Dassault Systèmes & XSun : imaginer un drone “zéro carbone”

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Sébastien Massart : À partir du moment où vous pouvez créer des expériences virtuelles, et bien ça transforme ce que vous savez réaliser concrètement dans le monde. 

L’exemple de XSUN est assez parlant. C’est une startup qui a créé cet avion que vous voyez…

Alors c’est un drone solaire avec deux paires d’ailes. C’est à la fois esthétique et extrêmement fonctionnel, et c’est un rêve qui, il y a dix ou quinze ans, on aurait trouvé complètement fou. C’est d’aller vers l’aéronautique zéro carbone et, ici, propulsé par l’énergie solaire.

Alexandre Michelin : Donc c’est un drone qui fonctionne à l’énergie solaire ? Ça existe vraiment ? Ce n’est pas de la science-fiction, il vole ?

Sébastien Massart : Il vole. Donc là celui que vous voyez, c’est un modèle virtuel, mais il y a un prototype réel qui vole, qui maintenant est en cours de certification, et qui peut servir typiquement pour surveiller, dans l’actualité récente, des feux de forêt, pour surveiller des éléments d’inondations, etc. 

Alexandre Michelin : Donc ça fait du développement durable aussi, puisque c’est un appareil qui vole, qui surveille les feux de forêt sans utiliser d’énergie carbone. Et qu’est ce que Dassault Systèmes fait avec eux ?

Sébastien Massart : En fait, on crée la pâte à modeler qui permet d’imaginer cet objet-là. Et cette pâte à modeler, c’est immersif, c’est des univers virtuels. Parce que c’est une toute petite équipe qui a conçu XSUN à l’origine. Bon, le drone, il fait cinq mètres d’envergure, à peu près 25 kilos. 

Alexandre Michelin : C’est un planeur quoi. 

Sébastien Massart : C’est un sacré défi. Comment est-ce que vous créez un objet qui fonctionne, qui est stable en vol, qui va rester longtemps en air alors que technologiquement, il faut hybrider la compétence de faire la dynamique de la structure, la dynamique de vol, la thermique, l’électronique…

Et quand vous êtes une toute petite équipe, et bien vous utilisez une plateforme virtuelle qui vous permet de combiner tout ça et de simuler comme si j’étais dans des conditions réelles. Et je vous encourage à aller voir la vidéo XSUN.

Alexandre Michelin : Oui, on est désolés, parce qu’elle sera diffusée plus tard, on ne peut plus la charger.

Sébastien Massart : Vous êtes immergé dans une scène 360, où l’objet qui est testé, il est encore virtuel à cette étape là de conception, mais on le projette dans un environnement réel. Et là, on l’a fait voler au-dessus des côtes bretonnes. On a fait voler le prototype virtuel au-dessus des côtes bretonnes dans des conditions réelles de vent, de température etc., pour tester son fonctionnement.

Et quand vous pouvez faire ça, et bien vous savez optimiser le design pour qu’énergétiquement, ça puisse fonctionner.

Présentateur : Alexandre Michelin (Fondateur KIF Festival)

Intervenant : Sébastien Massart (Directeur de la Stratégie de Dassault)

Présentation de Dassault Systèmes

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Alexandre Michelin : D’où vient Dassault Systèmes ? C’était une filiale de Dassault ? 

Sébastien Massart : Oui, c’est une start-up qui est née dans le giron de Dassault Aviation à l’époque. Maintenant, c’est une grosse start-up, on est 20 000 personnes dans le monde.

Alexandre Michelin :  63 milliards de valorisation boursière, ce n’est pas une start-up, c’est presque un GAFA européen. 

Sébastien Massart : On pourrait dire ça. 

Alexandre Michelin : Donc c’est le numéro un européen de la modélisation ?

Sébastien Massart : Oui, tout à fait, au mondial. En fait, on est un leader mondial du numérique pour l’industrie.

Et donc, qu’est ce qu’on fait ? On modélise le monde, on le simule, et ensuite, quand vous avez les lois scientifiques qui permettent de simuler, vous savez anticiper, vous savez créer à l’avance des expériences.

Et sur l’image, on voit effectivement deux chirurgiens qui sont en train d’opérer une personne atteinte d’épilepsie, donc c’est quelque chose qu’on fait réellement. On représente en temps réel, en fait, l’impact sur le cerveau de la personne, parce que c’est des opérations très délicates où on va faire une ablation… 

Alexandre Michelin : Donc ils ont des lunettes de réalité augmentée, qu’est ce qu’ils ont ?

Sébastien Massart : Selon les dispositifs, ils peuvent avoir des lunettes, ou sinon c’est sur un écran. Mais cette capacité… de toute façon, l’esprit humain se projette dans ce qu’il voit. Et donc, quand on propose une représentation, l’esprit humain va s’en servir comme une carte qui devient comme si elle était réelle.

Alexandre Michelin : Donc c’est en temps réel une opération des chirurgiens qui opèrent quelqu’un qui est épileptique, et en fonction de la modélisation, ils savent quels sont les impacts dans le cerveau du patient ?

Sébastien Massart : C’est ça, on couple avec des mesures de l’électroencéphalogramme, avec ce qui a été préparé à l’avance par les chirurgiens.

Quand vous pensez, dans l’aéronautique, les pilotes s’entraînent sur des simulateurs de vol, et bien maintenant ce qu’on veut faire, c’est entraîner des chirurgiens, entraîner des médecins sur l’équivalent de simulateurs de vol. Et vous voyez bien que l’impact sur la vie, il est majeur.

Alexandre Michelin : Majeur.

Présentateur : Alexandre Michelin (Fondateur KIF Festival)

Intervenant : Sébastien Massart (Directeur de la Stratégie de Dassault)

En quoi immersif et imaginaire sont-ils liés ?

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Sébastien Massart : Je pense que immersif va avec imaginaire. 

Et l’imaginaire, on l’attend beaucoup dans des domaines artistiques, créatifs, etc. En fait les industries en général, et j’inclus là-dedans la santé, le logement, la mobilité… les industries créent des imaginaires. 

Quand elles fabriquent des objets ils sont liés à l’imaginaire. Et pour ça il faut, dans un environnement immersif, créer à l’avance l’expérience qui va être partagée, pour pouvoir ensuite la réaliser.

Et si vous voyez la capacité nouvelle, là on est à distance avec une bonne partie de l’audience, en même temps on a l’impression d’être à proximité. Le temps, aussi, est compressé parce que peut être des gens le regarderont dans le futur. 

Et donc, vous avez une compression du temps, de l’espace, la capacité d’apprendre massivement à l’échelle planétaire, et donc ce que moi j’appelle l’immersion ou ce que j’entends dans le mot immersion, c’est bien au-delà de juste pouvoir donner l’illusion qu’on est dans un espace, qu’il soit sonore ou visuel. 

C’est la capacité de transporter des gens pour qu’ils soient en contact différemment. Donc, c’est l’interaction entre les personnes qui est derrière.

Présentateur : Alexandre Michelin (Fondateur KIF Festival)

Intervenant : Sébastien Massart (Directeur de la Stratégie de Dassault)

Objectif 2024 : articuler le son et le mouvement dans le sport

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Franck Madlener : Pourquoi 2024 ? Je crois qu’il y a un événement dont on a beaucoup parlé, qui sont les Jeux olympiques, et vous voyez comment le son peut s’articuler aux mouvements.

Alexandre Michelin : C’est-à-dire ? Comment ça fonctionne ? 

Franck Madlener : Ah bah devinez…

Alexandre Michelin : Chaque fois que la balle vole ?

Franck Madlener : Vous allez voir. On peut apprendre un jeu très simplement, par la pratique, par la catastrophe, par l’échec, par la correction. Donc vous inventez des règles de jeu et vous pouvez vous amuser vraiment et développer ça. 

Il y a un capteur de giration de mouvement…

Alexandre Michelin : Dans le ballon ?

Franck Madlener : Voilà. On a beaucoup travaillé sur cet élément-là. Vous n’imaginiez pas que l’Ircam aurait fait ça ?

Alexandre Michelin : Non je suis surpris, oui. L’Ircam et 2024 je n’avais pas vu le…

Franck Madlener : C’est un projet qui a été mis il y a quelques années, mais qui va être réactualisé pour l’occasion. Bon on a compris, non ? Ou vous voulez encore ?

Alexandre Michelin : Pour des musiciens ça doit être extraordinaire, qui aiment le foot ou qui aiment jouer.

Présentateur : Alexandre Michelin (Fondateur KIF Festival)

Intervenant : Franck Madlener (Directeur de l’Ircam et Président de Ircam Amplify)

Présentation du projet Ircam Flux

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Franck Madlener : Ircam-Flux, alors là en effet c’est avec une société d’Orléans, c’est pouvoir développer ces outils parce que, en effet, entre le laboratoire qui sort quelque chose et l’utilisateur, il y a une chaîne à faire. 

Et donc là, on a travaillé avec Flux pour développer toute la dimension de spatialisation,  également un logiciel qui s’appelle Trax qui transforme la voix, j’ai peut-être un exemple qui va venir là-dessus.

Et puis voilà, le spatialisateur, et vous voyez notamment le dôme ambisonique que j’ai évoqué pour les Musiques-Fictions, cette sensation que vous êtes au cœur d’une scène sonore, et même la possibilité – on en discute en ce moment – de simuler des acoustiques pour des lieux non réels. 

Le virtuel, en ce sens, se combine très bien avec le sonore.

Présentateur : Alexandre Michelin (Fondateur KIF Festival)

Intervenant : Franck Madlener (Directeur de l’Ircam et Président de Ircam Amplify)

Une nouvelle façon de déguster du champagne grâce aux nouvelles technologies 

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Franck Madlener : Nous avons travaillé – je saute de la voiture au champagne – pour Krug. 

Vous savez que quand vous buvez un champagne, c’est une composition. C’est une composition à partir de vin clair que vous ne goûtez pas. Et donc on a créé des pastilles sonores pour caractériser les vins clairs composant un champagne.

Alors ce n’est pas très loin d’ici, donc à Reims, dans la cave de Krug, vous pouvez entendre ces pastilles sonores. Et ceux qui sont forts en champagne peuvent identifier le caractère et le terroir par rapport à ces pastilles.

Donc, on a fait un design à partir d’une sémantique et d’un lexique partagé.

Présentateur : Alexandre Michelin (Fondateur KIF Festival)

Intervenant : Franck Madlener (Directeur de l’Ircam et Président de Ircam Amplify)

Comment optimiser et réfléchir le son pour les voitures nouvelles générations ?

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Franck Madlener : Il y a une énorme question qui concerne la voiture. Vous savez que la voiture, c’est un espace, les voitures électriques sont de plus en plus silencieuses, donc potentiellement dangereuses, parce qu’il faut leur conférer un son à la fois pour celui qui conduit, pour le piéton qui va se faire écraser ou qui va éviter la voiture.

Donc quelle va être sa signature sonore ? Et puis vous devez penser plus loin si vous avez une centaine de voitures électriques silencieuses, est-ce que vous n’allez pas recréer une pollution sonore à peu près équivalente au système thermique ? 

Après, vous avez dans la voiture une radio, des haut-parleurs. Comment vous pouvez optimiser ces appareils, ces devices etc ? C’est-à-dire les alléger, les rendre plus performants, alors qu’ils sont peut être plus légers, moins chers. Donc il y a toute une question d’acoustique et de matériaux. On travaille sur tous ces domaines.

Et puis vous avez votre autoradio. Et est ce que vous allez avoir une playlist intelligente qui va pouvoir vous…

Alexandre Michelin : Donc vous créez la signature d’une voiture, sonore ? 

Franck Madlener : Oui, il y a eu un concept car de Renault. Par exemple la Zoé, que vous connaissez, a été imaginée grâce aux équipes de recherche de l’Ircam et un artiste, Andrea Cera, dans les contraintes du constructeur, qui sont fortes – elles sont nombreuses – de créer cette signature sonore d’une voiture.

Alexandre Michelin : Donc vous mesurez l’acoustique à l’intérieur de la voiture, vous lui donnez des attributs sonores, des bruits particuliers pour qu’on sache qu’on est dans une Zoé ?

Franck Madlener : Oui, et puis alors aussi il faut réduire, parce que ce qui est insupportable dans les voitures, comme vous le savez tous, c’est le nombre de signaux sonores. 

C’est-à-dire qu’à un moment donné vous voulez tout débrancher, mais surtout que ça s’arrête. Parce que l’un des pouvoirs du son, c’est aussi qu’il puisse s’arrêter, s’interrompre – c’est comme quand on parle -, et donc dans une voiture, il y a cet élément là, aussi, d’économie, de sobriété.

Présentateur : Alexandre Michelin (Fondateur KIF Festival)

Intervenant : Franck Madlener (Directeur de l’Ircam et Président de Ircam Amplify)

 Présentation de Ircam et Ircam Amplify

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Franck Madlener : L’Ircam est un lieu rare parce qu’il réunit science, ingénierie et artistes. Et très souvent on s’entreglose entre gens qui se connaissent, tandis que là, en effet, c’est plutôt des publics hétérogènes, des acteurs qui travaillent ensemble à croire à tout ce que peut un son. On n’a pas idée de ce que peut le son et la musique. 

Et puis nous avons créé récemment une société, Ircam Amplify qui prend ces briques logicielles – il y en a à peu près 120 depuis la naissance de l’Ircam Centre Pompidou – et qui pousse ces briques logicielles, certaines d’entre-elles, dans l’usage, dans le quotidien, vers le jeu vidéo, vers la réalité virtuelle. 

Alexandre Michelin : Déjà dire le son et briques logicielles, on voit bien qu’on est au cœur du sujet, parce que vous les considérez aussi comme des objets informatiques ?

Franck Madlener : Disons qu’il y a eu une révolution après la Seconde Guerre mondiale qui s’appelle l’électronique et l’informatique musicale, qui est née ensuite. C’est un matériau immatériel, si je peux dire, le son. Et pourtant son effet est très physique et physiologique. Et c’est cet aspect là qu’on travaille, tant à l’Ircam que dans Ircam Amplify.

Alors très concrètement pour vous donner des exemples, que fait-on à l’Ircam ? Eh bien on va de l’installation sonore jusqu’à l’opéra. On a lancé tout récemment une collection qu’on appelle les Musique-Fictions, c’est-à-dire que vous êtes… il n’y a pas d’images, il y a un peu de lumière, et vous êtes plongé dans un récit, dans l’oralité. 

Mais vous êtes surtout sous un dôme ambisonique, qui est une sorte de dôme d’immersion qui vous permet de littéralement vivre une fiction, un récit, un dialogue, une sorte de cinéma pour l’oreille, pour aller vite. 

Et notamment, sous ce dôme, on a présenté la captation d’une scène sonore faite dans des lieux qui disparaissent – par exemple la canopée, la forêt amazonienne – et vous voyez que le vivant, dont on a parlé, mais que ce vivant, s’organise aussi au niveau du son. Il y a des territoires sonores qui s’entrecoupent et qui se correspondent.

Dans la recherche, pour venir vers l’immersion qui est le grand sujet du KIF, on parle beaucoup de l’écriture de l’espace… comment vous pouvez… peut-être qu’un architecte écrit l’espace, mais aussi un musicien, un metteur en scène également. On parle de la simulation de l’acoustique.

Par exemple, pour un temple dans la Haute-Égypte, vous savez qu’on peut reconstituer des lieux. On peut aussi reconstituer une acoustique à partir du maillage, à partir d’une maquette, il est tout à fait possible, et de dire que, finalement, l’acoustique fait partie du patrimoine au même titre que l’espace et la structure. 

Et on peut aussi penser que pour des architectes qui construisent demain un nouveau bâtiment, peut être un nouveau musée – à Metz c’est bien, il y a tout ce qu’il faut -, eh bien la question de l’acoustique va se poser, et on pourrait la modéliser avant l’heure, avant que le bâtiment ne soit construit. 

Et puis on travaille énormément sur les systèmes distribués. Grosso modo c’est : vous n’avez plus une seule source, mais vous avez une multitude de sources, et vous voyez comment vous-même vous pouvez interagir. J’ai le souvenir notamment d’un jardin furtif, où vous entrez dans ce jardin, vous êtes très bruyant, vous n’entendez rien. Votre activité se réduit à ce moment-là, des sons apparaissent. 

J’avance un peu, voilà là vous avez une œuvre spatialisée. 

Alexandre Michelin : Alors maintenant, Ircam Amplify. Parce que l’Ircam, on le voit bien, c’est la recherche.  

Franck Madlener : C’est la recherche appliquée et c’est la création. 

Alexandre Michelin : Et Amplify donc c’est la recherche amplifiée et la création amplifiée, ou c’est une autre logique ? 

Franck Madlener : C’est vraiment… ça part de l’autre côté, c’est moins la conception que la perception. Comment je vais pouvoir percevoir, jouer et surtout comment le marché va rencontrer l’innovation ?

Toutes les industries ne sont pas très innovantes, mais une innovation n’existe que parce qu’il y a une recherche. Donc on fait une sorte de continuum entre recherche, innovation et la société Ircam Amplify. 

Donc concrètement, c’est par exemple créer une identité sonore, une signature sonore, en faisant du co-design. Un exemple très simple. 

Un autre exemple, c’est la spatialisation. Pouvoir offrir un outil simplifié pour que, dans un équipement, dans un système, même dans un système de studio, vous puissiez avoir les derniers cris, les derniers outils de la spatialisation. 

Un autre exemple très fort aujourd’hui, c’est tout ce qu’on peut faire avec l’IA, tout ce qu’on peut faire autour de la voix. Et là, évidemment, on connaît les mésaventures, notamment de la Deflect Voice…

Mais en tout cas, on a la capacité, aujourd’hui, de travailler la voix de synthèse, de travailler l’expression, la conviction, l’expressivité d’une voix de synthèse, ce qu’on ne pouvait pas faire auparavant, ou on pouvait le faire en prenant beaucoup plus de temps.

Le deuxième sujet, donc, “le son comme data”. Vous savez que les industries culturelles ont des bases de données de sons gigantesques, comme il existe des bases de données, d’images, et bien comment on navigue intelligemment, comment on peut vous recommander ceci en fonction d’une structure par rapport à cela, et pas simplement vous aligner tous les titres d’un même artiste.

Et puis le troisième, le son comme interface, on va sans doute avoir de moins en moins de claviers, il y aura des interfaces vocales. L’interface, c’est aussi ce qu’on peut offrir à un artiste, à un chorégraphe, à un musicien ou à un acteur.

Présentateur : Alexandre Michelin (Fondateur KIF Festival)

Intervenant : Franck Madlener (Directeur de l’Ircam et Président de Ircam Amplify)

Sommes-nous déjà dans le métaverse, mixant réalité et virtuel ?

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Alexandre Michelin : Don’t you think we are already in the metaverse ? We are already mixing reality plus data and adding reality to it ? 

Thomas Riedel : Well, we do. Absolutely, we do. And I think this all happens step by step. And that’s why I’m saying we shouldn’t be scared of it. We should just go step by step and start using it and doing it. And it will get us to the next.

Présentateur : Alexandre Michelin (Fondateur KIF Festival)

Intervenant : Thomas Riedel (CEO de Riedel Communication)

Le parcours de Thomas Riedel, fondateur de Riedel Communication

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Thomas Riedel : Basically you start learning when you get born, right ? 

And basically I was the child of a florist. So when I was five years old, I was already, you know, in the shop of my father, and I remember clearly how I started learning there.

My father told me : “when you see that the client is ready and has paid for the flowers and it’s on the way to the door, you need to be at the door already, hold it and say thank you, goodbye.”

And this is still in my memory. And somehow, because of being the child of someone running a business, obviously it was a given that I’d also have my business. 

When I was 14 then, I started, it was magic, and I worked as a magician. That was in Germany, in Wuppertal where I was born. And funny enough, I’m still there. Even so I’m traveling a lot globally – not now, but usually. 

And this magic then got me onto stage, and stage needed technology, and that’s… step by step, I got into more technology. 

And when I finished school, in fact – even a little bit before that because I wasn’t too interested in school – I started a real business with light and sound equipment and I got involved in an event where radios were needed, like walkie talkies. And I bought some of these walkie talkies and, you know, rented them out. 

And then five radios grew to 5500, 5000. And, you know, over only a few years, I became the largest rental company in events in the world, which was really interesting. We still do that as well, so we have 40,000 radios, do things like Olympics and Formula One. But out of that, things have developed into other areas. 

Alexandre Michelin : When we see those pictures, this is the things you are producing, helping to produce. What is your role in that ?

Thomas Riedel : Absolutely, it’s different type of roles. So if you look at Formula One for instance, there’s still lots of communications technologies between car and the pit and race control and to make people talk to each other.

But transmitting voice also gets you to the point to transmit audio and video and data. And when you have data and you start doing something with the data and like, you know, if we have something tracking information of a car, you can start doing something else with that.

And these days, people talk about, well, you want to have a real race car on the track and you want to have a virtual guy running a race car as well. Or better said, a real guy running a virtual car, and that runs based on that data.

Alexandre Michelin : So you are the center of this transformation. On one side, you have technology, then you have data and you have your events and you’re building a new magical event, mixing all ?

Thomas Riedel : Well, I wouldn’t say we are the center of that, but I feel we are all in that center of this transformation, because that’s what we all share. It’s a time of transformation going to more digital. But we need to keep in mind that we are all analog. And so it’s a given that if we don’t want to be replaced by a digital world, we’re talking about a hybrid here.

So that’s one of my messages all the time that I say, you know : “keep in mind the technology needs to be a tool and we are not doing technology for the sake of technology, but really need to do it as a tool and we shouldn’t be scared of it.”

You know, also on that, I typically say “look, I never studied anything, I can deal with the technology. If I can do that, anyone can do that as well”.

Présentateur : Alexandre Michelin (Fondateur KIF Festival)

Intervenant : Thomas Riedel (CEO de Riedel Communication)

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