Laurence Bagot : C’est plutôt les technologies qui se mettent au service d’un récit. Et ce n’est pas la technologie qui fait l’expérience, c’est vraiment d’abord le récit. C’est comme dans un film, un mauvais scénario ne fera jamais un bon film. Après, on peut faire avec un bon scénario, un mauvais film, mais il faut un bon scénario de départ.
Et la technologie, en l’occurrence que ce soit le son binaural, ambisonique, enfin selon le contexte on peut décider de travailler avec l’un ou l’autre, selon les publics, etc., mais en tout cas cette technologie va permettre, d’un bon scénario, de l’augmenter d’une couche expérientielle qui sera assez extraordinaire.
Mais parlons du pouvoir de l’histoire dans tous les lieux à visiter. Parce que ça marche, une histoire. Ça marche auprès de tous les publics. C’est un code qu’on connaît, on nous raconte des histoires depuis qu’on est enfant, et ça marche.
Après, il faut trouver la manière de la raconter au public qui est là, donc réfléchir à comment on la raconte avant de parler technologie, même.
C’est une sorte d’imbrication du contenu et du contenant. Ce n’est pas seulement du son binaural, c’est avant tout un contenu, une histoire, avec une technologie.
Présentatrice : Clara-Doïna Schmelck (philosophe, journaliste, chargée de cours Sciences Po Strasbourg)
Intervenante : Laurence Bagot (Présidente de Narrative)
Laurence Bagot : En fait, le pouvoir du son, ça nous ramène aussi et surtout au pouvoir de l’histoire. Et c’est quelque chose auquel je tiens beaucoup. Ma société s’appelle Narrative, et combien de fois on m’a dit : “l’histoire n’existe plus aujourd’hui, il faut faire des choses complètement fragmentaires, etc.”
Moi je crois immensément au pouvoir de quelqu’un qui te dit “je vais te raconter une histoire”, et à ce moment-là, il faut tendre l’oreille. Après, il faut que cette histoire soit bien racontée, qu’elle soit bien écrite, qu’elle soit bien réalisée. Mais c’est quelque chose qui est assez magique.
Et, au-delà de la technologie qu’on utilise, en l’occurrence le son binaural, je pense que c’est une chose dans laquelle il faut investir.
La narration, l’histoire, comment on raconte l’histoire, ça a l’air assez simple comme ça, mais en fait, c’est beaucoup plus compliqué que ça n’y paraît, et l’autre Laurence, qui est sur le plateau, le sait bien, je pense qu’il faut se réapproprier le pouvoir du récit et de l’histoire dans tous nos lieux culturels.
Quand on a travaillé avec l’Abbaye aux Dames, on nous avait dit : “oui, mais alors les jeunes ne comprennent rien à la religion, l’ordre bénédictin, etc.”
C’est très rare que, dans cette abbaye où les jeunes écoutent notre histoire qui dure 1h, quelqu’un pose le casque en disant “j’en ai marre, on s’en va quoi”.
C’est au contraire quelque chose qui fonctionne bien, à partir du moment où l’histoire est bien écrite et bien réalisée, et c’est formidable de pouvoir utiliser des technologies nouvelles pour les mettre au service de bonnes histoires.
Présentatrice : Clara-Doïna Schmelck (philosophe, journaliste, chargée de cours Sciences Po Strasbourg)
Intervenante : Laurence Bagot (Présidente de Narrative)
Laurence Giuliani : C’est aussi de comprendre quel dispositif et quelle éditorialisation vont entrer en adéquation avec l’expérience qu’on souhaite faire vivre au visiteur de tel ou tel lieu.
C’est-à-dire que, tout à l’heure, Antoine a parlé de multiples façons de diffuser du son. Nous, par exemple, on diffuse du son au casque. C’est notre métier, c’est ce qu’on sait faire. On ne diffuse jamais de son dans l’air, on ne sait pas faire, par contre des gens savent très très bien le faire.
Il y a des lieux dans lesquels ça va beaucoup plus se prêter d’aller sur une diffusion comme ça, ambisonique, qui va envelopper un collectif parce qu’on va chercher à faire vivre une expérience collective.
Et puis parfois on va chercher à aller sur une adresse très directe, on va chercher à parler vraiment au creux de l’oreille du visiteur. Et là, le casque va bien s’y prêter.
Donc évidemment que les conditions d’écoute, elles sont incontournables, de la même manière que quand on fait une balade sonore in situ, lorsque le commanditaire nous dit : “vous serez gentils de traverser ce pont tout à fait là-bas, parce que politiquement, ça raconte quelque chose…”
Clara-Doïna Schmelck : Surtout que la géolocalisation permet aussi d’orienter le visiteur ?
Laurence Giuliani : On peut, en effet, emmener le visiteur où on veut, mais après il y a aussi – vous parliez de rationalité – il y a aussi une intuitivité du cheminement, une intuitivité de la mise en écoute.
C’est-à-dire qu’ avec tous les efforts du monde, avec les meilleurs auteurs et la meilleure dramaturgie possible, on n’arrivera pas à faire écouter n’importe quel contenu sur un pont, au-dessus d’une quatre voies. Ou alors on le joue.
Voilà, c’est vraiment cette chose-là à retenir, en fait. C’est-à-dire que pour un message donné, une situation d’écoute donnée et une technologie adossée quoi.
Présentatrice : Clara-Doïna Schmelck (philosophe, journaliste, chargée de cours Sciences Po Strasbourg)
Laurence Giuliani : C’est en effet une expérience. On parle souvent, nous, de réalité augmentée auditive.
Et puis, en fait, on a eu la démonstration tout à l’heure avec le moment où la visio ne captait pas très bien, on peut supporter de regarder une vidéo dont l’image – non pas un film de cinéma – mais une vidéo dont l’image ne serait pas forcément terrible. En revanche, on ne peut pas supporter d’écouter un contenu sonore qu’on ne comprend pas. On ne comprend plus rien, tout simplement.
Là, l’idée, c’est aussi de se dire que oui bien sûr, ça augmente, le son augmente. Il y a un exemple que tout le monde connaît dans le milieu du son, qui est le film King Kong.
Quand la production a sorti les screen test en petites salles, en fait la première version de King Kong a fait vraiment un flop épouvantable, les gens n’étaient absolument pas convaincus par cette espèce de grande marionnette pas du tout réaliste.
Donc, retour en studio. Qu’est ce qu’on fait ? Eh bien, on rappelle le compositeur et on lui explique qu’il y a peut-être quelque chose à jouer. Le compositeur a trouvé le thème de King Kong, qui arrive donc dès que King Kong arrive sur l’écran. Et là, ça a fonctionné.
En l’occurrence, on parle de musique, mais on parle évidemment d’immersion et on parle évidemment d’augmenter une expérience. Cet être qui était censé être très impressionnant, ne l’était pas sans son accompagnement sonore et musical.
Présentatrice : Clara-Doïna Schmelck (philosophe, journaliste, chargée de cours Sciences Po Strasbourg)
Laurence Giuliani : Vous êtes face à des personnes qui ont témoigné dans le cadre de cette balade, qui sont allées, déjà, dans un degré d’intimité au moment-même de l’interview.
Et ça, évidemment, on va chacun s’identifier qui a – cette petite fille dont je parlais – qui a la chargée du patrimoine, qui est passionnée par le lieu dans lequel elle vit etc.
C’est en effet des ressorts qu’on retrouve dans la littérature, ce phénomène d’identification qui fait qu’à un moment, je la vis la balade, parce que je suis dedans pleinement.
Présentatrice : Clara-Doïna Schmelck (philosophe, journaliste, chargée de cours Sciences Po Strasbourg)
Laurence Giuliani : Le secret du dérushage c’est beaucoup de café, d’abord, c’est évident, et puis c’est toujours sujet à beaucoup de discussions, c’est-à-dire qu’on est rarement seul.e.s dans cet exercice de dérushage, c’est-à-dire qu’on est souvent deux ou trois à travailler.
On se donne des morceaux chacun à faire, pour produire des ours, et c’est sur la base de ces ours qu’on va discuter et qu’on va affiner. Parce que dérusher, en effet, c’est déjà écrire et c’est parfois aussi si on n’y prête pas attention. C’est parfois aussi détourner un propos, le raccourcir, le synthétiser avec un peu trop de hâte.
Clara-Doïna Schmelck : Dans le journalisme on connaît bien le danger, mais dans la balade sonore, justement, on peut se laisser séduire par le son et couper…
Laurence Giuliani : Oui, et c’est vrai qu’on va parfois aussi chercher une musicalité de la parole et du texte, et parfois au détriment du sens. Donc on a vraiment un travail, on travaille toujours de manière très collective sur ces balades sonores.
Et puis on n’hésite pas, aussi, on aime bien, nous, faire ce qu’on appelle des tests usagers, que tout le monde connaît. Et c’est vrai que ça permet aussi, avec des oreilles complètement neuves, complètement vierges, de parfois se reposer la question de “qu’est ce qu’on est en train de raconter ?”
Et quel que soit le sujet, qu’on soit en train d’interviewer Léon Gautier, qui est un ancien du commando Kieffer à Ouistreham, plage du Débarquement, ou une petite fille qui nous raconte ses descentes en ski à Cauterets, quoi.
Clara-Doïna Schmelck : Oui, donc c’est vraiment la question du sens, à la fois le sens de l’ouïe et le sens aussi de la narration. Est ce que c’est logique, est-ce qu’il y a comme une forme de rationalité à respecter ?
Laurence Giuliani : Alors pas trop quand même. Parce que certes, on va faire très attention à ce qu’on manipule en tant que matière…
Clara-Doïna Schmelck : C’est ça que j’appelle rationalité au sens de la prudence.
Laurence Giuliani : On est prudent naturellement, mais c’est parfois aussi en s’amusant avec les mots qu’on vient y trouver une forme de poésie.
C’est vrai que dans le testimonial que présentait Laurence tout à l’heure, de cette personne qui dit “on plane un peu”, nous, on a très souvent ce type de retour où les gens, au sortir d’une balade sonore, nous disent qu’ils ont l’impression d’avoir vécu un spa auditif ou un hammam pour les oreilles. Ça, c’est aussi lié au fait qu’on vient chercher cette petite musique.
Présentatrice : Clara-Doïna Schmelck (philosophe, journaliste, chargée de cours Sciences Po Strasbourg)
Laurence Giuliani : C’est vrai que ça résonne avec ce que vous évoquiez tout à l’heure sur cette notion de pudeur. Nous on travaille, comme je l’ai dit, in situ, c’est-à-dire que toutes les équipes de création, que ce soient les auteurs, les voix, les musiciens, les sound designers, vont aller tous sur place pour glaner cette matière vivante.
Et quand vous parliez de pudeur, c’est vrai que c’est intéressant parce que, quand on va interviewer des habitants ou des personnes ressources, eh bien même les personnes ressources, même la chargée du patrimoine, le conservateur, etc., va finalement au bout d’un moment oublier le micro qui est posé sur cette table, et puis, petit à petit, finalement, se laisser aller à un registre qui va être beaucoup plus de l’ordre du sensible que de l’ordre du sachant, finalement.
Et ça, c’est vraiment quelque chose que nous, on cherche à attirer toujours.
Donc on se retrouve toujours évidemment avec des kilomètres de rushes qui sont comme ça très précieux. C’est vraiment cette matière qui va être dérushée patiemment, précieusement, pour finalement créer un portrait choral d’un territoire.
Présentatrice : Clara-Doïna Schmelck (philosophe, journaliste, chargée de cours Sciences Po Strasbourg)
Laurence Giuliani : On vous emmène en balade sonore, en extérieur, in situ. On développe également des podcasts pour le web, mais c’est vrai qu’on a un gros penchant pour le in situ.
On travaille beaucoup sur le terrain et notamment parce qu’on va chercher à révéler l’invisible. C’est un mot qu’on utilise beaucoup dans ce métier. Révéler l’invisible des territoires – alors, territoires dans leur acception large, naturellement.
L’idée, pour nous c’est, une fois de plus, de proposer d’embarquer un visiteur dans une bulle sonore qui va se déclencher grâce à sa déambulation, puisque ce sont des balades sonores géolocalisées.
Et puis on va chercher à emmener les visiteurs, surtout, au cœur d’un patrimoine vivant et d’un patrimoine qu’on va découvrir en marchant. Moi, je pense que le mieux, c’est de commencer par regarder une vidéo.
Cette vidéo donc, c’est un court condensé d’une balade qui dure environ 1h, 1h15 qui se déploie en Gironde, dans l’Entre-deux-Mers, sur une ancienne voie ferrée qui a été aujourd’hui convertie en voie verte, en pistes cyclables. Voilà donc je vous laisse découvrir cette vidéo et puis on peut en reparler après.
Vidéo :
Voix-off : “Ceci est votre oreille droite. Ceci votre oreille gauche. En marchant, des ondes sonores vont se découvrir en lien avec le paysage que vous traverserez.”
“Je sors sur le quai et j’ouvre mon parapluie.”
Personne 1 : “Souvenirs d’enfance ? Bah c’est le train à vapeur”
Personne 2 : “Donc pour un gosse c’est la machine à vapeur. C’est fabuleux de voir ça dans une gare, avec la vapeur, la fumée, le bruit.”
Voix-off : “Embarquement immédiat. Je saute dans ce train.”
Personne 3 : “La fréquence ? Alors il passait le matin, il passait souvent le soir et on l’entendait klaxonner. Donc il avertissait à chaque fois qu’il passait dans ces petites routes.”
Voix-off : “Percée visuelle. Ce pont, au fond, agit sur moi comme une aspiration, et une perspective.”
Personne 4 : “On passe sous un pont et on a l’impression de franchir une porte. On rentre dans un autre univers. On passe ailleurs.”
Voix-off : “Je shoote dans les cailloux.”
Personne 5 : “Le tango, la valse, le paso doble, voilà c’étaient pas les danses de maintenant.”
Voix-off : “Je bute dans ces vestiges de cerveaux endormis.”
Personne 6 : “C’était un matin d’hiver avec le givre. Cette fois-là, le train s’était transformé en machine diabolique.”
Voix-off : “Je sillonne les mémoires accumulées.”
Personne 7 : “On a une histoire, on a même des histoires.”
Voix-off : “J’active les itinéraires enfouis.”
Personne 8 : “Non, j’avance tranquille. En forêt, je dirais que je suis plus dans mes pensées.”
Voix-off : “Sentir que la pause, comme la marche, est aussi une manière d’être au monde. La contemplation est une façon d’aborder le paysage, de devenir le paysage.”
“Je m’interroge. Les voyages dans la tête, sont-ils plus beaux que ce qu’on fait en se déplaçant ? À quoi peut bien ressembler mon âme les jours de pluie ?”
Présentatrice : Clara-Doïna Schmelck (philosophe, journaliste, chargée de cours Sciences Po Strasbourg)
Laurence Bagot : On aime beaucoup, à Narrative, travailler avec des archives, qu’elles soient sonores… j’ai fait cet été une série de podcasts pour le musée d’Orsay, pour l’exposition Magritte/Renoir qui était à l’Orangerie où les podcasts sont pratiquement exclusivement basés sur des archives sonores et écrites mises en sons.
Le pouvoir des archives est absolument hallucinant, faire parler l’histoire en direct, ça marche toujours si on sait bien manipuler ces archives et les agencer comme un puzzle.
Donc raconter des histoires en partant de ce qui a été, c’est toujours assez fascinant à quel point ça marche.
On a aussi fait ça dans un projet qui s’appelle “Ça s’est passé ici” où on raconte l’histoire de la Shoah à Paris, là où ça s’est passé, donc. C’est de la micro-histoire, à travers des archives policières, sonores, écrites, qu’on a mises en sons quand il fallait les mettre en sons et qu’on raconte dans le lieu où elle s’est passée.
Et avoir un rapport de police d’une rafle de dizaines de familles qui ont été déportées exactement devant la porte cochère où ça s’est passé, ça fait froid dans le dos.
Présentatrice : Clara-Doïna Schmelck (philosophe, journaliste, chargée de cours Sciences Po Strasbourg)
Intervenante : Laurence Bagot (Présidente de Narrative)
Laurence Bagot : Le son laisse la liberté à chacun de créer ses propres images mentales.
Alors que l’image – je produis des images aussi – c’est quelque chose qu’on vous apporte devant le nez et vous n’avez pas le choix que de créer la vôtre…
Je dis souvent que quand on lit un livre et qu’on va voir un film derrière, moi ça m’arrive très souvent d’être déçue par le film parce que le livre m’avait fait produire des images dans ma tête, alors que le film m’en impose une qui n’est pas celle que j’avais produite. Donc forcément, il y a un décalage et souvent une déception.
Le son, c’est pareil, ça nous permet de produire nos propres images mentales. Vous entendez un feu de cheminée, chacun voit son feu de cheminée. Mais c’est sûr que vous voyez un feu de cheminée.
Et donc, effectivement, ça laisse une certaine pudeur, ou ça laisse un espace de liberté d’interprétation, pour laisser à chacun se faire sa propre représentation des choses. Et quelque part, cette représentation, elle vous est propre, donc elle vous touche beaucoup plus fortement que si c’est la représentation de quelqu’un, qui peut vous toucher ou pas.
Clara-Doïna Schmelck : C’est beaucoup plus personnel, finalement.
Laurence Bagot : Voilà. Il y a une implication de l’intime et de l’écoute intime dans le son qu’il n’y a pas forcément… C’est un rapport complètement différent à l’image.
Je ne sais pas si Antoine nous entend toujours, mais on m’a dit aussi que le son montait beaucoup plus rapidement au cerveau que l’image. Quelque part, il y a une connexion directe entre ce qu’on entend et ce qu’on perçoit.
Alors que l’image, le cerveau doit faire toute une recomposition de ce qu’il a vu, des pixels etc. enfin ça dure quelques millièmes de seconde, mais c’est quand même moins direct, un son nous rentre dans l’émotion et dans le cerveau de manière immédiate, d’où sa puissance évocatrice et sa puissance émotionnelle.
Présentatrice : Clara-Doïna Schmelck (philosophe, journaliste, chargée de cours Sciences Po Strasbourg)
Intervenante : Laurence Bagot (Présidente de Narrative)
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