Jérémie Bellot : On a des contraintes qui sont liées au flux, on a énormément de public.
Sur les interactivité directes…
Alexandre Michelin : 1,4 millions. Il y a des files d’attente.
Jérémie Bellot : Donc la question de l’interactivité, que ce soit capter les flux, les interfaces directes, c’est-à-dire l’interactivité directe du public, ce sont des choses qu’on a pu expérimenter par le passé et qui trouvent très rapidement leurs limites, en termes de lisibilité de projet, en raison des flux importants.
Sur l’intelligence artificielle, moi je laisse beaucoup de place aux projets des artistes.
Pour l’an prochain, on a deux collectifs turcs, qui sont Ouchhh et Nohlab, qui travaillent sur les questions d’IA et qui, notamment, travaillent sur des installations qui utilisent ces données.
Il faut que le projet soit à la hauteur du site et que tout ça fasse sens, qu’on soit pas juste dans quelque chose de cosmétique avec un intrant de données, un effet, et puis le tour est joué.
Donc la question du propos est importante.
Alexandre Michelin : Oui, parce qu’il y a un thème. Donc, il faut que ça respecte…
Jérémie Bellot : Il y a un thème, il y a le propos artistique aussi. Ce n’est pas seulement une œuvre qui doit être du data analysing, mais qui doit vraiment raconter une histoire, donc ça dépend vraiment des collectifs artistiques et des projets.
Mais, en effet, ça fait partie évidemment de nos réflexions, et ça fait partie des réflexions de la scène art numérique et digital art en ce moment.
Présentateur : Alexandre Michelin
Intervenant : Jérémie Bellot (artiste plasticien, curateur du festival Constellations
Jérémie Bellot : Ce qui est intéressant avec Constellations, c’est qu’on sort aussi de l’espace privé pour aller sur l’espace public. On sort de la tablette et de l’écran à la maison pour aller apprécier une autre manière de traiter cette lumière artificielle, et puis, aussi, un autre regard sur les outils du quotidien.
C’est vrai qu’on a ces enjeux, qui sont portés par les arts technologiques, les arts numériques, les arts visuels, qui utilisent les interfaces, l’ordinateur, dans leurs processus de conception… aussi de questionner l’usage quotidien, l’usage du numérique outrancier.
Et c’est important… je trouve que cette image, moi… je vois aussi une ville avec plein de gens chez eux.
Patrick Thi : Des gens dans les maisons.
Alexandre Michelin : Ah oui, oui, c’est une ville vivante.
Jérémie Bellot : C’est une ville vivante, avec cette envie, aussi, de faire sortir les gens de chez eux. Ça, c’est un des enjeux, pour nous, de se rencontrer, tout simplement, et puis je pense qu’on en avait besoin après ce qu’on a vécu et ce qu’on continue à vivre.
Présentateur : Alexandre Michelin Intervenant : Patrick Thil (adjoint au maire de Metz en charge de la culture) Jérémie Bellot (artiste plasticien, curateur du festival Constellations)
Jérémie Bellot : On a un projet de mise en lien des sites avec un système de laser. Du coup on a recréé, avec Julien Floria, un principe de constellations mais vues du ciel.
Ça m’inspire un peu ça, ces rayons bleus qui traversent la ville en ce moment à Metz, et qui nous permettent d’aller d’un bâtiment à un autre pour les relier. C’est un peu notre constellation à nous, mais vue du ciel.
Alexandre Michelin : C’est exactement la vision qu’a eue Stan. On est venu ici, il a pris des photos depuis le toit du centre, et puis il les a recréés tout l’été, ils ont bossé vraiment énormément pour avoir cette réalisation avec, évidemment… c’est une perspective…
Patrick Thil : Alors ce que je trouve, moi, très intéressant, c’est que je pensais aux lumières. Parce que derrière le numérique, il y a cet aspect de lumières, et derrière l’aspect de lumières, il y a effectivement la tradition messine.
D’abord, c’est vrai que nous avons contribué au siècle des Lumières, par plusieurs de nos intellectuels messins – je pense à l’abbé Grégoire, mais il n’y a pas que lui.
Et puis il y a aussi la lumière de cette cathédrale, qui est quand même déclarée depuis Verlaine comme étant : “la lanterne du bon Dieu”, c’est-à-dire qui est tellement vitrée, puisque que ça a été longtemps, avant, cette cathédrale africaine qui voulait défier, y compris Rome, d’ailleurs, par ses dimensions.
Alors, on est une cathédrale très vite raillée, si j’ose dire, avec 6500 mètres carrés de vitraux.
Et puis aujourd’hui on a, par exemple, la Chaire de Photonique, une des plus brillantes de France, qui travaille justement sur cette particule de lumière, qui est un peu notre avenir.
Et cette cathédrale, elle domine toujours Metz. Un jour, un ministre de la Culture disait : “La cathédrale de Metz domine sa ville comme l’acropole Athènes.”
Je trouve que c’est assez juste. C’est à la fois l’architecture et l’esprit.
Présentateur : Alexandre Michelin Intervenant : Patrick Thil (adjoint au maire de Metz en charge de la culture) Jérémie Bellot (artiste plasticien, curateur du festival Constellations)
Alexandre Michelin : Je ne sais pas si on peut passer ce que Stan Walbert a produit en faisant les photos, le studio DreamCorp. et multiCAM ?
Il est arrivé et il s’est dit : “tiens, mais c’est Metz la nuit”. Et donc, là, on a un décor qui a été pensé à partir de photos, qui est une création pour le KIF, et il a essayé de tout symboliser.
Je ne sais pas ce que vous en pensez, parce que c’est une vision de quelqu’un qui voit la nuit… vous reconnaissez votre cathédrale ? Et puis, il a essayé de mélanger et de recréer une perception qui est à la fois issue de la vidéo et de la création, aussi, parce que je pense que toutes ces œuvres l’ont saisi.
Est ce qu’on peut voir ? Il y en a deux, il y en a aussi avec la cathédrale, c’est un mouvement… Et donc là, pour le coup, on est dans la XR, on est avec un système de tracking. Ces images sont absolument numériques et je pense que c’est aussi, on l’a vu, notamment avec The Man Factory, on va avoir de plus en plus des créations urbaines.
Patrick Thil : Je n’en parle pas, parce que c’est mes collègues qui suivront qui parleront de cet aspect économique, mais il faut dire que culture et économie ont toujours été liées. Pourquoi à un moment Athènes, après Rome, à un moment Berlin, après Paris ?
C’est souvent parce qu’on rencontre. Il y a cette conjonction entre l’économie, le pays, la richesse et les artistes.
Alexandre Michelin : La valeur, la création de valeur ?
Patrick Thil : Absolument.
Alexandre Michelin : Et la création tout court.
Patrick Thil : Et ça se suit. Et c’est vrai qu’on a connu une période, notamment dans les années 60-70 – je pense notamment à l’architecture – où on a un peu oublié cette collaboration entre les arts, mais aussi la reconstruction et les artistes.
On redécouvre aujourd’hui la Samaritaine, qui est quand même un joyau aussi, où les Arts Déco étaient et étaient présents dans le quotidien des gens.
L’Ecole de Nancy, vous voyez – je suis médecin, j’en parle – c’est aussi cette conjonction là, et je crois que cela a été aussi à Metz, évidemment, avec ce qu’on appelle l’école de Metz.
Présentateur : Alexandre Michelin Intervenants : Patrick Thil (adjoint au maire de Metz en charge de la culture)
Alexandre Michelin : Je voulais aussi parler de ce que tu as fait, avant qu’on parle plutôt économie – mais c’est aussi le rôle du KIF, de montrer la valeur des choses et leur valeur marchande et/ou économique et culturelle – sur ce que toi tu as fait avec le dôme, parce que c’est comme ça qu’on s’est rencontrés.
Il y a un dôme géodésique, dont la ville, d’ailleurs, est partie prenante, dans un modèle absolument original qui est d’ailleurs à côté de l’opéra.
Il faudrait qu’on montre les photos de l’intérieur du dôme, parce que c’est extrêmement spectaculaire dans toute la réflexion sur l’immersion… je pense qu’on réussira à le faire l’année prochaine, j’espère.
On avait aussi… on est tombés devant ce dôme où les gens sont couchés, et voient sur un dôme…
Tu peux nous expliquer, toi, l’architecte et le plasticien, ce qui s’est passé avec ce dôme ?
Jérémie Bellot : On a créé, finalement, une forme de planétarium nomade, sur une base de structure géodésique.
L’enjeu pour nous, c’était de vraiment développer un écran le plus lisse possible. Donc on a développé un système qui s’appelle “negative pressure”, donc on aspire l’air entre la couverture extérieure et l’écran intérieur.
Alexandre Michelin : Si tout est courbé, c’est parce qu’on est à l’intérieur d’un dôme, comme un planétarium ?
Jérémie Bellot : Voilà, c’est ça. C’est facetté par l’extérieur, et à l’intérieur c’est un écran qui, lui, est pressurisé, donc ça permet d’avoir la surface la plus lisse possible, et surtout un objet très compact au moment du démontage et du remontage.
Alexandre Michelin : Voilà, l’architecte, aussi, parle. Et c’est un objet qui permet donc des projections. En 180 ?
Jérémie Bellot : 180. On va même jusqu’à 200. Entre 180 à 200, ça dépend des projets, évidemment, puisqu’on peut changer notre notre courbe horizontale.
Mais on est en 360*180, on va dire, de base.
On descend assez bas par rapport aux planétariums. Nous, notre enjeu, c’est vraiment d’aller le plus bas possible pour avoir une immersion…
Alexandre Michelin : Tellement bas que les gens sont sur des coussins.
Jérémie Bellot : Tout à fait. On allonge les gens.
Alexandre Michelin : Donc avec le covid ça a été compliqué, j’imagine, de respecter…
Jérémie Bellot : Oui, alors on est sur des jauges réduites, mais on a réussi…
Alexandre Michelin : C’est-à-dire, quelle est la jauge actuelle ?
Jérémie Bellot : Je ne sais plus exactement, parce que ça se modifie…
Alexandre Michelin : Mais la jauge originale, elle était de ?
Jérémie Bellot : La jauge originale, on met quasiment 100 personnes.
Alexandre Michelin : Donc il y a 100 personnes qui sont couchées, – il faut imaginer la scène, quand même – dans des très beaux Fatboy. Et puis ils ont la tête dans les étoiles, sauf qu’au-dessus, on voit ce… et là on voit des œuvres. Et on peut même voir des films.
Donc moi, je suis vraiment… je pense que c’est sans doute une des formules qui permettra au numérique de devenir très populaire.
C’est comme une projection, sauf qu’on est couché.e, on est très détendu.e.
Je ne sais pas si la photo permet de le montrer, parce que là t’as mis en valeur l’œuvre, mais on voit les gens qui sont couchés, complètement hypnotisés. Et là aussi, sans casque. Ils sont pris, en fait, emmenés dans…
Jérémie Bellot : On est vraiment dans une logique d’immersion collective. Alors il y a des projets VR qui développent ça aussi, mais c’est vrai que moi, c’est plutôt répulsif de mon côté sur la question des casques casques VR, mais en fait, c’est plutôt quelque chose qui m’a motivé dans le développement de cet outil-programme, on va dire.
Et puis, du coup, on travaille avec des gens qui font partie de l’industrie VR pour l’adaptation de contenus…
Alexandre Michelin : Avec Cédric Bonin, qui sera présent cet après-midi
Jérémie Bellot : Avec Cédric Bonnin, avec Diversion Cinema, aussi.
Alexandre Michelin : Donc vous prenez des œuvres qui ont été faites pour la VR, et puis vous les adaptez pour qu’on puisse les voir en 180.
Jérémie Bellot : En 180, et avec les mouvements de caméra qui permettent aussi de voir la sphère 360-360 avec différents points de vue, et puis de partager ses émotions en direct.
Alexandre Michelin : La chose la plus extraordinaire, parce que la VR c’est un acte assez isolé, on peut être connecté avec des gens, mais on le vit tout seul, alors que là on vit de l’immersion, collectivement… Un peu les premières émotions des gens qui voyaient le cinéma : ils voyaient arriver un train, ils étaient stupéfaits.
Patrick Thil : Mais c’est intéressant aussi de dire “qu’est ce qui est projeté ?”. Et ce qui est projeté, c’est de l’architecture.
Il est modeste, mais c’est de l’architecture, et c’est de l’architecture recomposée à partir, je dirais, de notre volonté d’être un peu international aussi, puisqu’on va retrouver des monuments messins restructurés, etc., et des monuments du Québec.
Ce qui me permet de dire que ça, c’est un peu la dimension aussi de Metz-ville Créative UNESCO, en matière musicale, bien entendu, mais la musique rejoint aussi la littérature, l’architecture, etc.
Alexandre Michelin : C’est la première immersion.
Patrick Thil : Et ça, c’est aussi intéressant d’avoir cette confrontation entre l’Opéra du Québec et celui de Metz, entre des cathédrales différentes…
Jérémie Bellot : C’est le voyage, parce qu’on est vraiment un voyage, il y a un scan lidar.
Là, par exemple, c’est sur un projet qui s’appelle “Métabolismes Utopia”. C’est un projet sur les architectures utopistes japonaises, donc du mouvement, métaboliste, qui ont été reconstitués à l’intérieur du dôme pour, finalement, voyager dans les projets utopistes, donc recréer, finalement, à partir des maquettes, des planches des architectes, des utopies, et permettre de voyager dans ces utopies.
Et je rebondis sur ce que disait Patrick. On a, du coup, sur le projet qui est actuellement présenté sur la place de la comédie, un scan lidar qui a été fait de la cathédrale, également du parvis de l’Opéra à Montréal, et également à l’intérieur, dans la salle de l’Opéra, à Metz, qui nous permet d’ailleurs de traverser un rideau en nuage de points sur le plan final du projet.
On est vraiment dans cette hybridation d’architecture, et puis en même temps on rentre dans le nuage de points de la cathédrale, c’est très fort, c’est assez intense, et puis les artistes ont travaillé sur cette métamorphose, on a vraiment quelque chose d’assez organique.
Donc c’est quelque chose à découvrir. Et puis on voit bien la fusion des technologies, c’est-à-dire qu’on a d’un côté de la captation 360, du scan lidar, l’intégration du scan lidar dans un environnement 360, et puis, finalement, le dôme qui vient restituer ces images et les présenter à travers une œuvre d’art.
Alexandre Michelin : C’est magnifique. Il faut vraiment le vivre, là aussi. Moi ça m’avait surpris.
On avait été dans le dôme, à l’atelier où tu organises des projections privées pour ta fille, mais j’avais eu une projection privée, et où je suis resté… on a la tête ailleurs. Ça capte, et ça prend l’attention. Et comme, en plus, on est en position relaxe, en fait on oublie tout, c’est une vraie séance d’hypnose…
Jérémie Bellot : On a fait des projets avec de l’hypnose, aussi, dedans.
Parce qu’on a un son spatialisé, donc en 6.1, mais qu’on peut augmenter, évidemment.
Et puis là on est en train de travailler sur sur l’axe Z, pour commencer à monter des enceintes un cran au-dessus pour commencer à rentrer un peu dans la 3D, comme c’est le cas sur le dôme de la Satosphère, la salle de Montréal, avec qui on travaille d’ailleurs et qui…
On présentera, en collaboration avec la salle de Montréal, ce week-end, une série de courts-métrages qui s’appelle “Sad Fest” ce soir et demain soir sur la place de la Comédie pour augmenter le programme dans le cadre de la clôture, et surtout renforcer ce partenariat qu’on peut avoir avec la Société des arts technologiques de Montréal depuis plusieurs années maintenant
Présentateur : Alexandre Michelin Intervenant : Patrick Thil (adjoint au maire de Metz en charge de la culture) Jérémie Bellot (artiste plasticien, curateur du festival Constellations
Jérémie Bellot : La question du flux, elle est très importante, c’est très intéressant ce que tu soulignes, c’est à dire qu’on a le sentiment, même en permettant l’accès à des œuvres à l’intérieur des lieux, que ces lieux sont ouverts sur la rue.
Alexandre Michelin : Ah oui ?
Jérémie Bellot : C’est-à-dire qu’on a quand même énormément d’espaces qui sont indoor, mais qui sont ressentis par le public comme ouverts. Lorsqu’on a ces grandes portes de l’église des Trinitaires qui sont ouvertes avec l’œuvre au fond, finalement, on est dans une déambulation sur l’espace public.
On est dans une expérience nouvelle de la ville, piétonne, avec des installations extérieures et intérieures, mais on a le sentiment que tout ça ne fait qu’un et que tous ces lieux, finalement, font partie de la rue, et c’est très important, c’est très intéressant que tu le soulignes.
Patrick Thil : Et donc ça rejoint, Jérémie, qui est architecte, ça rejoint le premier art qui est l’architecture. Autrement dit, cet art numérique, qui est sans doute un des derniers, bien après le neuvième, je ne sais pas quel numéro on pourrait lui donner, rejoint le premier art dans ce qui est directement disponible par le public.
L’architecture, et bien on se promène et on découvre l’architecture, et là, c’est un petit peu pareil. Et puis, je le signale parce que je trouve ça très drôle, vous savez, tout le monde a le cloud, on dit toujours “tiens j’ai mes photos sur le cloud”. Ben le cloud, il est à Metz.
Alexandre Michelin : Ah ben le voilà, le cloud
Patrick Thil : Le voilà ! Il est à l’opéra. Donc tout le monde peut voir enfin ce cloud dont on entend parler, qu’on ne voit jamais. Voilà, c’est un peu une plaisanterie.
Alexandre Michelin : Non, mais parce qu’en plus, on voit bien ce que vous disiez : il y a l’architecture classique de l’opéra, la magnifique perspective italienne dont vous parliez tout à l’heure. C’est le premier opéra de France ?
Patrick Thil : C’est le surtout le plus vieux, le premier, qui est apparu en 1752, avant Bordeaux et Versailles, qui sont les trois opéras du XVIIIᵉ siècle, ce qui est très rare. Vous savez, les opéras sont plutôt construits au XIXᵉ et au XXᵉ siècle.
Alexandre Michelin : Et vous êtes le président de l’Association des opéras de France, donc vous êtes un passionné.
Patrick Thil : Je les connais pratiquement tous. Donc, c’est naturellement celui là qui est le plus intéressant.
Alexandre Michelin : Bien sûr. Et donc là, dire “on va mettre un nuage sur l’opéra”, c’est quand même assez fort, vous jouez avec les symboles…
Patrick Thil : …le plus moderne, celui de l’iPhone, celui de tout notre enregistrement, de toutes nos photos, nos vidéos, etc., dans ce fameux cloud, et bien c’est assez amusant de le trouver ici, à côté de cette architecture du XVIIIᵉ siècle.
Alexandre Michelin : Et donc, on arrive sur la place, et puis on voit souvent des gens… parce quand on le voit, il y a comme des gouttes de pluie et donc les gens viennent en dessous se photographier.
Patrick Thil : Ils tirent les gouttes de pluie et ils peuvent allumer ou éteindre toute cette…
Alexandre Michelin : …cette installation.
Présentateur : Alexandre Michelin Intervenants : Patrick Thil (adjoint au maire de Metz en charge de la culture) Jérémie Bellot (artiste plasticien, curateur du festival Constellations)
Patrick Thil : Le numérique n’implique pas le froid ou la distanciation. Au contraire, on crée de l’émotion. Le numérique, finalement, c’est un nouvel instrument de travail.
Alexandre Michelin : Oui, les nouveaux pinceaux.
Patrick Thil : Oui, moi j’appelle ça le stylo, quelquefois, ou le pinceau.
Et comme on s’est intéressés à la littérature ou aux livres après la révolution de Gutenberg, on est à peu près, sinon plus, dans une révolution aussi importante pour l’humanité que lorsqu’est arrivé l’écrit imprimé.
Et on regardait l’écrit imprimé parce que c’était tout à fait nouveau, mais derrière ça, il y a les œuvres littéraires. Et bien là, il y a les œuvres artistiques.
Et je crois que ça n’efface pas l’artiste, au contraire, ça le révèle.
Alexandre Michelin : Cette photo là… Beaucoup de gens m’ont parlé de cette œuvre, des gens de l’équipe qui ont déambulé hier soir dans Metz, notamment Stan Walbert, qui est notre créateur et partenaire de beaucoup des décors qu’on voit autour de nous. Qu’est-ce que c’est ?
Jérémie Bellot : Alors c’est une œuvre cinétique. C’est une œuvre que j’ai proposé à Petr Vacek et Adam Cigler… je leur ai proposé de s’installer au sein de cette église des Trinitaires.
Pourquoi ? Parce que vraiment, c’est un espace qui est magnifique, avec des ouvertures très singulières et puis une morphologie bien particulière.
Tout à l’heure, on parlait du rapport qu’on peut avoir aux arts technologiques. C’est vrai que nous, on n’est pas dans une ode à la technologie ni à l’innovation à tout prix, il y a certains dispositifs qui sont presque low-tech.
Là, c’est des petits servomoteurs qui contrôlent des miroirs, c’est très complexe dans la mise en œuvre et dans la création du logiciel, mais avant tout il y a la question du propos.
Alexandre Michelin : Alors quel est le propos ?
Jérémie Bellot : Alors il y a une réflexion, évidemment, autour de la thématique de l’eau dans l’espace. Et puis eux, ils ont raconté une histoire, celle d’un voyage, de passer par un stade où ils sont au bord d’un étang, avec des ondulations.
Alors, je ne peux pas le raconter à leur place…
Alexandre Michelin : Ah ben c’est impossible, la narration des artistes on ne peut pas les remplacer.
Jérémie Bellot : Surtout, il y a des passages que j’ai compris vraiment après l’explication, notamment sur un rapport à la pluie, aux ondulations. Et du coup, on comprend mieux, aussi, ces chutes, des petits mouvements ondulatoires sur la sculpture.
C’est magnifique, ça crée vraiment une déconstruction. On est vraiment dans la déconstruction de l’architecture, et en même temps on a cet objet qui est très fort, puisqu’il est placé là, dans cet ancien coeur, en lieu et place de l’hôtel, et on a eu la bonne surprise de voir que la structure globale de la sculpture prenait exactement l’emprise au sol de la dalle qui accueillait l’hôtel, donc ça c’était un signe vraiment d’une intégration parfaite dans le lieu.
Présentateur : Alexandre Michelin Intervenants : Patrick Thil (adjoint au maire de Metz en charge de la culture) Jérémie Bellot (artiste plasticien, curateur du festival Constellations)
Jérémie Bellot : Ce qui est intéressant aussi, c’est la dynamique autour de cette cathédrale. Evidemment il y a le mapping, donc la projection vidéo, et puis il y a aussi une mise en place d’un système de lumières automatisé, donc on a vraiment une dimension, je dirais, dynamique et, surtout, la 3D du bâtiment est révélée par la lumière artificielle qui est posée dans des interstices, dans les contreforts, dans des lieux très subtils. Ça donne vraiment une autre dimension.
Alexandre Michelin : La cathédrale a huit siècles, et là, tout d’un coup, on dirait un vaisseau spatial, quoi.
Patrick Thil : Ben c’est-à-dire que, par exemple, la rosace, on la prend dans la figure, si vous voulez.
Alexandre Michelin : D’ailleurs c’est toujours frustrant à voir en photo ou en vidéo, parce qu’on dit toujours : “mais en fait, j’ai vu autre chose.”
Jérémie Bellot : Il a le phénomène d’anamorphose qui est important, notamment sur Morphosis, puisqu’il a décidé – alors ça marche plus ou moins bien en fonction des points de vue -, mais il a décidé vraiment de travailler cette question de l’anamorphose. Et comme le disait très justement Patrick, d’avoir… alors il y a un point de vue qui marche vraiment très bien, comme toujours quand on est dans une 3D, on n’a pas la technologie qui est ici, qui nous permet d’avoir le changement de perspective automatisé. Donc on a vraiment un point de vue axial qui marche très très fort, notamment quand on est en contre-plongée.
Alexandre Michelin : Donc là, ça c’est une autre installation.
Jérémie Bellot : Oui, en partenariat avec la région. Ce qui est intéressant, c’est d’occuper ces deux espaces à l’hôtel de région.
C’est une rencontre entre un artiste strasbourgeois et puis un duo de musique électronique messin.
Ce qui est intéressant avec cette rencontre, c’est justement l’enjeu du projet. Deux artistes qui ne travaillaient pas ensemble, j’ai décidé de les faire se rencontrer autour d’un projet, en plus qui fait sens puisqu’on est à l’hôtel de région.
Et ils ont livré une œuvre de très grande qualité, sur un artiste qui est vraiment un artiste émergent.
Donc c’est aussi ça, Constellations, c’est la possibilité de se faire rencontrer des gens qui ont une carrière dans les arts technologiques ou les arts numériques, et puis d’autres qui sont des artistes émergeants.
Et nous, on a un devoir, en tant que collectivité aussi, de pousser ces artistes à créer.
Alexandre Michelin : Ça c’est un point, aussi, extrêmement important.
Patrick Thil : Et la région… j’étais conseiller régional jusqu’à il y a très peu de temps, puisque je n’ai pas souhaité me représenter.
Et dire, par exemple, l’œuvre qu’on voit actuellement à l’écran, c’est une œuvre qui est achetée par la région et qui est mise en perspective dans ce très beau cloître, du coup classique, du coup du XVIIᵉ siècle.
Et c’est extrêmement intéressant, parce que ça permet aussi à la région Grand Est de faire ensuite circuler cette œuvre.
Alexandre Michelin : Donc, c’est une collection qui est en train de se déployer dans toute la région.
Patrick Thil : Et qui ensuite se déploie dans toutes les villes de la région Grand Est.
Présentateur : Alexandre Michelin Intervenants : Patrick Thil (adjoint au maire de Metz en charge de la culture) Jérémie Bellot (artiste plasticien, curateur du festival Constellations)
Patrick Thil : Il y a deux parcours de jour (diurnes), qui sont extrêmement intéressants, avec des artistes qui, là aussi, font des projets et les installent.
On a d’abord un parcours “Art et Jardin”, avec des œuvres assez stupéfiantes, qui revisitent l’architecture. J’en veux pour preuve cette porte des Allemands qui est assez emblématique, où on a l’impression que ça devient un château de fées, de fées magnifiques d’ailleurs.
Alors certains imaginent que le Graoully, qui est un peu notre personnage emblématique, vit aujourd’hui là-dedans avec ses griffes, etc. Donc ça, c’est intéressant.
On a “Metz toi au vert” aussi, mais “mets” c’est “M-E-T-Z”, c’est-à-dire “Metz toi au vert”, qui est installé sous forme végétale sur les remparts militaires, c’est quand même un sacré changement. Et je dirais que tout ce parcours existe, c’est ce qu’on appelle “Art et Jardin”.
Et puis, il y a aussi un autre parcours qui est le “Street Art”. Je trouve que c’est une forme d’art qui a acquis ses lettres de noblesse. On ne le sait pas assez en Europe et notamment en France.
Venu évidemment de la contestation américaine, d’abord c’est un mouvement, mais qui a ses lettres de noblesse, je dirais. De grands artistes français se sont intéressés à cette forme d’art, au point où quelquefois on déménage les murs d’ailleurs, pour les mettre dans les musées, c’est tout dire. On y perd un peu sa fonction du coup.
Et ce parcours “Street Art” est néanmoins relié à cet aspect numérique puisque nous disposons sur nos smartphones, etc., d’applications qui permettent de voir autrement ce parcours “Street Art” et ce qu’on appelle la réalité augmentée, et l’œuvre, du coup, prend un autre aspect.
Présentateur : Alexandre Michelin Intervenant : Patrick Thil (adjoint au maire de Metz en charge de la culture)
Langues »
« Le respect de votre vie privée est notre priorité
Nos partenaires et nous-mêmes exploitons différentes technologies, telles que celle des cookies, et traitons vos données à caractère personnel, telles que les adresses IP et les identifiants de cookie, afin de personnaliser les publicités et les contenus en fonction de vos centres d’intérêt, d’évaluer la performance de ces publicités et contenus, et de recueillir des informations sur les publics qui les ont visionnés. Cliquez ci-dessous si vous consentez à l’utilisation de cette technologie et au traitement de vos données à caractère personnel en vue de ces objectifs. Vous pouvez changer d’avis et modifier votre consentement à tout moment en revenant sur ce site. »Acceptez