Patrick Thil : Il y a deux parcours de jour (diurnes), qui sont extrêmement intéressants, avec des artistes qui, là aussi, font des projets et les installent.
On a d’abord un parcours “Art et Jardin”, avec des œuvres assez stupéfiantes, qui revisitent l’architecture. J’en veux pour preuve cette porte des Allemands qui est assez emblématique, où on a l’impression que ça devient un château de fées, de fées magnifiques d’ailleurs.
Alors certains imaginent que le Graoully, qui est un peu notre personnage emblématique, vit aujourd’hui là-dedans avec ses griffes, etc. Donc ça, c’est intéressant.
On a “Metz toi au vert” aussi, mais “mets” c’est “M-E-T-Z”, c’est-à-dire “Metz toi au vert”, qui est installé sous forme végétale sur les remparts militaires, c’est quand même un sacré changement. Et je dirais que tout ce parcours existe, c’est ce qu’on appelle “Art et Jardin”.
Et puis, il y a aussi un autre parcours qui est le “Street Art”. Je trouve que c’est une forme d’art qui a acquis ses lettres de noblesse. On ne le sait pas assez en Europe et notamment en France.
Venu évidemment de la contestation américaine, d’abord c’est un mouvement, mais qui a ses lettres de noblesse, je dirais. De grands artistes français se sont intéressés à cette forme d’art, au point où quelquefois on déménage les murs d’ailleurs, pour les mettre dans les musées, c’est tout dire. On y perd un peu sa fonction du coup.
Et ce parcours “Street Art” est néanmoins relié à cet aspect numérique puisque nous disposons sur nos smartphones, etc., d’applications qui permettent de voir autrement ce parcours “Street Art” et ce qu’on appelle la réalité augmentée, et l’œuvre, du coup, prend un autre aspect.
Présentateur : Alexandre Michelin Intervenant : Patrick Thil (adjoint au maire de Metz en charge de la culture)
Jérémie Bellot : Ce qui est intéressant avec ce projet, c’est une autre manière d’augmenter la cathédrale par le pixel et puis aussi de se positionner en tant que ville innovante sur la mise en place d’un mapping grand public, mais qui reste contemporain.
On a l’habitude d’accueillir, de voir dans les villes, des sons et lumières revisités. Ici, il y a un vrai parti pris, assez fort, de la ville que j’accompagne pour mettre en place des projets plus contemporains.
Alexandre Michelin : Toi tu fais la curation de l’ensemble, c’est-à-dire qu’il y a un certain nombre d’artistes qui sont choisis, puis un appel à projets international ?
Jérémie Bellot : Tout à fait. Alors, on a mis en place cette année une nouveauté, l’appel à projets international sur l’église Saint-Clément, qui peut-être se prolongera l’année prochaine sur un autre site.
L’enjeu, c’était de s’ouvrir à l’international. On sait comment fonctionne la municipalité en termes de production, la logique des marchés publics, etc. Donc, l’idée, c’est aussi de s’ouvrir à des créateurs qui n’ont pas forcément accès aux passerelles administratives françaises pour pouvoir répondre au projet.
Alexandre Michelin : Donc c’est européen, mondial, international ?
Jérémie Bellot : Oui, tout à fait. Avec des réponses, une quarantaine de propositions qui sont venues du monde entier et dont on a sélectionné dix œuvres qui sont présentées sur la façade de l’église.
Ce qu’il faut rappeler, la thématique de cette année : la thématique de l’eau dans l’espace, qui a guidé les artistes. Une logique autour de l’eau dans l’espace, comme une ressource à préserver ici et une source de fantasmes.
Alexandre Michelin : On retrouve bien le côté durable et créatif.
Jérémie Bellot : Tout à fait. Et puis, le positionnement de la ville et son rapport à l’eau est très important. La question du reflet, du mouvement, un fleuve qui traverse la ville, et des œuvres qui vont être présentées de part et d’autre de ce fleuve, avec comme support l’architecture de cette ville.
Sur EXO c’est Playmodes Studios, un studio espagnol, qui a travaillé notamment sur des grosses installations, notamment sur “Day and night” à Houston, qui est un studio très innovant qui travaille sur ce projet sur l’intelligence artificielle qui fait communiquer, finalement qui travaille sur la question du langage.
Eux, la vie ailleurs, l’eau dans l’espace, ça leur a vraiment inspiré la question de la vie cosmique, d’une existence, d’un langage. Ils ont fait travailler, ils ont créé un logiciel pour pouvoir contrôler cette installation.
On retrouve dans ce lieu qui est encore sacralisé, puisque ce qui est intéressant, c’est de travailler dans des lieux qui ne sont pas forcément désacralisés.
Donc il y a une vraie communication avec les instances dirigeantes du lieu, ça a une dimension mystique, évidemment. Et puis, comme le disait Patrick, ça permet aussi à des gens qui ont un rapport à l’architecture particulier qui, des fois, traversent la cité ou la ville sans lever les yeux, de forcer le regard, d’attirer le regard.
On sait la puissance de la lumière, de la puissance, du pixel, que ce soit la lumière naturelle, mais aussi la lumière artificielle.
Et puis ici on vient mettre un coup de projecteur sur l’architecture et on vient aussi forcer le public à rentrer dans ces lieux et à les découvrir autrement.
Présentateur : Alexandre Michelin Intervenant : Jérémie Bellot (artiste plasticien, curateur du festival Constellations)
Patrick Thil : La ville s’est engagée sur les nouvelles technologies depuis fort longtemps, depuis 1971, 1972 à peu près. Et on voit bien qu’aujourd’hui, derrière le numérique qui était avant tout de la technique au départ, est venue, je dirais, l’économie, la science et puis l’art maintenant, et que c’est complètement assumé.
Alors si vous me demandez pourquoi on s’engage là-dedans, je dirais : “en raison d’un déficit d’image”. Je crois que le différentiel entre la beauté d’une ville et sa connaissance internationale, mais même nationale, fait qu’il faut que nous travaillions absolument là-dessus parce qu’on aime tellement notre ville qu’on voudrait qu’elle soit découverte par le monde entier, et je crois que ça marche.
Alexandre Michelin : Il y a un patrimoine exceptionnel à Metz ?
Patrick Thil : Alors c’est la liaison, effectivement, entre le patrimoine et ces nouvelles technologies, et c’est un moyen, pour certains qui ne connaissent pas ce patrimoine, de le connaître, attirés qu’ils sont par ces œuvres numériques, mais aussi peut-être au reste de la France.
Alors c’est assez paradoxal. D’abord, je dirais qu’on a, et dans l’ordre d’apparition, si vous me le permettez, un patrimoine italo-franco-allemand.
Italien, parce que la ville a connu, je dirais, sa liberté de république messine, puisque c’est ce que nous étions dans cet empire romain-germanique, mais jamais de langue germanique, jamais, sauf quand on nous l’a imposée, évidemment, mais à des époques beaucoup plus récentes.
Et puis français, un peu plus français qu’ailleurs, c’est à dire que c’est le classicisme qui domine, et bien sûr pas le baroque qu’on connaît dans toute l’Europe.
Et ce classicisme est encore plus classique, si vous me permettez cette expression, renforcé par l’esprit militaire qui a été celui de la ville à partir de 1552, son rattachement au royaume de France.
Et puis, enfin, le patrimoine germanique qui a été imposé, je dirais, surtout par Guillaume II lors de cette annexion à partir de la perte de l’Alsace Moselle, qu’on appelait l’Alsace-Lorraine à partir de 1870.
Et nous avons un tel patrimoine intéressant, sur ce plan du germanique, que pendant longtemps on n’osait pas le regarder. Mon grand-père, quand je passais devant la gare, me disait : “ne me regarde pas, c’est moche parce que c’est Boche”, et je ne parle pas de la marque, bien entendu.
Et aujourd’hui, cette gare parfaitement germanique est, par le vote populaire des internautes, depuis trois fois la plus belle gare de France. Sacré revanche !
Alexandre Michelin : C’est vrai que, quand on arrive à Metz, à la gare, on est surpris par cette architecture qui n’a rien à voir avec celle à laquelle on est habitués en France et qui est, en même temps, forte parce qu’elle est au cœur, avec toute une architecture, aussi, qui est héritée aussi de l’empire allemand.
Et puis quand on va de l’autre côté on arrive sur le Centre Pompidou. Il y a les deux faces. Cette modernité, et tout ce nouveau quartier qui pointe vers le Centre Georges-Pompidou.
Patrick Thil : Ce Centre Pompidou dans lequel nous sommes.
Donc voilà, ce patrimoine est riche, mais il n’est pas connu. En plus, on est une des villes les plus vertes de France, et engagée dans l’écologie urbaine, si j’ose dire, dès les années 70, ce qui était à l’époque, je dirais, pas du tout un parti politique, encore moins, mais qui était une science.
Et on a inventé ici, par Jean-Marie Pelt et Roger Klaine, ce qu’on appelle l’écologie urbaine. C’est-à-dire une autre conception qui tournait le dos à ce que faisaient toutes les villes de France, y compris Metz, qui était cette rénovation urbaine qui a suivi l’après-guerre et qui consistait à détruire des quartiers souvent historiques au profit de la nouvelle architecture.
Alexandre Michelin : Donc c’est une ville créative et durable, c’est une ville qui fait dans la créativité, notamment en numérique, et puis qui respecte l’environnement en même temps et qui le met en valeur.
Jérémie, toi qui, justement, est architecte de formation, mais qui aujourd’hui est aussi plasticien, comment est-ce que tu as découvert la ville de Metz ?
Jérémie Bellot : Alors, par ma proximité géographique – j’étais résident pendant quasiment dix ans à Strasbourg -, et j’ai été invité par le festival, il y a quelques années, à présenter plusieurs œuvres, dont une collaboration avec le Musée de la Cour d’or sur un projet qui s’appelait “Bestiaire céleste”.
Alexandre Michelin : Ah oui, donc déjà avec un musée.
Jérémie Bellot : …avec des coupoles par un dispositif multi-projections et l’inauguration de la rénovation du musée de la Cour d’or, qui est un lieu magnifique.
Et une très belle rencontre aussi, avec avec monsieur Brunella, avec qui on a travaillé, qui est venu sur ce plateau et qui est un grand partenaire du projet Constellation qui, du coup, accueille une œuvre cette année de László Bordos sur la cour arrière, sur la cour du grenier de Chèvremont. Donc c’est quelqu’un qui, aussi, fait évoluer l’architecture de son musée.
Alexandre Michelin : Il est venu nous le raconter hier, avec l’ambition sur la biodiversité. C’est pour ça aussi qu’on voit qu’il y a beaucoup de cohérence, finalement, dans cet acte à la fois moderne et en même temps qui respecte l’héritage de la ville.
On va peut-être regarder le film sur Constellations. On a un petit film qui a été fait, j’imagine, par vous, qui permet de vivre, en tout cas de ressentir ce qui se passe quand on déambule et qu’on voit ce côté spectaculaire.
Le film.
Présentateur : Alexandre Michelin
Intervenants : Patrick Thil (adjoint au maire de Metz en charge de la culture) Jérémie Bellot (artiste plasticien, curateur du festival Constellations)
Guillaume Roger : Sur le dispositif, c’est vrai que c’est important que la région soit sur des créneaux différents, parce qu’on n’a pas tous les mêmes besoins, on n’a pas tous forcément besoin de passer par un incubateur, on n’a pas tous besoin de ce type de structuration.
Et c’est important qu’il y ait plusieurs dispositifs qui perdurent l’un avec l’autre, parce que certains sont complémentaires. On n’est pas obligé d’être soit chez l’un, soit chez l’autre, des fois, on peut essayer de jouer sur plusieurs tableaux, et c’est important.
Et je trouve que c’est important aussi que les élus soient sensibilisés à ces nouvelles technologies, parce que c’est quelque chose qui modifie profondément les comportements et nos façons qu’on a d’appréhender les milieux, notamment les milieux culturels, patrimoniaux, mais pas que, puisqu’on voit que l’immersif est à la maison avec les jeux vidéo ou autres.
Donc, c’est vraiment un gros bouleversement sociétal et c’est important que les élus en fassent partie et que, du coup, les structures nous accompagnent.
Présentateur : Frédéric Josué (Président de 18M.io)
Intervenant : Guillaume Roger (CEO Filthy Patches)
Marc Bourhis : Alors moi je n’ai pas forcément une vision suffisamment 360 pour répondre exactement à cette question.
Je pense que c’est quand même assez unique parce que, si je prends le cas de l’Ile-de-France que je connais assez bien, c’est vrai qu’on est à mi chemin entre un Cap Digital, parce qu’on a une expertise sur le numérique qui est très poussée, sur l’IA, et puis on agit aussi sur le domaine plus industriel, et là c’est un autre pôle de compétitivité en Ile-de-France.
Donc on n’est pas structurés de la même manière, mais pour autant on agit, parfois, avec des experts qu’on réunit dans des groupes de travail… un peu de la même manière, on essaye de réunir les bonnes personnes, et surtout d’être dans une approche agile par rapport à chaque cas de figure qui nous est présenté.
Présentateur : Frédéric Josué (Président de 18M.io)
Intervenant : Marc Bourhis (Directeur des projets Filière Images Grand E-Nov)
Marc Bourhis : C’est vrai que c’est une difficulté parce que…
Frédéric Josué: Il y a jamais assez d’argent, mais…
Marc Bourhis : Alors, de fait. Mais en plus, on le voit, il y a des acteurs, qui ont une certaine maturité, qui vont sur des projets très ambitieux, prenez l’exemple de Seppia ou de Virtual Journey.
Et c’est vrai que les projets de VR, notamment, sont coûteux, aussi coûteux que des projets de cinéma ou de fiction audiovisuelle. Donc c’est vrai que la barre est haute pour, souvent, des jeunes structures qui n’ont pas forcément beaucoup d’expérience dans le montage financier. Donc c’est là où il y a un enjeu d’accompagnement.
Alors on travaille, notamment, aujourd’hui, sur un dispositif qui naîtra l’année prochaine, d’accompagnement… alors plus pour les producteurs de fiction, cinéma ou audiovisuel, mais qui pourrait, à terme, peut-être être ouvert aux producteurs de création d’expériences numériques, qui consisterait à ce que la région investisse en tant qu’investisseur avisé, et donc puisse entrer en co-développement et en coproduction des projets.
Donc, c’est un dispositif qui se rajoutera aux aides traditionnelles, mais qui sera, du coup, un investissement privé, avec des acteurs privés comme partenaires de la région.
Présentateur : Frédéric Josué (Président de 18M.io)
Intervenant : Marc Bourhis (Directeur des projets Filière Images Grand E-Nov)
Marc Bourhis : Ce qu’on essaie surtout, c’est peut-être qu’il y ait un continuum de structures d’accompagnement. On ne fait rien tout seul. C’est d’arriver, pour chaque acteur, à un stade de maturité de son projet, donc c’est arriver à flécher, déjà, être une sorte de gare de triage pour de l’information – parce que parfois ça tient aussi à l’information – qui lui permet d’aller chercher le financement au bon moment, les bons interlocuteurs pour pouvoir faire évoluer son projet.
Donc c’est vraiment ce travail, je dirais, d’interface effectivement humaine, qu’on peut mener. On n’est pas les seuls sur le territoire, donc c’est pour ça qu’on essaye de s’inscrire vraiment dans un écosystème d’acteurs déjà existants.
Je pensais spontanément : au début du parcours, on voit aussi des projets qui émergent…
Dans une des conférences, il était question de la donnée et du mapping vidéo. On a vu, par exemple, dans le cadre de Fluxus, qui est un dispositif d’incubation de la DRAC pour des jeunes entrepreneurs, des projets émerger où, justement, il y a ce mariage qui était vraiment très intéressant entre du mapping et des données liées à la circulation des publics dans une ville.
Et un rendu très esthétique, et je pense que l’artiste, elle a eu déjà cette aide, cet accompagnement de Fluxus, ensuite elle va s’inscrire peut-être dans un dispositif, – alors c’est pas encore le cas il me semble – tel que “Tango et Scan”, qui est piloté par une association du territoire. Elle peut demander, par exemple, de l’aide à l’AMI – Création Numérique qui a été citée tout à l’heure.
Et puis si son projet prend encore d’ampleur, d’autres dispositifs nationaux, également, sont disponibles.
Présentateur : Frédéric Josué (Président de 18M.io)
Intervenant : Marc Bourhis (Directeur des projets Filière Images Grand E-Nov)
Marc Bourhis : Je peux peut-être juste faire un focus sur la manière dont, depuis deux ans et demi, on a essayé de travailler.
Donc c’était, déjà, de cartographier l’ensemble des acteurs. Donc là, c’est quelques éléments – dans la salle, certains les connaissent déjà -, mais on a identifié… donc il y avait des forces vives déjà existantes.
Seppia est un bon exemple typiquement, puisqu’il est à la fois producteur de documentaires et post-producteur de longue date, et de ce point de vue là a acquis déjà une excellence dans ces domaines. Et aujourd’hui, l’enjeu, c’est plus son internationalisation et sa spécialisation, le fait d’aller vers de nouveaux marchés comme, justement, l’immersif.
Et puis, ensuite, il y a des studios de création aussi de contenu immersif, mais dans différents domaines. Et c’est là où je pense qu’une des méthodes qu’on veut mettre en avant, c’est de jouer sur la fertilisation croisée entre les mondes de l’éducation, comme le KIF en est un exemple, qui peuvent discuter, échanger, voire monter des projets avec le monde de la création et de la culture.
Et il y a l’écosystème aussi du jeu vidéo sur lequel on travaille également. Et donc on a défini un certain nombre d’axes de travail collectivement, avec les acteurs qu’on a réunis quelques mois après que j’ai pris poste en Grand Est.
Et donc on a défini des axes de travail aussi, qui sont : renforcer, d’un côté, la viabilité économique des projets – je pourrais en dire deux mots, notamment sur la partie développement qu’on évoquait -, et puis améliorer aussi le marketing de la filière, mieux faire connaître les acteurs – ça, c’est un peu ce qu’on fait ici, d’une certaine manière -, et également travailler sur la proposition de valeur, comme on dit, à travers la formation, l’innovation, c’est mieux travailler aussi avec des labos, éventuellement, du territoire, et la création aussi, si on veut travailler sur les résidences d’écriture, sur le développement créatif en tant que tel, et ça, donc, sur un spectre qui va du cinéma jusqu’aux jeux vidéo en passant par le numérique.
Présentateur : Frédéric Josué (Président de 18M.io)
Intervenant : Marc Bourhis (Directeur des projets Filière Images Grand E-Nov)
Marc Bourhis : Alors +, c’est tout simplement parce que Grand E-Nov donc, à l’époque, s’appelait Grand E-Nov, effectivement, est né au moment de la fusion des anciennes régions au moment de la création du Grand Est. Et, à ce titre-là, donc, agrège un certain nombre d’entités au fur et à mesure du temps.
Et notamment sur la prospection internationale, où on a intégré une agence qui s’appelait Triple-A (AAA), et donc ça, ça s’est fait il y a un an, et donc on s’est dit : “on intègre un certain nombre de marques désormais aussi” – j’en parlerai tout à l’heure – comme Grand Testeur, comme Scal’E-Nov, qui est de l’accélération de start-ups, et donc on s’est dit : “il faut qu’on rajoute un +, parce qu’on en fait vraiment beaucoup plus, au fur et à mesure”, donc voilà.
Il fallait montrer un peu l’évolution. C’est une structure qui est toute récente, mais qui grandit très rapidement, en tout cas à un rythme soutenu. Et surtout, on se donne des défis régulièrement nouveaux, et on essaye de relever, aussi, les défis de différentes typologies d’acteurs, et sur des domaines très différents, ce qui fait qu’il y a deux pieds, en quelque sorte, au sein de Grand E-Nov.
Il y a des experts, on va dire généralistes, qui accompagnent la structuration des projets, la recherche de financement à l’innovation…
Ça c’est la partie émergée de l’iceberg, d’une certaine manière, de l’action de Grand E-Nov qui, au quotidien, accompagne des entreprises sur des durées plus ou moins longues sur leur structuration de projet, sur la transformation numérique.
On n’est pas simplement sur le spectre des start-up, on essaye aussi d’accompagner des entreprises traditionnelles.
Et puis il y a une action, aussi, au niveau des filières d’activité, – et ça, c’est dans cette partie où s’inscrit mon action -, où on a donc recruté un certain nombre d’experts métiers, dont je fais partie, sur différentes filières.
Donc il y a le numérique, l’intelligence artificielle, l’industrie. Et puis, il y a des filières, aussi, où on commence à agir, d’autres où on ralenti un peu la voilure.
Mais sur l’image et les industries culturelles et créatives, ça fait deux ans et demi où il y a un effort qui a été fait de la région pour soutenir l’action de Grand E-Nov, et qu’on arrive petit à petit à instaurer un certain nombre de missions.
Présentateur : Frédéric Josué (Président de 18M.io)
Intervenant : Marc Bourhis (Directeur des projets Filière Images Grand E-Nov)
Guillaume Roger : Quand on est philosophe, faire de la philosophie sur la philosophie, c’est pas mon truc. Il y en a qui aiment bien faire ça.
Moi, j’ai toujours été intéressé par l’extérieur, c’est-à-dire que je me suis toujours intéressé à la physique quantique, par exemple, qui est quelque chose qui me passionne, par rapport aux nouvelles technologies, aussi, qui m’ont toujours passionné, toutes ces choses-là.
Donc il y a des passerelles à faire, il y a des gens à rencontrer, et on se rend compte que dans chaque milieu, on a besoin de compétences différentes, on a besoin de choses qui sont transverses.
On peut très bien, à un moment donné, avoir besoin d’un vidéaste, on peut avoir besoin de quelqu’un qui fait du code, on peut avoir besoin de quelqu’un qui a besoin d’un graphiste, on a besoin de quelqu’un qui gère la 3D…
C’est des métiers qui font appel à beaucoup de disciplines. Et plus le projet est important, plus il y a de disciplines importantes, plus il y a de disciplines différentes, et plus le projet va être intéressant et engageant pour les autres.
Et ça, on ne peut pas le faire en étant tout seul. C’est très complexe. Après, il y a des artistes qui sont… j’en connais, si je pense à Véronica, que j’ai rencontrée il n’y a pas longtemps, qui fait des choses juste fabuleuses en VR.
Mais, j’allais dire aussi, pour des gens normaux, ils pourraient paraître pour des malades mentaux, parce que quand ils se lancent dans une œuvre, ils vont travailler dessus 24/24h, en ne se reposant quasiment pas. Mais c’est quelque chose qui est… pour eux c’est instinctif, ça vient d’eux, c’est des artistes.
Et aujourd’hui, on a besoin de ces gens-là, on a besoin de ça, parce qu’ils vont pousser dans les limites tout le matériel, tout ce qu’on a à disposition, aujourd’hui, d’un point de vue technologique.
Ils vont faire avancer les choses. Ils vont nous donner énormément d’idées sur tout ce qu’on peut faire avec les technologies que l’on a.
Ils vont avoir, aussi, des points de vue qui sont souvent disruptifs, parce que eux ils sont dans un monde qui est artistique, donc ça veut dire, pour eux, qu’il n’y a aucune limite.
Et le fait qu’il n’y ait pas de bord, qu’il n’y ait pas de limite, ca leur permet de découvrir des nouveaux points de vue, de découvrir de nouvelles expériences qu’on peut, nous ensuite, transmettre comme outil de médiation.
Et là je fais le lien entre le côté artistique, qui va de l’artiste, comment dire, de la R&D pure, on va dire, et l’applicatif, dont nous on a besoin pour le rendre concret et pouvoir le proposer au plus grand nombre.
Donc, c’est ça, l’interdisciplinaire. Et c’est ça, mon côté un peu, entre guillemets “philosophe”, c’est de regarder tout ce qui m’entoure, et d’essayer de faire une synthèse de tout ça, et puis de la retranscrire pour que le plus grand nombre puisse le comprendre et l’utiliser surtout.
Présentateur : Frédéric Josué (Président de 18M.io)
Intervenant : Guillaume Roger (CEO Filthy Patches)
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