ça.”

Présentateur : Frédéric Josué (Président de 18M.io)

Intervenant : Cédric Bonnin (Producteur, co-gérant de Seppia Films)

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