La région, une grande aide pour développer des technologies encore coûteuses

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Guillaume Roger : La région, elle nous aide sur divers process. Il y a des dispositifs AMI, il y a tout un accompagnement. C’est grâce à la région que je suis présent ici, par exemple, où je peux parler..

Frédéric Josué : Vous voulez dire ils ont payé votre hôtel, votre billet de train, ou le repas de ce midi ?

Guillaume Roger : Non, mais elle m’a fait prendre connaissance du KIF, elle m’a permis de participer aux échanges et à la création de tout ça. C’est Marc Bourhis, d’ailleurs, qui en est à l’origine.

Et c’est quelque chose qui est important, parce que sans les structures de tutelle que sont la région, l’État ou autres, globalement, on pourrait pas. Parce que ce sont des technologies qui sont encore coûteuses et qui ont besoin de soutien. 

On a besoin de structures qui croient en ces nouvelles technologies pour pouvoir les proposer.

C’est-à-dire que quand on va voir un musée, ou on va voir une structure patrimoniale quelconque, ou même une collectivité locale, le premier réflexe qu’a cette collectivité locale, c’est : “tiens, la région. Qu’est-ce qu’on peut obtenir de la région comme aide, comme soutien pour pouvoir faire ça ?”

C’est-à-dire qu’on a, sur les territoires, une volonté d’avoir cette transition vers l’immersif. C’est quelque chose qui est maintenant inéluctable. Il y a ce besoin-là.

Et, aujourd’hui, l’un des grands renforts de ça, c’est quand même la région. Il y a l’Europe aussi, et l’Etat, mais c’est la région notre premier interlocuteur de proximité. 

Parce qu’ils sont présents sur le terrain, parce qu’on les voit au quotidien, parce qu’il y a vraiment les échanges. Il y a plein de moments, aussi, où on peut échanger par rapport à ça. Il y a plein d’événements qui sont organisés, où on peut échanger et rencontrer des gens.

Présentateur : Frédéric Josué (Président de 18M.io)

Intervenant : Guillaume Roger (CEO Filthy Patches)

Seppia : l’art contemporain se saisit peu à peu de la réalité virtuelle

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Cédric Bonnin : Avec Silvère, c’est vrai que, quand on a commencé on a un peu travaillé ensemble sur le projet sur le vaudou avec le musée Vaudou de Strasbourg et on s’est dit : “purée, mais il y a quand même un truc qui est génial, c’est que quand les rites vaudou sont pratiqués, et notamment les phases de transe, ça permet aux initiés de rentrer dans une espèce de réalité alternative et de rentrer en communication avec les esprits, les ancêtres, les divinités, et de trouver conseil pour pour vivre au quotidien et trouver des solutions dans sa vie quotidienne.” 

Et on s’est dit : “mais ça, il faudrait… justement c’est, de nouveau, aller là où personne ne peut aller, et c’est en même temps parler de cette culture et d’aller encore un pas plus loin que juste de montrer ce qu’on a fait, la première étape finalement, avec Silvère, de montrer les cérémonies. Nous on veut dire : “mais derrière la cérémonie, il y a quoi qui se passe ?”

Frédéric Josué : Là on est dans Inception. C’est-à-dire que vous rentrez dans le corps de quelqu’un qui, lui-même, est dans le corps de quelqu’un.

Cédric Bonnin : Un petit peu, c’est ça. Exactement, ce serait l’idée. Donc là on est en train de développer, on a eu des soutiens de l’Union européenne, la région aussi, Grand-Est, nous soutient sur ce projet, l’Institut français. 

Et l’idée, effectivement, c’est qu’on puisse raconter… parce que là, le musée Vaudou c’est le vaudou du Bénin, qui est le vaudou originel, mais en fait le vaudou a essaimé partout dans le monde, et aujourd’hui il y a 50 millions de pratiquants dans le monde. 

Et donc nous, l’idée, c’est de raconter aussi d’autres vaudou, donc c’est de migrer. Et ça, on est en train de le développer, c’est un des projets sur lesquels on travaille.

Et maintenant, on a aussi travaillé… ça je trouve ça assez intéressant. C’est encore un peu, je trouve, embryonnaire, mais ça se développe. C’est une artiste strasbourgeoise, Mali Arun, qui a eu le Grand Prix du Salon de Montrouge – qui est le prix de révélation de la jeune artiste -, et elle a pu avoir une exposition, un solo show au Palais de Tokyo. 

Et le Palais de Tokyo lui a dit : “ce serait bien vous confrontiez avec avec le médium de la réalité virtuelle.” 

Et donc, comme on se connaissait et qu’elle savait que nous on en avait fait, elle a voulu qu’on produise cette vidéo d’art ensemble.

Et donc on a produit cette vidéo d’art, Mutatis, tournée au Jardin Botanique de Strasbourg, et c’était une bonne expérience. MK2 aussi, pareil, l’a distribuée et ça a pas mal tourné et c’était assez intéressant aussi de produire ça.

Donc je pense que le champ de l’art contemporain, des arts plastiques et tout ça, etc. n’est encore pas tout à fait dans le truc.

Présentateur : Frédéric Josué (Président de 18M.io)

Intervenant : Cédric Bonnin (Producteur, co-gérant de Seppia Films)

Comment les métiers artisanaux sont-ils mis en avant dans la ville de Metz ?

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Patrick Thil : C’est très important les métiers d’art pour moi, parce qu’effectivement un certain nombre de métiers se perdent. 

Nous, nous y sommes très, très attachés. Et c’est ainsi que, à chaque fois que nous le pouvons, dans nos marchés, y compris lors de nos fêtes populaires de la mirabelle, nous avons toujours énormément de stands qui sont consacrés à cette fonction de l’artisanat d’art et de l’art en général.

Et évidemment, on essaie de les faire travailler. Et alors, il faut aussi avoir des rêves. 

Des fois, on ne veut pas s’impliquer directement en tant que puissance publique sur le choix des commerces, des cellules commerciales, mais on voudrait amorcer, en tous les cas, le mouvement, pour que de la porte Serpenoise à la cathédrale, ce quartier Outre-Seille, c’est qui est extrêmement typique et qui, c’est vrai, ne jouit pas de l’image qu’il ne mériterait, eh bien on part déjà d’un certain nombre d’encadreurs, de peintres…

Et c’est un quartier qui est extrêmement vivant, des artistes qui sont souvent en étage, d’ailleurs.

On peut le voir lorsque nous faisons “parcours d’artistes”, par exemple, eh bien c’est surtout ce territoire, avec cette colline Sainte-Croix qui, naturellement, je dirais, attire les artistes.

Il faut maintenant les montrer davantage, les relier, et faire en sorte d’influencer, que les commerces qui se libèrent puissent être consacrés à ces métiers d’art. 

Et puis ensuite, il suffirait, peut-être, de revoir les enseignes, de faire travailler les ferronnier pour donner un autre cachet à ce quartier, mais c’est effectivement absolument capital.

Présentateur : Alexandre Michelin

Intervenant : Patrick Thil (adjoint au maire de Metz en charge de la culture)

 Comment le festival Constellations prend-t-il en compte le développement durable ?

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Jérémie Bellot : Alors c’est assez simple, puisqu’il y a, évidemment, la sensation d’une consommation importante, mais on en reste à la sensation.

Parce qu’on utilise une technologie de vidéoprojecteur qui sont des vidéoprojecteurs laser. La technique a beaucoup évolué. Beaucoup d’installations du parcours utilisent également des LED à faible consommation.

Alexandre Michelin : Comme ces écrans, qui sont des écrans LED, et qui consomment, en fait moins que…

Jérémie Bellot : Mois qu’une lampe à sodium sur une autoroute. C’est très important de le rappeler puisque, en termes d’image, c’est vrai que la lumière renvoie à l’énergie. Mais le développement des machines, et notamment sur les vidéoprojecteurs haute puissance, avec de nombreux lumens, ont vraiment réduit depuis une dizaine d’années leur consommation énergétique.

Donc il n’y a pas de processus de compensation engagé. Ce qui est intéressant, c’est ce que disait aussi Patrick Thil, en rappelant les parcours, qui sont diurnes et qui utilisent, eux, uniquement l’énergie solaire pour éclairer les œuvres.

La nuit, on travaille avec l’énergie de la collectivité. 

Et puis, du coup, on est vraiment dans une comparaison qui… alors je ne vais pas donner de chiffre parce que je pense que ça mérite d’être étudié de manière plus simplifiée, mais c’est la logique, je dirais, de la ville de pousser cette consommation et cette transition énergétique pour accompagner le projet, mais pas au projet d’être juste dans une sorte de fantasme de mettre trois panneaux solaires à un endroit et d’expliquer qu’on est dans un “Greenlight Festival”.

Alexandre Michelin : Non, non, c’est de l’assumer. Ça fera partie, demain, des enjeux et des discussions qu’on aura pour finir cette première édition du KIF avec… tout est lié. 

Quand on est une ville durable, créative, européenne, on est forcément confronté à cette réalité du réchauffement, donc il faut qu’on l’assume…

Jérémie Bellot : Tout à fait. Et il y a beaucoup de projets qui sont plutôt low tech. 

Alexandre Michelin : Est-ce qu’il y a une empreinte carbone du festival ?

Jérémie Bellot : Ce n’est pas quelque chose qui est calculé à l’heure actuelle, par contre on est vraiment dans une logique de calcul de consommation pour les éditions à venir, pour pouvoir quantifier et, du coup, pour pouvoir faire des comparaisons concrètes entre, justement, certaines parties de la ville qui restent allumées – on le sait, il y a des efforts de la part de la collectivité pour couper des tranches de ville sur l’éclairage urbain… 

Il y a des choses où il y a des enjeux. On ne voit pas, puisque ça fait partie de notre quotidien. Il y a des enjeux qui ne sont pas du tout les mêmes, en termes de puissance. 

Alexandre Michelin : Est-ce que ce n’est pas un axe de communication important ? On sait que tous ces jeunes qui viennent là sont particulièrement concernés par le réchauffement climatique. 

Et surtout, si, en plus, ça joue sur l’image de la ville, est-ce qu’il n’y a pas, peut-être, un engagement à prendre et une communication particulière ?

Valentine Vernier : Il y a aussi l’aspect que tout peut se faire à pied. 

Tout peut se faire à pied ou, pour le parcours Street Art, éventuellement à vélo. Et là, c’est un aspect aussi sur la mobilité qui est intéressant.

PT : Et je voulais juste ajouter que “Metz-toi au vert”, ce n’est pas seulement un slogan que nous avons affiché, c’est vraiment une volonté, par delà le festival…

Il faut savoir, par exemple, qu’en une année de mandat nous avons planté 3000 arbres – c’est le chiffre qu’il faut avoir en tête -, contre 300 auparavant. 

Et surtout que nous allons revoir le PLU, c’est-à-dire ce qui s’applique sur l’urbanisme, pour que plus aucun permis de construire ne soit donné à des toitures-terrasses qui ne comportent pas du photovoltaïque, par exemple.

Et puis je dois dire que même la B.F. – l’Architecte des Bâtiments de France -, va aujourd’hui dans ce sens. C’est que, longtemps, on a entendu qu’une place était forcément minérale, sinon, ça s’appelait un square. C’était un slogan. 

Et qu’aujourd’hui, on essaye de remettre de la végétation à l’intérieur même d’une ville qui, par définition, entre ses voies piétonnes, même si elles sont piétonnes, – ça a été, d’ailleurs, la première ville piétonne de France -, eh bien, on essaye d’y mettre des arbres.

Et quand on ne peut pas, on y met de la verdure, néanmoins. Donc tout ça pour nous protéger de ce réchauffement.

Présentateur : Alexandre Michelin

Intervenants : 

  •  Jérémie Bellot (artiste plasticien, curateur du festival Constellations)
  • Valentine Vernier (Agence Inspire Metz)
  • Patrick Thil (adjoint au maire de Metz en charge de la culture)

Comment le centre Pompidou-Metz a-t-il vu le jour ?

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Patrick Thil : Quand on aime sa ville, qu’on la connaît, on trouve qu’elle est généralement “injustifiée connue”, et c’est vrai que ça a été tout l’enjeu.

Vous parliez de Bilbao tout à l’heure, Alexandre. Ça a été le modèle. Lorsque je suis arrivé aux affaires la première fois en 2001, dans ces mêmes fonctions d’adjoint à la culture, et le maire de Metz de l’époque, qui était Jean-Marie Rausch, m’a convié et il m’a dit : “écoutez, vous allez immédiatement rencontrer Jean-Jacques Aillagon, qui est le président du Centre Pompidou de Paris, et vous essayez de me décrocher cette première décentralisation. Et si vous n’y arrivez pas, je vous donne un billet d’avion, vous allez à New York et vous allez me chercher Guggenheim”. 

Vous voyez que c’était carrément ça. Ensuite, il a fallu convaincre, effectivement, parce que c’était d’une telle dimension de projet culturel qu’il fallait que ça soit métropolitain, et non pas seulement soutenu par la ville.

Alexandre Michelin : Jean-Jacques a dû être particulièrement sensible. Il est messin ?

Patrick Thil : Bien sûr, bien sûr. Et il nous a mis quelques élus importants, je dirais, qui étaient au sein de la métropole, dans un petit avion, et on a fait l’aller-retour à Bilbao, et il a dit : “voilà, c’est ça le concept que je veux développer”.

Tout le monde est revenu convaincu, les collègues ont convaincu les autres maires, et c’est comme ça qu’on s’est engagés dans ce dans ce processus. 

Et je dirais que, moi, je suis très satisfait que l’on ait Pompidou et non pas Guggenheim, parce que je vais vous confier un secret que vous ne répéterez pas… 

Nous, on allait près des œuvres avec, je dirais, la force de Pompidou, lorsque nous allons emprunter dans les grands musées du monde, de Russie, des Etats-Unis, etc., des œuvres.

Et puis on a ce qui est quand même, je crois, la première collection mondiale, – enfin, ça se dispute avec la Tate Gallery – d’art contemporain. 

Et donc, les curateurs peuvent puiser dans cette immense collection du Centre Pompidou. Et c’est gratuit. Parce que, bien entendu, chez les Américains, il faut payer.

Présentateur : Alexandre Michelin

Intervenant : Patrick Thil (adjoint au maire de Metz en charge de la culture)

Le Centre Pompidou-Metz a propulsé la ville de Metz en terme d’attractivité territoriale

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Alexandre Michelin : La ville de Bilbao qui, quand elle a lancé le Guggenheim, est tout d’un coup, alors que c’est un grand centre économique depuis toujours de l’Espagne, est tout d’un coup apparue sur la carte de tout le monde, parce que l’immeuble était tellement fou et le musée tellement spectaculaire que beaucoup de gens ont découvert, en fait, que Bilbao existait, qu’en Espagne il y avait une ville qui s’appelait Bilbao. 

Est-ce que le Centre Pompidou a donné cette impulsion aussi ?

Valentine Vernier : Ah ça a été un vecteur d’image absolument fabuleux. Ça nous a porté sous le feu des projecteurs, sur le devant de la scène, et puis ça s’est vu tout de suite, d’abord par le nombre de visiteurs, mais aussi par la structuration des clientèles. 

C’est-à-dire que, immédiatement, on a eu un ratio qui s’est inversé entre la clientèle étrangère et la clientèle française, ce qui est très rare pour un office de tourisme, comme nous l’étions à l’époque.

C’est-à-dire que ça nous a propulsés dans le concert des grandes destinations touristiques. Parce qu’effectivement, en plus de cela, on avait la chance d’avoir une exposition d’ouverture qui était absolument fabuleuse…

Alexandre Michelin : Moi j’insiste aussi sur celle qu’il y a en ce moment, Arcimboldo, absolument magnifique. 

Valentine Vernier : Je suis complètement d’accord avec vous. 

Et j’allais vous dire, on a la chance d’avoir surfé sur la vague, en quelques sortes, et d’avoir poursuivi une programmation au Centre Pompidou-Metz, mais aussi sur tout le territoire de la métropole, une programmation culturelle qui est absolument fabuleuse, avec une richesse et une diversité exceptionnelle.

En ce sens, effectivement, le festival d’art numérique Constellations nous propulse aussi sur le devant de la scène, mais il y a aussi la cité musicale Metz – Patrick en parlait tout à l’heure -, il y a aussi le festival Hop hop hop, il y a tout ce qui est métiers d’art aussi. 

Voilà, donc tout cela se rejoint et permet de générer une dynamique territoriale et de faire venir de plus en plus de visiteurs. 

Et puis, pourquoi on travaille tout ça ensemble, aussi ? 

Eh bien parce qu’un visiteur, par exemple, qui va venir découvrir le patrimoine de la destination en week-end avec sa famille, découvre une ville qu’il n’imaginait pas comme cela. 

On parlait tout à l’heure d’images. Souvent, c’est le retour qu’on a des visiteurs sur le territoire de la métropole, mais de Constellations plus particulièrement, c’est qu’ils sont enchantés de ce qu’ils découvrent, ils ont envie de revenir. 

Donc, s’ils ont envie de revenir, ils auront peut-être envie de revenir à l’occasion d’un congrès ou d’un séminaire, et ils auront peut être envie de s’installer à Metz. Et là, on a gagné le pari.

Présentateur : Alexandre Michelin

Intervenant : Valentine Vernier (Agence Inspire Metz)

Le Centre Pompidou-Metz, un bâtiment emblématique de la ville de Metz

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Patrick Thil : Marina, vous disiez tout à l’heure qu’on avait, c’est toujours très intéressant, à la fois les CSP+ et puis les autres. 

Je voudrais souligner quelque chose qui étonne toujours le ministère de la Culture, c’est que ce Centre Pompidou, qui est quand même dédié à l’art moderne et contemporain, donc un peu pointu est, de tous les musées de France, celui qui est le plus caractérisé par les populations sociales, qu’on appelle plutôt dans la catégorie “ouvriers-employés”. 

Alexandre Michelin : C’est formidable, c’est une vraie réussite.

Patrick Thil : …et on a 27% de nos visiteurs qui sont issus de cette classe sociale, ce qui est vraiment tout à fait remarquable.

Et quand on se compare à  Lens, qui était aussi une région qui a connu une industrialisation importante, et puis ensuite déclinante, etc., et bien, alors même que, si j’ose dire, l’offre du Louvre Lens est quand même beaucoup plus classique que l’art contemporain eh bien, on bat tous les records sur cette catégorie de population, et pour un art qu’on dit plus difficile d’appréhender.

Alexandre Michelin : Le Centre Pompidou, à la fois par son architecture, mais aussi par sa situation, puis son côté durable, inspire. 

Par exemple, on va passer sur la vision de Stan Walbert sur sur le centre, avec ses outils d’un faux décor XR. 

C’est un autre regard, et on voit tout de suite… voilà hop, on passe dans le vortex, et on va être bientôt sur…

Voilà une perception, qui a été validée par Chiara Parisi, et qui montre comment on peut aussi le voir. 

Et c’est aussi à Metz, c’est-à-dire qu’on voit, la nuit, la cathédrale, et puis là on voit une aspiration, une élévation, un côté festif.

C’est aussi Metz, c’est aussi cette architecture qui vit ici. 

Patrick Thil : Tout ce que l’on voit là est en bois, et le toit est lui-même en toile.

Et ça renvoie à ces architectures un peu provisoires, et qui résistent. 

Et ce n’est pas pour rien, puisque Shigeru Ban est quand même connu aussi pour ses architectures de carton au Japon, qui résistaient, évidemment, au tremblement de terre.

Présentateur : Alexandre Michelin

Intervenant : Patrick Thil (adjoint au maire de Metz en charge de la culture)

 Les chiffres-clé et l’impact économique du festival Constellations pour la ville de Metz

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Marina Lallement : Nous, à l’Agence inspire Metz, nous avions proposé à la ville de Metz de réaliser une étude d’impact économique sur Constellation, en 2019. Donc nous avions confié cette étude au cabinet Protourisme, un cabinet spécialisé. 

Donc, il y a eu des enquêtes qui ont été réalisées à la fois sur les visiteurs, et également sur nos acteurs économiques locaux.

Donc on a pu réellement mesurer cet impact, qui est quand même extrêmement important, puisque ça s’élève quand même… on parle de 6,4 millions d’euros de retombées économiques pour un festival qui dure deux mois, un peu plus – donc c’est quand même extrêmement important -, et de la création de 148 emplois à temps à temps plein. 

Donc c’est quand même pas anodin. Le calcul… alors c’est des chiffres un peu économiques, mais pour 1€ dépensé par la collectivité, on avait quand même une génération de 3,75€. Donc, c’est extrêmement important. 

Et puis, vous parliez tout à l’heure des visiteurs jeunes, on avait quand même 55% des visiteurs qui avaient moins de 35 ans.

On a une part de CSP+ et de CSP- qui est à peu près équivalente, donc on a aussi un public relativement populaire, ce qui est important aussi.

Et puis on était quand même dans une grande proportion… alors on avait 65% de visiteurs extérieurs au territoire, donc ça c’est quand même très important. Et on était encore sur une grande proportion à 93% de visiteurs français, même si nos publics très proches… parce que rappelons qu’on est une région frontalière, donc, on avait bien sûr la Belgique, le Luxembourg, l’Allemagne…

Alexandre Michelin : Oui, ça m’a frappé il y a beaucoup de… on entend parler d’autres langues. On entend plutôt parler allemand, plutôt parler, peut-être, hollandais. 

On sent que ça fait partie des axes pour aller vers le sud, où les gens s’arrêtent, et puis c’est un peu une étape, où on vient. On entend, quand on est dans Constellations, des langues étrangères, des gens qui prennent des photos, qui se parlent entre eux…

Patrick Thil : Et puis, nous avons beaucoup de franciliens ou de parisiens. Parce qu’il faut souligner quand même qu’en TGV, c’est 1h20. Je pense que ceux qui travaillent en banlieue ou à l’inverse, ont à peu près ce temps de transport. 

Marina Lallement : C’est ça. Alors, parmi nos visiteurs français, outre bien sûr les visiteurs de la région Grand Est, les parisiens, c’est notre première cible, évidemment. Effectivement, avec la facilité que propose le TGV. 

L’enjeu aussi, mais Valentine en parlera bien mieux que moi, c’est de les faire rester un peu plus longtemps, et de ne pas en faire qu’une seule étape, évidemment.

Voilà, donc c’est un projet culturel très important, c’est un projet économique très important, qu’on arrive à mesurer et qu’il faut continuer à accompagner. On a encore plein de choses à faire. 

On est un territoire avec beaucoup de talents. C’est aussi un des buts de l’agence Inspire Metz, c’est la captation de talents, et c’est de développer aussi nos acteurs locaux et de les faire participer.

Présentateur : Alexandre Michelin

Intervenants : 

  • Marina Lallement (Agence Inspire Metz)
  • Patrick Thil (adjoint au maire de Metz en charge de la culture)

L’importance du festival Constellations pour l’attractivité touristique de la région Grand Est

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Marina Lallement : L’Agence Inspire Metz, c’est l’agence d’attractivité des 44 communes de la métropole. 

On a trois métiers : tourisme, tourisme d’affaires et développement économique. 

Notre rôle, c’est de développer le territoire et de renforcer son attractivité. 

Donc, évidemment, Constellations pour nous, c’est un événement extrêmement important en termes d’image, également en termes économiques – je vais y venir -, et on s’est associés dès le départ parce que pour nous c’était une évidence, parce que c’est un événement qui nous singularise, qui singularise la destination. 

Vous parliez tout à l’heure, à juste titre, de la métropole… alors moi je dis toujours, “européenne, créative et durable”, pour être encore plus complète. 

Et, justement, Constellations s’inscrit complètement dans ce positionnement. C’est une véritable stratégie de reconquête de l’image de notre territoire. 

D’ailleurs, je vous remercie d’être présents aujourd’hui, c’est plutôt une très bonne nouvelle pour notre territoire. Ça prouve qu’on est attractifs, qu’on intéresse. 

Donc ça rentre tout à fait dans ce qu’on souhaite.

Alexandre Michelin : Et tous ceux qui arrivent, je dirais, à la gare, et qui font ce parcours et qui ont dit : “ah, je n’étais pas là pour Constellations”…

Il y a une curiosité, surtout après le covid, où les gens commencent à réfléchir à la qualité de vie. Moi, j’ai beaucoup de retours, de : “ah c’est fleuri partout, c’est super clean, super bien organisé…”, enfin des réactions un peu de parisiens qui découvrent qu’il y a encore des villes agréables à vivre.

Et, vraiment, ça vient du cœur. C’est vraiment une réaction, comme ça, tout à fait naturelle. 

Et puis qui commencent à déambuler, et puis qui découvrent qu’il n’y a pas que le Centre Pompidou-Metz, mais qu’il y a aussi beaucoup d’autres choses.

Patrick Thil : Et puis qui découvrent aussi qu’il n’y a pas que la Bretagne ou la Méditerranée qui peut attirer. Et puis il faut leur rappeler que le soleil se lève à l’Est.

Alexandre Michelin : Surtout en ce moment, là. On est gâtés.

Marina Lallement : C’est exactement ça. En fait, pour rebondir sur ce que disait monsieur Thil tout à l’heure, c’est un peu une guerre de l’image. 

Aujourd’hui, les territoires doivent se singulariser. Constellations, c’est un événement qui nous singularise, et c’est vrai que le Centre Pompidou-Metz nous a quand même beaucoup aidés en termes d’image, il faut bien le préciser. 

Et si on regarde, finalement, avec un petit peu de recul, sur cet été, on avait une offre culturelle quand même exceptionnelle à proposer à nos touristes. 

Entre les expositions extraordinaires du Centre Pompidou, que ce soit Arcimboldo ou Chagall, notamment…

Patrick Thil : Ou même l’architecture rêvée et utopique…

Marina Lallement : … d’aerodream, absolument. 

Patrick Thil : Architecture gonflable.

Marina Lallement : Et puis Constellations. Donc on permet à nos touristes, quand même, de vivre des expériences assez extraordinaires. Et puis, Constellations, ça sublime notre territoire. 

Ça fait redécouvrir, d’une manière complètement différente, le patrimoine. Et pour nos touristes, c’est extrêmement important.

Présentateur : Alexandre Michelin

Intervenants :

  • Marina Lallement (Agence Inspire Metz)
  • Patrick Thil (adjoint au maire de Metz en charge de la culture)

Présentation de l’exposition Pompéi

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Stéphane Millière : Chez GEDEON Media Group, nous ne sommes pas du tout du côté de la techno. On est vraiment du côté des contenus, et on est d’abord un producteur de contenus pour la télévision, avec une particularité : c’est qu’on travaille beaucoup sur la science, sur l’histoire, sur le patrimoine, avec des grandes entreprises, avec  des grandes institutions archéologiques.

Et c’est de par ces contenus “propriétaires”, on pourrait dire, originaux, qu’on a produit, qu’on est venus aux expositions immersives. 

Et le sujet qui nous intéresse, c’est Pompéi. Donc Pompéi, on a commencé à négocier – c’était déjà il y a trois ans -, une exclusivité sur les nouvelles fouilles de Pompéi avec le ministère de la Culture et le parc archéologique de Pompéi. 

On a suivi, après, pendant un an et demi, pour nos partenaires télévisuels – et on est assez bien implantés à l’international -, donc France Télévisions, la ZDF en Allemagne, Curiosity Stream aux Etats-Unis, la NHQA au Japon et d’autres. 

Et donc on a suivi pendant un an et demi ces fouilles, et dans le cadre de ces fouilles qui se déroulaient sur une rue – on peut peut-être regarder des images en même temps et je parlerai sur les images si vous voulez, pour ceux qui n’auraient pas vu l’exposition -, donc, dans le cadre de ces fouilles, ça se passait dans une rue et cette rue, évidemment, avait été écroulée par le flux pyroclastique de Pompéi, de l’éruption, et on a reconstitué progressivement la rue, elle a été scannée. 

Et puis ensuite on a remis le premier étage, on a remis les peintures à l’intérieur avec des partenaires spécialisés. Et puis on s’est retrouvés, donc, avec une image virtuelle de Pompéi au moment des fouilles, et de Pompéi tel qu’il était avant l’éruption.

Et c’est à ce moment-là qu’on s’est dit avec nos partenaires archéologues : “ce serait formidable de pouvoir amener cette rue, qu’on a reconstituée, ailleurs”. 

On est venus rencontrer la Réunion des Musées Nationaux avec Massimo Osanna, le directeur de Pompéi, et notamment Roei Amit, qui est ici.

Et il y a eu un engouement, immédiatement, de Roei, qui a convaincu l’ensemble de la Réunion des Musées Nationaux pour amener cette rue à Paris, au Grand Palais. 

Et on a commencé à travailler, à ce moment-là, sur la scénographie d’une rue en immersif, raconter une histoire, raconter l’histoire de l’éruption, avec ses trois temps : avant, pendant l’éruption et après, avec le travail des archéologues. 

Si on peut regarder des images, je crois qu’il y a des images qui sont…

Et donc le travail scénographique a commencé. Ça s’est passé sur 1500 mètres carrés, avec la construction de maisons dans la première partie, des maisons qui sont avant l’éruption, donc entières, telles qu’on les avait reconstituées, qui sont vraiment la copie de celles qu’on avait trouvé dans cette rue à Pompéi, avec les inscriptions, avec toutes les façades, avec les détails de toiture.

Et puis un parcours scénographique qui racontait comment était Pompéi avec les maisons dans lesquelles on pouvait entrer, une première maison avec la description de la ville avant l’éruption, les différents monuments.

Puis on continue à avancer, au milieu il y avait un amphithéâtre avec, sur 18 mètres de haut, le volcan, et l’éruption qui arrivait toutes les quinze minutes. Donc ça, c’est devenu une attraction, notamment pour un public jeune. 

Et puis, dans la suite de l’exposition, on rentrait dans le travail des archéologues, avec cette descente dans les six mètres de la pilie ou, au fur et à mesure, ils trouvent d’abord des peintures, ensuite des objets, et puis après des corps. Et on reconstituait, ensuite, on expliquait le travail de l’archéologie. 

Et puis dans la dernière maison, il y avait les plus belles peintures de Pompéi, sur l’intégralité des murs de la maison, et c’était extrêmement émouvant de se retrouver devant ces peintures, qui sont exceptionnelles. 

Et je veux dire que le travail qu’on a fait là, pour les amener au Grand Palais, ça a été de faire des centaines de photos sur les peintures des villas pompéiennes, les plus belles, et de les reconstituer, de les mettre toutes ensembles et d’avoir une très, très haute définition, au point que le directeur de Pompéi, quand il a vu ça, – il n’avait jamais vu les peintures avec cet éclairage, avec cette qualité de définition et donc agrandies deux fois et demie, trois fois -, il a demandé à ce qu’on fasse la même chose à Pompéi.

Donc ça, c’était une expérience, Pompéi, qui devait ouvrir, je crois, le 15 avril. Et pour des raisons de Covid, évidemment, ça n’a pas ouvert, et ça a ouvert plus tard, au mois de juillet, pendant quatre mois, avec une jauge réduite, 209 000 visiteurs si je me souviens bien.

Donc là voilà, on voit la structure, au Grand Palais, de cette salle énorme, extrêmement haute de plafond, donc c’était formidable d’avoir un espace aussi volumineux. 

On voit, là, la première maison, avec ses trois écrans qui dialoguent.

Et il y avait, j’ai oublié de le dire, évidemment on était en coproduction avec la Réunion des Musées Nationaux et le Parc archéologique de Pompéi. Et donc on avait des objets, issus des dernières fouilles, et ça c’était assez extraordinaire, puisque l’idée c’était de faire dialoguer le réel et le virtuel, de ne mettre en virtuel que ce qui ne pouvait pas être réel. 

Donc on remettait les objets… j’entendais le directeur du musée de Metz ce matin qui disait : “c’est formidable, un objet, mais on n’a pas le contexte”.

Ben là, c’est exactement ce qu’on a fait, on a mis les objets dans le contexte des maisons reconstituées, tels qu’ils auraient pu être, et donc il y avait en permanence un dialogue avec des transparences, par les portes, où on pouvait voir dialoguer le virtuel et le réel.

Présentateur : Matthieu Bonnary (Manager EY Consulting)

Intervenant : Stéphane Millière (Fondateur et CEO de GEDEON Media Group)

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