Qu’est-ce qui fait de Montréal une capitale créative si forte ?

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Michael Couzigou : C’est vrai que Montréal est une capitale créative, et ça s’explique par plusieurs, finalement, phénomènes. Il y a eu une volonté politique de la part du Québec, du gouvernement du Québec, d’investir dans ces ces industries. 

Donc il y a eu toutes sortes de dispositifs, très tôt, dès les années 80-90, pour favoriser notamment l’investissement dans les industries créatives. Et quand je dis industries créatives, c’est ça qui est important, c’est toutes les industries entre guillemets “culturelles”.

Que ce soit la musique, le cinéma, le théâtre, le multimédia, il y a eu des investissements publics assez forts, et aussi le Québec, de par son histoire, souhaite aussi créer une immigration et faire venir des talents du monde entier. 

Et donc Montréal est devenu un espèce de hub créatif, notamment en 1998 avec la création du Quartier du Multimédia où là, la puissance publique a vraiment financé la rénovation et la réhabilitation de tout un quartier qui était sinistré, industriel, à Montréal et qui est devenu un hub créatif très important.

Il y a le Quartier des Spectacles, que vous devez certainement connaître, aussi à Montréal, et qui est aussi connu dans le monde entier pour toutes les productions et le nombre de productions de spectacles vivants.

Et puis il y a eu l’arrivée, grâce à des dispositifs, aussi d’avantages certainement fiscaux, l’arrivée d’entreprises, notamment comme Ubisoft qui s’est installée à Montréal, d’autres studios de création.

Et puis, évidemment, le Cirque du Soleil, qui est un très gros employeur et réalisateur de contenu.

Et je dirais que la force de Montréal, peut-être par rapport à la France, par rapport à Paris, c’est que tous ces domaines d’activités artistiques sont décloisonnés. Et dans une petite ville comme Montréal, qui est très grande, beaucoup plus grande que Paris mais qui a quand même moins d’habitants que Paris, dans cette petite ville finalement, les artistes se retrouvent à discuter ensemble. 

Il y a un décloisonnement entre par exemple le monde du cinéma, le monde de la musique, le multimédia. Les gens se retrouvent finalement sur un plateau ou sur des projets ensemble, ça crée des compétences qui sont quand-même assez uniques.

Et moi, en arrivant chez Moment Factory, j’ai pu mesurer aussi le haut niveau de compétences des employés chez Moment Factory, leur jeune âge… donc c’est des gens qui sortent de l’université ou des écoles qui sont spécialisés dans le multimédia.

Il y a un système de Cégeps aussi qui existe, donc c’est du post-universitaire. On a des formations qui sont vraiment dédiées à des métiers, au multimédia, peut-être beaucoup plus qu’en France.

Donc, en fait, vous avez ce mélange d’investissements publics, ces compétences d’étudiants, d’écoles. Vous avez un écosystème qui a été favorisé grâce à l’arrivée de nombreuses entreprises, studios de création, agences publicitaires. 

Vous avez un dispositif aussi, un organisme qui s’appelle la SODEC, qui est la Société de Développement des Entreprises Culturelles, qui est une émanation du ministère de la Culture et de la Communication du Québec, qui est une agence de développement.

Présentateur : David Abiker (Journaliste pour le KIF)

Intervenant : Michael Couzigou (Producteur chez Moment Factory)

 Exemple d’une réalisation de Moment Factory : le AT&T Discovery District

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Vidéo : AT&T and global architecture firm Gensler enlisted Moment Factory’s creative and technical teams to reimagine the AT&T Discovery District in downtown Dallas. 

This one of a kind plaza was redesigned to reflect the mood and energy of the community with dynamic media architecture that leverages art, light, sound and technology.

A 104 foot media wall towers as the focal point of the district, providing a high definition canvas for a variety of cinematic experiences. 

Behind the scenes, a custom made technology platform centralizes the content management system and shows controls and connects the media wall with the LED line trellis and interactive glow.

This innovative network empowers AT&T to activate individual elements or synchronize the full orchestration of video content, light and music to transform the plaza into a fully immersive digital ecosystem. 

Evolving over a 24 hour period, high impact and ambient visualizations offer moments of collective enjoyment, relaxation and exploration.

Through a partnership with Epic Games, our teams were able to unlock the potential of the unreal video game engine, opening up endless narrative portals for discovery. 

Wind and solar data powers a rendering of a vibrant neighborhood that inspires onlookers to imagine how natural energy can be used to transform cities by approaching data as a storytelling tool.

We can create generative multimedia content, based on real time inputs, fuzing physical and digital worlds together, blurring the boundary between real and unreal. The facade shifts into moving blocks, morphs into a colossal digital statue and voyages through space on currents of solar, wind data. Creating ever evolving content.

In the evenings, a digital dance performance takes over the square with sequences that explore the complex relationship between humans and technology. Each journey gives a subtle nod to AT&T history and future. 

One district. Endless discovery.

Présentation de Moment Factory

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Michael Couzigou : Moment Factory, c’est un studio de création numérique basé à Montréal qui existe depuis 20 ans, qui a été fondé en 2001 par Sakchin Bessette et Dominic Audet.

Alors, Moment Factory c’est une histoire un peu drôle, parce que, d’abord, c’est la rencontre entre Sakchin et Dominique, qui évoluaient plutôt dans le domaine des soirées électro et du VJing, donc de la création d’images lors de soirées électro. Et ils ont commencé par monter un petit studio de production pour ces images lors de ces soirées-là. 

Et puis, c’est surtout la rencontre avec d’autres professionnels, d’autres entreprises, notamment le Cirque du Soleil, qui va véritablement faire naître Moment Factory. Et le Cirque du Soleil va demander notamment plusieurs fois à Moment Factory de les accompagner dans la production visuelle scénographique de différents spectacles. 

Donc Moment Factory a vraiment connu une explosion grâce à cette rencontre aussi avec le Cirque du Soleil et d’autres et d’autres professionnels du domaine du divertissement.

David Abiker : Quelques exemples de superproductions dont vous êtes l’auteur, ou le responsable, avec Moment Factory ?

Michael Couzigou : Alors Moment Factory, effectivement, c’est un studio qui travaille sur le monde entier en fait. Même si le bureau est là, le bureau principal est à Montréal, on a un bureau à Paris, on a un bureau à Tokyo, un bureau à Singapour. 

Donc le spectre d’intervention de Moment Factory est très large. On va par exemple intervenir dans des aéroports, sur des lieux publics. On va essayer de créer des contenus immersifs numériques qui vont interpeller le public sur la place publique.

On va aussi intervenir dans des parcs à thème, on va créer des contenus pour des parcs à thème. On va aussi intervenir sur des tournées d’artistes, dans le cadre de shows de concerts. On a travaillé avec Muse, Arctic Monkeys et Madonna. On a fait, il y a quelques années, la mi-temps du Superbowl ou de très grosses productions comme ça, événementielles.

Et puis on va intervenir dans d’autres secteurs, notamment plus culturels on va dire, dans des musées. On va travailler sur de la muséographie, de la scénographie. 

Et puis, depuis quelques années, Moment Factory a développé ses propres ce qu’on appelle formats, donc ses propres concepts créatifs, numériques et artistiques. Et donc, on a ces fameux parcours de lumières qu’on appelle Lumina. Des parcours lumineux en pleine nature, qui permettent aux gens de découvrir un espace naturel d’une manière artistique, en mélangeant art numérique et espaces naturels. 

On a aussi d’autres formats, comme les AURA. Celui de la Basilique Notre-Dame de Montréal a été un vrai succès. Donc c’est un spectacle qui va magnifier l’architecture de la cathédrale. C’est un vidéo mapping, on va dire, mais intérieur, avec tout un spectacle. 

J’avais envoyé une petite vidéo, je ne sais pas si on pourra la lire. Mais qui présente justement le concept d’AURA, et comment les équipes travaillent derrière sur ce type de concept.

Donc en fait, Moment Factory est à même aujourd’hui de créer des formats sur mesure, de pouvoir les implanter dans le monde entier. 

On a participé il n’y a pas très longtemps, en plein lockdown, notamment en Australie, à un festival numérique à Adélaïde, où on a envoyé des équipes, on a travaillé avec des locaux qui ont pu faire la jonction entre les équipes de Montréal et l’Australie. Et on a pu participer à ce festival à Adélaïde, un festival numérique. 

Voilà, on peut développer des équipes dans le monde entier. C’est vraiment, je dirais, la force de Moment Factory.

Présentateur : David Abiker (Journaliste pour le KIF)Intervenant : Michael Couzigou (Producteur chez Moment Factory)

Comment Audiens soutient la filière de l’immersion ?

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Frédéric Olivennes : Les entreprises du secteur de la culture et des médias dont s’occupe Audiens – je dirai un mot de ce qu’est Audiens, parce que tout le monde ne connaît pas Audiens je pense, loin s’en faut -, elles conjuguent toujours des talents. 

Là, il y a des professionnels de santé, mais quand on fait de la télévision, il y a aussi des gens qui font du commerce, des artistes, des créateurs, des techniciens, il y a des gens qui gèrent, des administrateurs.

Donc, ce qui est particulier au secteur culturel ou au secteur audiovisuel ou aux médias… alors dans le monde des médias, il y a aussi les journalistes, certains sont salariés permanents de leur média, d’autres sont indépendants, journalistes rémunérés à la pige. 

La particularité, c’est d’avoir… donc se croisent des personnes qui ont un statut de salariés permanents dans une entreprise et d’autres qui, au contraire, sont dans l’indépendance.

Et je crois qu’aujourd’hui l’immersif, c’est aussi la rencontre entre des structures, des entreprises, des entrepreneurs et puis des compétences, des talents dont certains vont être intégrés dans les écosystèmes, dans l’entreprise, salariés, et d’autres vont être des indépendants. 

Et c’est vrai qu’Audiens, historiquement, est un groupe qui s’est occupé, dans son métier qui est un métier de protection sociale – j’y reviendrai peut être après – à la fois de couvrir et de protéger les permanents qui, pour certains, dans les secteurs qui sont ceux encore une fois de la culture et des médias, peuvent avoir des parcours un peu spécifiques, changer un certain nombre de fois d’entreprises, souvent voire beaucoup plus souvent que dans des secteurs plus traditionnels ou classiques que peuvent être la banque ou d’autres – ça pose un certain nombre de questions, derrière, sur la protection sociale. 

Et puis s’occuper en particulier des professions indépendantes qui, historiquement, forment, constituent l’écosystème de talents et de compétences de la culture et des médias : les intermittents du spectacle. Une partie d’entre eux sont des artistes, d’autres des techniciens. Et puis les journalistes rémunérés à la pige. 

Et ça, ça induit des techniques, des mécanismes qui sont très spécifiques et le fait d’avoir géré au sein d’Audiens, d’avoir construit au sein d’Audiens, ces mécanismes de protection ont rendu service à ces filières. 

Et je crois que donc que dans l’immersif on va retrouver avec des compétences nouvelles et des statuts – sans doute pour certains différents – on va retrouver la même nécessité de concilier des compétences différentes dans les écosystèmes des salariés permanents, des travailleurs indépendants, et la nécessité d’offrir un continuum, des solutions pour ces carrières, pour ces talents et aussi pour leurs employeurs, pour les entrepreneurs. 

Donc, c’est, je crois, le service que peut rendre, que pourra rendre Audiens.

Présentateur : David Abiker (Journaliste pour le KIF)

Intervenant : Frédéric Olivennes (Directeur Général du groupe Audiens)

Quelle organisation humaine est nécessaire autour d’un projet immersif ?

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Nicolas Schaettel : Moi, je dis toujours que quand on crée une entreprise, ou qu’on la développe, quel que soit son stade – parce que j’ai travaillé dans des grandes entreprises aussi -, finalement, l’équipe, le facteur humain, c’est ce qui fait, en tout cas pour moi, la richesse, le plaisir de travailler ensemble et de construire quelque chose ensemble.

C’est aussi vrai dans l’immersif, et c’est vrai chez HypnoVR. Donc nous, très clairement aujourd’hui, on a besoin de plusieurs types de compétences. 

On a besoin de compétences dans le domaine de l’immersion, pour construire les expériences. On a besoin de compétences dans le domaine médical, pour à la fois faire de la recherche et développement et faire des études cliniques. Et puis, on a besoin de compétences dans le commerce parce qu’effectivement, on reste une entreprise. Et si on veut qu’elle se développe, si on veut atteindre un objectif de disponibilité, il faut aussi qu’il y ait un résultat économique derrière. Donc c’est tout à fait naturel. 

Ce qui est, pour moi, absolument essentiel, c’est de trouver les meilleurs talents dans chaque domaine. Et puis aussi derrière, d’être capable de fédérer ces talents autour d’un projet commun, de valeurs communes, et puis dans un projet qui a du sens.

C’est-à-dire que chez HypnoVR on n’oublie jamais, quel que soit le domaine, que ce soit un développeur logiciel, un artiste 3D, un ingénieur en neurosciences ou un commercial, on n’oublie jamais pour qui on le fait. On le fait toujours pour des patients et pour leurs médecins.

Et je crois que c’est cette dynamique de fédérer des talents extrêmement divers et extrêmement variés autour d’un but commun, c’est aussi ça qui permet au final d’avoir une expérience immersive qui soit la plus adoptée possible.

Présentateur : David Abiker (Journaliste pour le KIF)

Intervenant : Nicolas Schaettel (Fondateur et CEO de HypnoVR)

Présentation de HypnoVR

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Nicolas Schaettel : L’histoire d’HypnoVR, c’est véritablement la rencontre du monde de la technologie et puis de deux médecins anesthésistes, le docteur Graff et le docteur Chauvin, qui utilisent depuis plus d’une quinzaine d’années l’hypnose médicale au bloc opératoire pour traiter la douleur et l’anxiété.

Le principe de l’hypnose médicale – rien à voir avec Messmer ou l’hypnose de spectacle, donc les gens dans la salle ou sur Internet n’ont rien à craindre, ils ne vont pas faire des choses bizarres en nous regardant ou en nous écoutant.

David Abiker : Alexandre Michelin, j’ai ton passeport. 

Nicolas Schaettel : Le principe de l’hypnose médicale est finalement très simple, et bien connu depuis de nombreuses années, c’est tout simplement d’amener les patients dans un monde de confort et de sécurité qui est le leur et qui est, du coup, dans le milieu hospitalier, généralement très éloigné du monde de stress et de douleur dans lequel ils sont. 

Donc l’idée, quand on s’est rencontré avec le docteur Graff et le docteur Chauvin, était assez simple, c’était : est-ce qu’on arrive, en combinant une technologie, un logiciel qui s’appuie sur les techniques de l’hypnose médicale, et une technologie immersive, en l’occurrence celle de la réalité virtuelle, a finalement plonger les patients dans ce monde de confort et de sécurité qui est le leur, en s’affranchissant des contraintes classiques de l’hypnose en milieu médical, où il faut quelqu’un de formé spécifiquement, de disponible, etc. ?

Et ça a donné HypnoVR. Peut-être, avant de rentrer un peu dans le détail, je crois qu’on a une petite vidéo, si on peut la regarder.

David Abiker : On va se laisser hypnotiser. On va nous envoyer les images et vous pourrez, je pense, les commenter sauf si elles sont avec. Mais ce qu’il faut voir, c’est qu’effectivement, si on veut hypnotiser à l’hôpital – sachant qu’il y a des hypnotiseurs à l’hôpital depuis un siècle, ils ne commencent pas, ils sont reconnus depuis un certain nombre d’années -, mais vous l’avez dit, ça prend du temps, ce n’est pas complètement portable. 

Et pourtant il y a de multiples applications. Ce qu’il faut dire aussi, et vous le rappellerez tout à l’heure, c’est que cette technologie, vous avez décidé qu’on ne pouvait y accéder que via des circuits médicaux. Donc on ne la trouve pas à la Fnac ou dans les game stores ou je ne sais quoi. On va regarder ce qui se passe dans le casque et vous allez nous expliquer pourquoi c’est efficace. 

Vidéo HypnoVR

Mère de Camille : Camille a été hospitalisée au CHU de Strasbourg.

Camille M. : C’est une opération qui a duré 6h. C’est la suite de l’opération qui m’angoissait un petit peu, et la douleur que j’allais ressentir après cette opération. 

Mère de Camille : Elle a bénéficié de traitements classiques anti douleurs, mais au-delà de ça, elle a également bénéficié en complément de lunettes de réalité virtuelle.

Camille M. : Ça a permis de m’apaiser. Les douleurs étaient moins intenses, donc ça a nettement amélioré mon état. 

Docteur Sauer : C’est un bel outil, qui va d’ailleurs parmi les autres et en conjonction avec les autres. Une fois qu’on a écouté, qu’on a interagit avec le patient, nous on propose différents outils. 

Alors soit la forme hypnose classique, mais certains patients souhaitent être encore plus déconnectés, et notamment ce casque, avec l’immersion visuelle, permet de s’affranchir de tout l’environnement technique. On est clairement dedans, des échographes, des scanners ou des IRM, mais c’est un choix qu’on fait ensemble avec le patient.

Mère de Camille : Donc elle avait deux sens qui étaient mobilisés : et la vue et l’audition. Et ça a duré après, c’est-à-dire que ce n’était pas juste le temps de la séquence, ça continuait à produire ses effets pendant un certain temps.

Camille M. : Le casque de réalité virtuelle m’a permis de régler d’autres problèmes comme le stress, l’anxiété, que les médicaments ne peuvent pas régler. 

Docteur Sauer : Quand le patient est moins angoissé, on l’est moins nous-même, puisqu’il y a toujours l’interaction qui va avec. Donc on se met toujours dans des conditions favorables et on utilise tous les outils à notre disposition pour cela. 

Alors l’objectif, clairement, est aussi un objectif de résultat. Résultat global, avant tout humain pour le patient, mais aussi résultat qualitatif. Réussir mieux l’examen, réussir mieux la biopsie, avoir plus de réussite, c’est un ensemble et l’un ne va pas sans l’autre. 

Mère de Camille : Je me dis que demain, si je devais moi-même subir une intervention et si on me proposait des lunettes de réalité virtuelle, je le tenterais sans aucun doute. Ça a marché, on ne retiendra que ça. 

Nicolas Schaettel : Peut-être, si je peux rebondir sur deux ou trois éléments qu’on voyait dans la vidéo. Vous avez vu quelques extraits de l’expérience en tant que telle.

Je pense qu’évidemment là, on est dans un contexte où on est dans du soin, donc dans ce qu’on appelle la thérapie digitale. Donc véritablement, on utilise l’immersion pour un objectif qui est de soulager la douleur et l’anxiété. 

Donc évidemment, il y a une question-clé, en l’occurrence, sur laquelle reviennent le docteur Sauer et la maman de la patiente, c’est : “il faut que ça marche.”

Donc c’est vrai que nous on a eu toute une phase, quand on a développé HypnoVR où, pour montrer que ça marche, on fait des études cliniques. Alors on fait des études sur des séries, on démontre les résultats cliniquement et ça, c’est absolument essentiel.

Et vous le disiez tout à l’heure, c’est aussi pour ça que c’est destiné uniquement aux professionnels de santé à ce jour. Parce que derrière, c’est un outil qui est extrêmement puissant, qui ne permet pas de remplacer des hypnos-praticiens – petite parenthèse sémantique. 

Donc l’idée ce n’est pas de remplacer des gens qui sont formés à l’hypnose, mais c’est vraiment de leur permettre de démultiplier leur pratique, et en ça l’immersion vient vraiment compléter la pratique des médecins, leur donner accès à une technique qui sinon est contrainte, comme on le disait tout à l’heure, soit pour des questions de formation ou de disponibilité. 

Et ça, je crois que c’est aussi un point essentiel d’HypnoVR : toutes les expériences sont construites, chez HypnoVR, dans un seul but, c’est l’efficacité thérapeutique. 

On s’est toujours dit, quand on a démarré HypnoVR… évidemment il fallait que ce soit beau, mais il faut que ce soit beau pas pour être joli, il faut que ce soit beau pour être efficace cliniquement. 

Et ça, je pense que c’est aujourd’hui un élément important. C’est dans l’immersion, une fois qu’on a démontré aussi que ça fonctionne, donc que ça permet effectivement de soulager la douleur et l’anxiété, qu’on a démontré dans des études cliniques, il faut aussi que ce soit très largement disponible, pas que ce soit réservé à des happy few ou à un nombre restreint de patients.

Aujourd’hui, c’est une technologie qui est déployée, HypnoVR, dans plus de 200 établissements, en France mais aussi à l’étranger. Et pour ça, au-delà d’être efficace, il faut aussi que ce soit simple d’utilisation.

Présentateur : David Abiker (Journaliste pour le KIF)

Intervenant : Nicolas Schaettel (Fondateur et CEO de HypnoVR)

Présentation du parcours de Frédéric Olivennes

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David Abiker : Ce que j’ai oublié de dire, Frédéric Olivennes, c’est que vous n’êtes pas un homme de la mutualité, si j’ose dire, ou de l’assurance. 

Je rappelle un peu votre parcours, à la fois parce que vous êtes un peu le partenaire privilégié de ce KIF, ou en tout cas de cette table ronde, mais aussi parce que ça va éclairer votre prise de parole. 

Vous avez dirigé une radio – une radio chère à mon cœur – qui est Radio Classique. Vous avez dirigé une salle de concert, vous avez travaillé chez Weborama où, évidemment, vous vous êtes colleté avec les problématiques de data et de numérique, et aujourd’hui vous vous occupez du statut des professionnels des médias et de la culture. 

Donc, vous avez une vision à 360 qui va beaucoup nous aider, au même titre que celle de Nicolas qui vient d’autres univers, lui aussi, et qui a rencontré des technologies qui sont au cœur des problématiques de santé aujourd’hui.

Présentateur & intervenant : David Abiker (Journaliste pour le KIF)

Présentation de l’exposition TeamLab au Japon

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Frédéric Olivennes : J’ai eu la chance il y a deux ans d’emmener toute ma famille nombreuse – j’ai quatre enfants – au Japon. Et j’avais vu à Paris, à la Grande Halle de la Villette, l’expo TeamLab qui était présentée plutôt comme un concept d’artistes contemporains, même si c’était très sympa, ludique, et qu’il y avait plein de gamins qui couraient partout. 

Là, ce qui m’a frappé d’abord, c’est la déambulation dans les espaces du lieu TeamLab, parce qu’il y en a plusieurs au Japon dans lequel nous on avait pris nos places à l’avance – des places pas données au passage, surtout quand on est six. 

Et puis le fait que ce TeamLab là était dans un centre commercial. Et en fait on est à la croisée du divertissement et, effectivement, de la création artistique avec des interactions sur les murs… enfin ceux qui connaissent TeamLab connaissent le concept.

Et j’ai trouvé que c’était vraiment un moment très amusant. Chacun a fait son parcours, on a débriefé après en famille ce que chacun avait aimé le plus dans les différentes salles, et dans ce labyrinthe où on pouvait se perdre.

Ça a été une expérience très intéressante, tant du point de vue de l’expérience en tant que simple public que du modèle économique et du modèle développé par TeamLab au Japon. C’est d’ailleurs aujourd’hui une vraie entreprise, un vrai business et qui inspire beaucoup de gens dans le monde entier, je crois.

Présentateur : David Abiker (Journaliste pour le KIF)

Intervenant : Frédéric Olivennes (Directeur Général du groupe Audiens)

Tour d’horizon de quelques expériences immersives bluffantes

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Nicolas Schaettel : Je dirais, moi, dans les audiences immersives qui m’ont bluffées récemment, il y en a trois. 

Il y en a une première que vous évoquiez, qui est celle des expositions à l’Atelier Lumière. Très clairement, j’ai trouvé ça absolument bluffant. 

Il y en a une deuxième que j’ai eu l’occasion de voir, c’est comment dans les studios de télévision de prochaine génération, finalement, on arrive maintenant à avoir de l’immersion qui sort de l’écran et vient sur les plateaux.

Et puis, tout récemment, une application de collaboration par réalité virtuelle qui a été lancée par Facebook – je crois que ça s’appelle Work From the Horizon (Horizon Workrooms) – qui permet du coup de ne pas être limité par le Zoom, le Teams ou le système de visioconférence, mais qui permet vraiment d’interagir en conférence, à distance, avec des casques de réalité virtuelle.

Présentateur : David Abiker (Journaliste pour le KIF)

Intervenant : Nicolas Schaettel (Fondateur et CEO de HypnoVR)

 L’immersif, une révolution majeure digne de celle de la Renaissance ?

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Sébastien Massart : En fait, on croit que c’est une transformation très profonde de nos sociétés et de l’industrie, de la même envergure que ce qui a été traversé il y a 500 ans à peu près avec la Renaissance, dans un autre domaine, avec d’autres éléments, il ne faut pas tout transposer. 

Mais à la fin, au moment de la Renaissance, vous avez une accélération de la recopie d’information, qui est à peu près d’un ordre 60. Quand l’imprimerie est inventée par Gutenberg, il multiplie par 60 la vitesse de recopie de l’information.

L’impact sur les sciences, sur les sociétés, sur la politique, sur la religion, il a été majeur. Ça s’est déroulé pendant plusieurs centaines d’années. 

Actuellement, on multiplie à peu près toutes les années et demi, par deux et vous faites le 

facteur dans le temps, on est à bien plus que 60 en termes de facteurs. 

Notre société elle est impactée par ça. Les métiers sont transformés. 

Alexandre Michelin : Parce qu’on a une capacité, finalement, à avoir de l’impact sur notre environnement qui est démultiplié.

Sébastien Massart : Tout à fait. 

Alexandre Michelin : On arrive à penser des choses, à les modéliser et à les faire, et à anticiper notre avenir.

Sébastien Massart : J’ajouterais ça, parce que c’est ce qui est nécessaire pour le développement durable, pour les contraintes écologiques.

Et donc on a une chance considérable, c’est qu’on peut représenter différemment le monde et du coup mieux le protéger.

Et l’exemple, plus rapidement, qui est présenté là : Alberti a inventé la perspective au XVᵉ siècle, et en fait en même temps il a inventé l’architecture moderne, d’une certaine façon, avec la séparation des métiers entre l’architecte, qui dit : “voilà comment mon

bâtiment doit être”, parce qu’il peut le représenter en perspective, donc il doit l’imposer ensuite au maître d’œuvre qui va réaliser à la lettre ce que l’architecte a demandé. Et il s’est engueulé, entre guillemets, avec les maîtres d’œuvre, parce qu’à l’époque c’était eux un peu qui déterminaient la forme du bâtiment.

Donc il a créé, une séparation entre des métiers et donc une division du travail qui perdure jusqu’à à peu près maintenant. On inverse cette tendance là, puisque désormais chacun peut imaginer, avec une pâte à modeler virtuelle, un bâtiment, une façon de réaliser…

Alexandre Michelin : Donc la modélisation, la simulation, c’est ça la pâte à modeler virtuelle ?

 Ça nous permet de tester, d’utiliser, d’anticiper les objets, de mesurer tout de suite. Ce qui était à l’origine la raison pour laquelle il y avait de la simulation chez Dassault, c’était pour pouvoir concevoir des avions, et vous avez transporté ce savoir-faire ailleurs, quoi.

Sébastien Massart : Voilà, et ça transforme notre environnement de vie. Vous voyez l’exemple ici de la Fondation Louis Vuitton. Frank Gehry il utilise des univers virtuels pour anticiper complètement ses chantiers. C’est ce qui rend possible des formes aussi incroyables. 

VOIR SI GARDE

Alexandre Michelin : Qu’est ce que ça vous inspire ? 

Franck Madlener : Alberti m’inspire beaucoup de choses. Bon c’est un mathématicien, un théoricien. Pourquoi ça a marché, à un moment donné en Italie ? 

Parce qu’il était en lien avec des artistes, donc Piero della Francesca, il y avait un discours, mais aussi avec un pouvoir qui donnait des moyens. Les Médicis, ils étaient quand même à la fois cultivés et donnaient beaucoup de moyens. 

Et donc cet espèce de trinôme, entre le pouvoir symbolique, la construction scientifique et l’imaginaire qui se retrouvent à mon avis sous une autre forme aujourd’hui

Alexandre Michelin : Ils étaient mécènes aussi.

Franck Madlener : Oui, absolument, et puis on passe d’un artisanat, qui était vraiment l’artisanat de l’ingénieur, à la fonction de l’artiste, c’est à dire même à la fonction prospective, d’imaginer quelque chose qui n’a peut être pas de précédent, et ainsi, il a pu réguler la perspective au XVᵉ siècle.

Et c’est un exemple très parlant pour aujourd’hui. 

Alexandre Michelin : C’est un exemple qui inspire aussi beaucoup tous ceux qui travaillent sur le metaverse. On recevra plus tard quelqu’un qui est en formation d’architecte, qui est fondateur d’une start-up, qui s’appelle Gaspard Giroud. 

Il parle tout le temps… en gros, lui dit qu’il ne s’est rien passé depuis Alberti. Il exagère un peu, je sais que ça va faire… Mais pour ceux qui font de la visualisation, aujourd’hui ce qui se transpose dans les casques, dans les lunettes, dans les téléphones, transforment à partir de ces règles.

Franck Madlener : Oui, et puis aujourd’hui vous avez des jeunes architectes, qui utilisent beaucoup Mathematica et qui utilisent des logiciels de forme.

Et évidemment, il y a eu une évolution du matériau, c’est à dire non seulement c’est la forme, mais c’est le matériau, il y a des brevets sur ces matériaux, notamment pour la fondation qu’a fait construire Frank Gehry.

Et vous avez exactement l’équivalent en musique. Nouveaux matériaux, nouvelles formes et nouvelles techniques d’écriture. C’est donc une révolution du signe et de l’écriture.

Présentateur : Alexandre Michelin (Fondateur KIF Festival)

Intervenant : 

– Sébastien Massart (Directeur de la Stratégie de Dassault)

– Franck Madlener (Directeur de l’Ircam et Président de Ircam Amplify)

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