Comment imaginer des visites pérennes et qui s’ancrent dans l’histoire des monuments ?

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Valérie Senghor : Déjà, le centre a considéré vraiment l’innovation comme un levier absolument essentiel pour transformer la mission patrimoniale. 

Alors à la fois dans le rapport au spectateur – ce dont on a beaucoup parlé depuis ce matin -, mais il y a aussi pour nous un enjeu qui est tout aussi important qui est l’enjeu interne, parce que tous les projets dont on parle, c’est des projets déjà qui se construisent de manière collective, de manière transversale. Et peut-être d’ailleurs avec plus de transversalité que ce qu’on connaissait avant.

Donc ça, c’est très intéressant aussi parce qu’il y a une forme de décloisonnement des expertises. On fait appel à de nouveaux métiers, on travaille avec de nouveaux interlocuteurs. 

Et puis ces projets doivent se penser dans la durée, de manière pérenne, parce que nous on ne travaille pas sur des coups événementiels, mais on travaille vraiment sur des projets qui transforment en profondeur la manière dont on perçoit, on visite les monuments. 

Et donc, à un moment donné, il faut que ces projets, ils s’ancrent physiquement dans les monuments. Donc ça veut dire qu’ils tiennent compte des spécificités, et des contraintes aussi, des monuments. 

C’est ce qui nous différencie là d’une expérience comme celle de Doha qu’on a évoquée tout à l’heure, parce que le point de départ de la démarche, c’est quand même le monument : qu’est ce qu’il a à dire, qu’est ce qu’on veut révéler, peut-être, de l’histoire du monument, qu’est ce qu’on veut révéler de parties disparues du monument…

Donc nous c’est ça notre point de départ. C’est quand-même une préoccupation scientifique qui va être au fondement de la création d’une nouvelle forme de relation avec les visiteurs

Donc nous, les projets que nous produisons, c’est des projets qui s’inscrivent dans une démarche d’ensemble, en tout cas pour les projets vraiment majeurs. Quand on crée ou qu’on repense un parcours de visite, et notamment en utilisant l’immersif, ça va être toujours dans une démarche d’ensemble. C’est-à-dire que ça va compléter une démarche de restauration du bâtiment à proprement parler.

Donc l’Hôtel de la Marine, c’est tout à fait ça, c’est un site absolument exceptionnel que les Parisiens, et plus largement les amoureux du patrimoine redécouvrent, là, depuis le mois de juin, puisqu’il est ouvert à la visite.

Donc le parti pris de restauration de ce site, c’est vraiment de plonger les visiteurs dans l’esprit, dans l’ambiance, dans l’humeur de ce bâtiment du XVIIIᵉ siècle.

Présentateurs : 

– Alexandre Michelin (Fondateur KIF Festival)

– Clara-Doïna Schmelck (philosophe, journaliste, chargée de cours Sciences Po Strasbourg)

Intervenante : Valérie Senghor (Directrice générale adjointe du Centre des Monuments Nationaux)

Sensory Odyssey : utiliser l’olfaction comme un pouvoir lié directement aux émotions

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Gwenael Allan : L’origine du projet, ce n’était pas simplement essayer de redonner un peu vie aux sciences naturelles ou aux expositions classiques, mais c’était beaucoup par le biais, à l’origine, de l’olfaction comme un langage, un pouvoir lié directement à la mémoire, aux émotions et par lequel nous voyageons instantanément dans le temps.

Et le fait, au-delà de l’espace, mais du temps aussi évidemment, ça fera partie, peut-être, nous espérons, dans les années à venir, créer un catalogue où on peut avoir l’ensemble des espèces et des écosystèmes de la planète en docu immersif, sensoriel, sans mots. Mais pourquoi pas aller aussi dans l’Histoire.

Présentateurs : 

– Alexandre Michelin (Fondateur KIF Festival)

– Clara-Doïna Schmelck (philosophe, journaliste, chargée de cours Sciences Po Strasbourg)

Intervenant : Gwenael Allan (Fondateur et CEO de Sensory Odyssey)

Comment l’immersif multisensoriel pourrait améliorer les expositions historiques ?

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Philippe Brunella : On peut imaginer aussi ce type de dispositif dans d’autres champs que la biodiversité et l’Histoire naturelle. Je pense aux temps anciens, je pense à ces ateliers de bronziers, à ces forgerons. Je pense à ces agriculteurs, à ces premiers agriculteurs du néolithique. Je pense à la taille de silex qui dégage aussi, pour l’avoir testée, une odeur de silex très particulière etc. 

C’est-à-dire que vous évoquiez tout à l’heure les musées d’Histoire, mais ces musées d’Histoire, à partir d’oeuvres authentiques, mais aussi à partir de reconstitutions scientifiquement élaborées, scientifiquement construites et vérifiées, contrôlées, ça ouvre des perspectives sur notre capacité à mieux comprendre ce que furent ces sociétés un peu anciennes.

Clara-Doïna Schmelck : En fait, la reconstitution vient compléter l’œuvre aux yeux du public. Donc ce n’est pas quelque chose qui se sur-impose ou qui la remplace ? C’est vraiment un enrichissement, un prolongement en fait.

Philippe Brunella : Un enrichissement d’autant plus nécessaire que, excepté quelques exceptions bien entendues, on a des œuvres qui sont souvent fragmentaires et qui sont présentées – dans une vitrine ou pas une vitrine, peu importe -, qui ne sont pas présentés aujourd’hui dans un musée comme elles étaient utilisées ou comme elles étaient exposées pour les œuvres d’art, chez le commanditaire de l’œuvre qui l’a commandé à un peintre, un sculpteur… 

Qui ne sont pas présentées pour des objets du quotidien dans l’environnement quotidien où ces objets étaient utilisés par les femmes et les hommes qui nous ont précédés. 

Clara-Doïna Schmelck : Je pense au département d’antiquités égyptiennes, au Louvre par exemple. 

Philippe Brunella : Par exemple, je pense à l’époque antique, je pense à la préhistoire, à la protohistoire. Je pense à des périodes encore récentes – et en ethnologie on a sans doute à utiliser aussi ce type d’expérience pour nous immerger – parce qu’on ne peut pas, parce qu’on n’a pas tous les objets, tous les éléments et le mobilier, et les murs, de ces périodes anciennes. En revanche, on a des œuvres qui existent et qui sont fragmentaires. 

On pourrait compléter, augmenter la perception de ces œuvres au moyen de ce que vous avez mis au point, cher ami, qui est époustouflant, et re-waouh.

Présentateurs : 

– Alexandre Michelin (Fondateur KIF Festival)

– Clara-Doïna Schmelck (philosophe, journaliste, chargée de cours Sciences Po Strasbourg)

Intervenant : Philippe Brunella (Directeur du musée de la Cour d’Or à Metz)

Sensory Odyssey : quand le virtuel se mêle au réel, jusqu’aux odeurs !

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Gwenael Allan : On s’est dit qu’il y a déjà beaucoup d’alarmisme sur l’environnement, que les musées des sciences naturelles utilisent encore des moyens assez didactiques, analytiques pour communiquer et que maintenant, avec les sciences cognitives et les technologies de pointe que nous avons, on peut raconter ces histoires différemment.

Sensibiliser justement par le biais de l’émotion, en n’utilisant pas des mots, mais en utilisant que des sensations, du ressenti et en travaillant avec des spécialistes en neurosciences sur comment est-ce que certains effets olfactifs, sonores, visuels, d’interactivité, de proprioception, etc peuvent influer sur des sentiments d’émerveillement et d’empathie. 

Donc c’est au plus près de la nature, dans le sens que nos sensations, nos émotions sont réelles. Mais évidemment, la nature elle-même ne l’est pas, elle est virtuelle. C’est une nature virtuelle…

Alexandre Michelin : Enregistrée.

Gwenael Allan : Oui, mais les sensations sont réelles. 

Alexandre Michelin : Mais par exemple les odeurs, vous les avez captées, enregistrées, avec des spécialistes des parfums, je crois, c’est ça ? Quelle est la technologie qui est derrière ?

Gwenael Allan : C’est tout un parcours assez complexe, parce que ce n’est pas simplement le fait de les capter ou de les traiter, mais c’est aussi comment les diffuser. Et donc ça, on a dû faire affaire à plusieurs couches de spécialistes pour pouvoir arriver jusqu’à les reproduire.

Alexandre Michelin : Donc c’est une numérisation ? 

Gwenael Allan : Non, non, c’est une molécule sèche. 

Alexandre Michelin : Donc ce sont les gens qui travaillent d’habitude pour les parfums, qui savent capter des odeurs, qui vous les ont recréées ? Vous avez enregistré l’odeur, je ne sais pas, d’un zèbre ?

Gwenael Allan : On a enregistré certaines odeurs, on travaille avec l’IFF, le leader mondial des fragrances, qui a ouvert son catalogue de molécules qu’ils ont, naturelles, pour travailler avec une équipe du commissariat olfactif du Nez, de la revue Nez, pour ensemble savoir créer un storytelling qui va avec les images, et ensuite le tout validé par des scientifiques du Muséum, pour être certain qu’il y ait une pertinence.

Alexandre Michelin : Pas des fake news quoi. C’est une recréation, c’est une représentation. C’est proche de la réalité et de l’émotion.

Présentateurs : 

– Alexandre Michelin (Fondateur KIF Festival)

– Clara-Doïna Schmelck (philosophe, journaliste, chargée de cours Sciences Po Strasbourg)

Intervenant : Gwenael Allan (Fondateur et CEO de Sensory Odyssey)

Comment attirer de nouveau publics pour visiter les lieux culturels français ?

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alérie Senghor : Sur la question de mettre le visiteur dans une posture active, le fait de s’appuyer sur le levier qu’est l’émotion pour aller vers une nouvelle forme de médiation et d’appropriation des sites, dans l’enjeu, en effet, de faire en sorte que le patrimoine reste une expérience contemporaine, c’est-à-dire rester en phase avec les usages aujourd’hui.

Donc ça c’est une préoccupation que nous avons nous, dans chacun de nos projets : comment faire en sorte de ne pas se couper des générations actuelles et voilà leur donner à éprouver le lieu.

Alors en respectant, évidemment, les spécificités architecturales, patrimoniales, du site, mais en même temps en introduisant une dimension émotionnelle et immersive là-dessus, évidemment très intéressante, qui permette de créer un lien fort entre le site et le visiteur, et ainsi espérer aussi fidéliser ces visiteurs.

Présentateurs : 

– Alexandre Michelin (Fondateur KIF Festival)

– Clara-Doïna Schmelck (philosophe, journaliste, chargée de cours Sciences Po Strasbourg)

Intervenante : Valérie Senghor (Directrice générale adjointe du Centre des Monuments Nationaux)

 Musée de la Cour d’Or : faire vivre les collections d’Histoire naturelle grâce à la technologie ?

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Philippe Brunella : Si je suis en partie là aujourd’hui, et si j’ai répondu aussi favorablement à l’invitation et si j’ai autant apprécié l’atelier de création, c’est bien parce que la présentation de ces œuvres, dont là, sur la gauche de l’image, ce pingouin islandais qui a disparu à la fin du XIXᵉ siècle, c’est bien parce que ces animaux inanimés, nous aimerions les voir s’animer.

Clara-Doïna Schmelck : Un retour au vivant, en fait, par le biais de la conservation et de l’évolution.

Philippe Brunella : Et autre élément – et l’exemple qatari tout à l’heure est, de ce point de vue, extrêmement éclairant -, faire aussi en sorte que l’on ne voit pas que des animaux ou des insectes, peu importe, même s’ils s’animent.

Mais si on pouvait les voir s’animer dans des environnements qui, pour certains environnements ont disparu, ou certains sont encore là, voilà, ce serait un moyen de faire vivre tout cela. 

Alexandre Michelin : De découvrir le monde à côté.

Philippe Brunella : Absolument Alexandre, découvrir le monde, mais aussi peut-être faire en sorte que l’émotion soit au rendez-vous. Je suis un de ceux qui pensent que l’émotion est un des mécanismes qui permet d’arriver à la connaissance et à retenir des choses.

Présentateurs : 

– Alexandre Michelin (Fondateur KIF Festival)

– Clara-Doïna Schmelck (philosophe, journaliste, chargée de cours Sciences Po Strasbourg)

Intervenant : Philippe Brunella (Directeur du musée de la Cour d’Or à Metz)

De quoi sont composées les collections d’Histoire naturelle du musée de la Cour d’Or ?

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Philippe Brunella : Il y a ce que l’on voit dans tout le parcours et ce que l’on voit dans les salles. Et il y a ce qui se trouve dans les réserves du musée de la Cour d’Or. 

Et dans ce musée, nous avons en réserve des collections d’Histoire naturelle qui furent présentées de façon assez traditionnelle dans ces étagères de bois, avec des alignements d’animaux naturalisés, d’insectes, de minéraux, d’éléments de géologie, etc. 

Un énorme travail a été fait pour sortir ces collections de ces galeries historiques, en assurer ainsi la meilleure conservation possible, et puis surtout d’en assurer l’étude des inventaires assez sommaires qui préexistaient, n’étant pas adaptés au projet d’usage d’utilisation, de valorisation de ces collections d’Histoire naturelle.

Alexandre Michelin : Il y a combien de pièces ?

Philippe Brunella : Alors, l’unité de mesure est le millier. Il y a à peu près 5000 oiseaux naturalisés. Il y a plusieurs milliers de mammifères…

Alexandre Michelin : Qui ont disparu, ou certains ont disparu ?

Philippe Brunella : Pour un grand nombre de ces oiseaux et mammifères ils ont ou disparu ou, pour certains d’entre eux, ils sont en voie de disparition. Ce sont des espèces protégées, ce sont des espèces qui doivent attirer notre attention.

Présentateurs : 

– Alexandre Michelin (Fondateur KIF Festival)

– Clara-Doïna Schmelck (philosophe, journaliste, chargée de cours Sciences Po Strasbourg)

Intervenant : Philippe Brunella (Directeur du musée de la Cour d’Or à Metz)

Présentation du Musée de la Cour d’Or à Metz

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Philippe Brunella : J’ai prévu quelques images pour contextualiser ce qu’est ce musée de la Cour d’Or, au cœur de la ville de Metz, au cœur d’un territoire. Un musée qui est un musée très généraliste. Un musée qui a plus de 180 années d’existence.

Une entrée monumentale qui a été créée en 2018. Et derrière cette entrée monumentale, ou plutôt dans le prolongement de cette entrée monumentale, vous avez toute une série de collections qui touche depuis l’époque gallo-romaine jusqu’à la seconde moitié du XXᵉ siècle.

Alexandre Michelin : C’est toute l’histoire de la ville de Metz.

Philippe Brunella : Voilà, des éléments qui sont là. Un ensemble thermal antique conservé dans bon nombre de salles du musée, avec les systèmes de bains de l’Antiquité, mais aussi de la sculpture, et évidemment des milliers et des milliers d’objets.

On est sur un musée immersif, sans système audio numérique, tout ce que l’on veut, pour l’instant, mais où l’on rentre dans l’Antiquité, où l’on rentre dans ces mondes anciens, avec ces témoignages qui nous ont été livrés et avec la fonction première d’un musée qui est cette fonction de conserver pour les générations futures les vestiges en question. 

On traverse ainsi tous les temps, on traverse ainsi beaucoup d’époques, on se promène, on est immergé.e face à des œuvres authentiques. 

Et, je pense qu’on y reviendra tout à l’heure, dans les désirs que l’on peut avoir de numérique et de rapport entre le numérique et l’aspect authentique des vestiges, des éléments, des œuvres d’art, qui sont conservés dans nos établissements. 

Et puis alors ce musée de la Cour d’Or qui est… Et là, j’ai mis que quelques photos. Bah oui, ça fait quand même 6000 mètres carrés, et 49 salles qui se sont ouvertes au public, dans une forme de labyrinthe qui utilise aussi des espaces…

Alexandre Michelin : Ça, je ne sais pas si on peut s’arrêter sur cette pièce ?

Philippe Brunella : Ça c’est un plafond qui date du XIVᵉ siècle, qui a été retrouvé au cœur de la ville de Metz, qui a été démonté en 1982 et installé dans une salle qui a été spécialement créée, spécialement aménagée pour accueillir ce plafond dont il faut assurer à la fois la conservation, mais aussi la compréhension par le public. 

On a des édifices anciens – j’ai parlé des thermes -, mais d’autres édifices anciens, dont un grenier frumentaire qui servait à stocker les céréales de la ville, qui se développe sur cinq niveaux et dont aujourd’hui seul le rez-de-chaussée est aménagé pour y présenter la statuaire médiévale.

Quatre niveaux seront à aménager dans un futur que je souhaite aussi proche que possible, en étant un peu réaliste. 

Clara-Doïna Schmelck : En moyenne, combien de visiteurs accueillez-vous par an ? 

Philippe Brunella : Un peu plus de 80 000 visiteurs, ce qui est très nettement insuffisant, eu égard à la qualité et la beauté des collections qui y sont conservées.

Présentateurs : 

– Alexandre Michelin (Fondateur KIF Festival)

– Clara-Doïna Schmelck (philosophe, journaliste, chargée de cours Sciences Po Strasbourg)

Intervenant : Philippe Brunella (Directeur du musée de la Cour d’Or à Metz)

Comment faciliter l’acquisition des droits dans le jeu vidéo en France ?

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Karine Riahi : Il y a une vraie complicité, ou en tout cas connexité entre ce qu’on vit dans les réalités immersives/réalités virtuelles et le jeu vidéo, et il faut s’inspirer des exemples.

Il y a aussi une chose qui me touche c’est que, au niveau juridique, puisque c’est de là qu’on part, acquérir de la propriété dans le jeu vidéo, en droit français, ça a été très compliqué. Pourquoi ? Parce qu’on n’a pas de régime juridique. 

Donc là, je prends un peu ma casquette de juriste, mais ça, c’est important parce qu’il y a eu une délocalisation des éditeurs de jeux vidéo dans les pays où c’était plus facile d’acquérir du droit. 

Donc il y a encore, aussi, une réflexion auprès des pouvoirs publics, et ça c’est aussi le rôle des associations dans le secteur, d’attirer l’attention sur les pouvoirs publics en donnant les outils juridiques, et pas seulement financiers, mais l’outil juridique pour faciliter l’acquisition des droits.

 On en est tout le temps là. L’acquisition des droits, plus c’est compliqué, plus on se délocalise, et plus ces industries qui devraient être des industries françaises, des licornes françaises, vont devenir des licornes canadiennes ou américaines, avec un système de copyright plus stable.

Yves Ach : Alors, c’est pas une fatalité…

Karine Riahi : Non, ce n’est pas une fatalité, c’est pour ça que je lance un appel. 

Yves Ach : Il y a d’autres secteurs que les jeux vidéo. Il y aura aussi l’éducation qui va être un secteur où la réalité et les notions immersives vont se développer de façon incroyable.

Alexandre Michelin : La santé…

Yves Ach : Et la santé, bien sûr.

Présentateur : Alexandre Michelin (Fondateur KIF Festival)

Intervenants : 

Karine Riahi (Spring Legal)

Yves Ach (Commissaire aux comptes)

Créer des formats déclinables, une richesse infinie pour les entreprises technologiques

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Karine Riahi : Je m’aperçois que certains entrepreneurs, certaines entreprises ont du mal à considérer que ce qu’elles créent sont des créations de valeur et que ça relève de la propriété. La propriété, c’est ce qui vous rend riche. C’est ce que c’est ce que vous créez et ensuite que vous exploitez à l’envie. 

Et ce qui est intéressant dans cette notion de création de valeur dans les entreprises des réalités immersives, c’était la notion de décomposition. Pas de décomposition au sens péjoratif, mais le fait que l’on puisse démultiplier. Et donc il y a un mot sur lequel je vais rebondir, qui était celui de Roei, qui était la notion de format. 

Alors chez nous, on a les “formats juridiques”, et les formats, c’est un premier stade qui peut se décliner avec un mode infini de manières de décliner… 

Alexandre Michelin : Ce que Roei a fait, par exemple Pompéi, est un format. Et demain, on pourrait, entre guillemets, l’exploiter dans un casque ou dans un autre espace…

Karine Riahi : Exactement. Dans un autre mode d’œuvre.

Alexandre Michelin : Dans un autre mode d’œuvre. Et donc il y aurait forcément pour lui une rémunération, pour la RMN GP une création de valeurs, et pour tous ses partenaires une redistribution.

Karine Riahi : Tout à fait. Et c’est ça qui est intéressant, c’est parce qu’ aujourd’hui on est dans un niveau de technologie tellement forte et aussi de créativité tellement forte, parce que les moyens qu’on met à la disposition des créateurs les inspirent et les font se dépasser. Ce qui était de la science-fiction, aujourd’hui n’en est plus.

Et à partir du moment où on crée des univers riches, et non seulement on va créer un univers riche de déclinaisons, ça pourrait être un long métrage, ça pourrait être une série, ça peut être un jeu vidéo, etc. Mais ça peut être aussi de la licence de marque, c’est-à-dire que tout d’un coup on va ailleurs, dans la propriété industrielle – la marque on sait -, et ça c’est une richesse à l’infini qui peut durer autant de temps…

Alexandre Michelin : C’est vraiment de la création de valeur.

Présentateur : Alexandre Michelin (Fondateur KIF Festival)

Intervenante : Karine Riahi (Spring Legal)

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