Metz, une ville ancrée dans le numérique au patrimoine culturel riche

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Patrick Thil : La ville s’est engagée sur les nouvelles technologies depuis fort longtemps, depuis 1971, 1972 à peu près. Et on voit bien qu’aujourd’hui, derrière le numérique qui était avant tout de la technique au départ, est venue, je dirais, l’économie, la science et puis l’art maintenant, et que c’est complètement assumé.

Alors si vous me demandez pourquoi on s’engage là-dedans, je dirais : “en raison d’un déficit d’image”. Je crois que le différentiel entre la beauté d’une ville et sa connaissance internationale, mais même nationale, fait qu’il faut que nous travaillions absolument là-dessus parce qu’on aime tellement notre ville qu’on voudrait qu’elle soit découverte par le monde entier, et je crois que ça marche.

Alexandre Michelin : Il y a un patrimoine exceptionnel à Metz ?

Patrick Thil : Alors c’est la liaison, effectivement, entre le patrimoine et ces nouvelles technologies, et c’est un moyen, pour certains qui ne connaissent pas ce patrimoine, de le connaître, attirés qu’ils sont par ces œuvres numériques, mais aussi peut-être au reste de la France.

Alors c’est assez paradoxal. D’abord, je dirais qu’on a, et dans l’ordre d’apparition, si vous me le permettez, un patrimoine italo-franco-allemand.

Italien, parce que la ville a connu, je dirais, sa liberté de république messine, puisque c’est ce que nous étions dans cet empire romain-germanique, mais jamais de langue germanique, jamais, sauf quand on nous l’a imposée, évidemment, mais à des époques beaucoup plus récentes.

Et puis français, un peu plus français qu’ailleurs, c’est à dire que c’est le classicisme qui domine, et bien sûr pas le baroque qu’on connaît dans toute l’Europe.

Et ce classicisme est encore plus classique, si vous me permettez cette expression, renforcé par l’esprit militaire qui a été celui de la ville à partir de 1552, son rattachement au royaume de France.

Et puis, enfin, le patrimoine germanique qui a été imposé, je dirais, surtout par Guillaume II lors de cette annexion à partir de la perte de l’Alsace Moselle, qu’on appelait l’Alsace-Lorraine à partir de 1870.

Et nous avons un tel patrimoine intéressant, sur ce plan du germanique, que pendant longtemps on n’osait pas le regarder. Mon grand-père, quand je passais devant la gare, me disait : “ne me regarde pas, c’est moche parce que c’est Boche”, et je ne parle pas de la marque, bien entendu.

Et aujourd’hui, cette gare parfaitement germanique est, par le vote populaire des internautes, depuis trois fois la plus belle gare de France. Sacré revanche !

Alexandre Michelin : C’est vrai que, quand on arrive à Metz, à la gare, on est surpris par cette architecture qui n’a rien à voir avec celle à laquelle on est habitués en France et qui est, en même temps, forte parce qu’elle est au cœur, avec toute une architecture, aussi, qui est héritée aussi de l’empire allemand.

Et puis quand on va de l’autre côté on arrive sur le Centre Pompidou. Il y a les deux faces. Cette modernité, et tout ce nouveau quartier qui pointe vers le Centre Georges-Pompidou.

Patrick Thil : Ce Centre Pompidou dans lequel nous sommes.

Donc voilà, ce patrimoine est riche, mais il n’est pas connu. En plus, on est une des villes les plus vertes de France, et engagée dans l’écologie urbaine, si j’ose dire, dès les années 70, ce qui était à l’époque, je dirais, pas du tout un parti politique, encore moins, mais qui était une science.

Et on a inventé ici, par Jean-Marie Pelt et Roger Klaine, ce qu’on appelle l’écologie urbaine. C’est-à-dire une autre conception qui tournait le dos à ce que faisaient toutes les villes de France, y compris Metz, qui était cette rénovation urbaine qui a suivi l’après-guerre et qui consistait à détruire des quartiers souvent historiques au profit de la nouvelle architecture.

Alexandre Michelin : Donc c’est une ville créative et durable, c’est une ville qui fait dans la créativité, notamment en numérique, et puis qui respecte l’environnement en même temps et qui le met en valeur.

Jérémie, toi qui, justement, est architecte de formation, mais qui aujourd’hui est aussi plasticien, comment est-ce que tu as découvert la ville de Metz ?

Jérémie Bellot : Alors, par ma proximité géographique – j’étais résident pendant quasiment dix ans à Strasbourg -, et j’ai été invité par le festival, il y a quelques années, à présenter plusieurs œuvres, dont une collaboration avec le Musée de la Cour d’or sur un projet qui s’appelait “Bestiaire céleste”.

Alexandre Michelin : Ah oui, donc déjà avec un musée.

Jérémie Bellot : …avec des coupoles par un dispositif multi-projections et l’inauguration de la rénovation du musée de la Cour d’or, qui est un lieu magnifique.

Et une très belle rencontre aussi, avec avec monsieur Brunella, avec qui on a travaillé, qui est venu sur ce plateau et qui est un grand partenaire du projet Constellation qui, du coup, accueille une œuvre cette année de László Bordos sur la cour arrière, sur la cour du grenier de Chèvremont. Donc c’est quelqu’un qui, aussi, fait évoluer l’architecture de son musée.

Alexandre Michelin : Il est venu nous le raconter hier, avec l’ambition sur la biodiversité. C’est pour ça aussi qu’on voit qu’il y a beaucoup de cohérence, finalement, dans cet acte à la fois moderne et en même temps qui respecte l’héritage de la ville.

On va peut-être regarder le film sur Constellations. On a un petit film qui a été fait, j’imagine, par vous, qui permet de vivre, en tout cas de ressentir ce qui se passe quand on déambule et qu’on voit ce côté spectaculaire.

Le film.

Présentateur : Alexandre Michelin

Intervenants :
Patrick Thil (adjoint au maire de Metz en charge de la culture)
Jérémie Bellot (artiste plasticien, curateur du festival Constellations)

L’importance de diversifier et structurer l’industrie créative de l’immersion

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Guillaume Roger : Sur le dispositif, c’est vrai que c’est important que la région soit sur des créneaux différents, parce qu’on n’a pas tous les mêmes besoins, on n’a pas tous forcément besoin de passer par un incubateur, on n’a pas tous besoin de ce type de structuration.

Et c’est important qu’il y ait plusieurs dispositifs qui perdurent l’un avec l’autre, parce que certains sont complémentaires. On n’est pas obligé d’être soit chez l’un, soit chez l’autre, des fois, on peut essayer de jouer sur plusieurs tableaux, et c’est important. 

Et je trouve que c’est important aussi que les élus soient sensibilisés à ces nouvelles technologies, parce que c’est quelque chose qui modifie profondément les comportements et nos façons qu’on a d’appréhender les milieux, notamment les milieux culturels, patrimoniaux, mais pas que, puisqu’on voit que l’immersif est à la maison avec les jeux vidéo ou autres. 

Donc, c’est vraiment un gros bouleversement sociétal et c’est important que les élus en fassent partie et que, du coup, les structures nous accompagnent.

Présentateur : Frédéric Josué (Président de 18M.io)

Intervenant : Guillaume Roger (CEO Filthy Patches)

Le positionnement de Grand E Nov+ par rapport aux agences d’innovation des autres régions françaises

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Marc Bourhis : Alors moi je n’ai pas forcément une vision suffisamment 360 pour répondre exactement à cette question. 

Je pense que c’est quand même assez unique parce que, si je prends le cas de l’Ile-de-France que je connais assez bien, c’est vrai qu’on est à mi chemin entre un Cap Digital, parce qu’on a une expertise sur le numérique qui est très poussée, sur l’IA, et puis on agit aussi sur le domaine plus industriel, et là c’est un autre pôle de compétitivité en Ile-de-France. 

Donc on n’est pas structurés de la même manière, mais pour autant on agit, parfois, avec des experts qu’on réunit dans des groupes de travail… un peu de la même manière, on essaye de réunir les bonnes personnes, et surtout d’être dans une approche agile par rapport à chaque cas de figure qui nous est présenté.

Présentateur : Frédéric Josué (Président de 18M.io)

Intervenant : Marc Bourhis (Directeur des projets Filière Images Grand E-Nov)

Grand E-Nov+ : comment financer les projets de VR qui coûtent beaucoup d’argent ?

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Marc Bourhis : C’est vrai que c’est une difficulté parce que…

Frédéric Josué: Il y a jamais assez d’argent, mais…

Marc Bourhis : Alors, de fait. Mais en plus, on le voit, il y a des acteurs, qui ont une certaine maturité, qui vont sur des projets très ambitieux, prenez l’exemple de Seppia ou de Virtual Journey.

Et c’est vrai que les projets de VR, notamment, sont coûteux, aussi coûteux que des projets de cinéma ou de fiction audiovisuelle. Donc c’est vrai que la barre est haute pour, souvent, des jeunes structures qui n’ont pas forcément beaucoup d’expérience dans le montage financier. Donc c’est là où il y a un enjeu d’accompagnement. 

Alors on travaille, notamment, aujourd’hui, sur un dispositif qui naîtra l’année prochaine, d’accompagnement… alors plus pour les producteurs de fiction, cinéma ou audiovisuel, mais qui pourrait, à terme, peut-être être ouvert aux producteurs de création d’expériences numériques, qui consisterait à ce que la région investisse en tant qu’investisseur avisé, et donc puisse entrer en co-développement et en coproduction des projets. 

Donc, c’est un dispositif qui se rajoutera aux aides traditionnelles, mais qui sera, du coup, un investissement privé, avec des acteurs privés comme partenaires de la région.

Présentateur : Frédéric Josué (Président de 18M.io)

Intervenant : Marc Bourhis (Directeur des projets Filière Images Grand E-Nov)

Comment la région Grand Est identifie et aide les talents de la région à se développer ?

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Marc Bourhis : Ce qu’on essaie surtout, c’est peut-être qu’il y ait un continuum de structures d’accompagnement. On ne fait rien tout seul. C’est d’arriver, pour chaque acteur, à un stade de maturité de son projet, donc c’est arriver à flécher, déjà, être une sorte de gare de triage pour de l’information – parce que parfois ça tient aussi à l’information – qui lui permet d’aller chercher le financement au bon moment, les bons interlocuteurs pour pouvoir faire évoluer son projet.

Donc c’est vraiment ce travail, je dirais, d’interface effectivement humaine, qu’on peut mener. On n’est pas les seuls sur le territoire, donc c’est pour ça qu’on essaye de s’inscrire vraiment dans un écosystème d’acteurs déjà existants. 

Je pensais spontanément : au début du parcours, on voit aussi des projets qui émergent… 

Dans une des conférences, il était question de la donnée et du mapping vidéo. On a vu, par exemple, dans le cadre de Fluxus, qui est un dispositif d’incubation de la DRAC pour des jeunes entrepreneurs, des projets émerger où, justement, il y a ce mariage qui était vraiment très intéressant entre du mapping et des données liées à la circulation des publics dans une ville.

Et un rendu très esthétique, et je pense que l’artiste, elle a eu déjà cette aide, cet accompagnement de Fluxus, ensuite elle va s’inscrire peut-être dans un dispositif, – alors c’est pas encore le cas il me semble – tel que “Tango et Scan”, qui est piloté par une association du territoire. Elle peut demander, par exemple, de l’aide à l’AMI – Création Numérique qui a été citée tout à l’heure. 

Et puis si son projet prend encore d’ampleur, d’autres dispositifs nationaux, également, sont disponibles.

Présentateur : Frédéric Josué (Président de 18M.io)

Intervenant : Marc Bourhis (Directeur des projets Filière Images Grand E-Nov)

Grand E-Nov+ : croiser les mondes de l’éducation et de la création pour innover

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Marc Bourhis : Je peux peut-être juste faire un focus sur la manière dont, depuis deux ans et demi, on a essayé de travailler.

Donc c’était, déjà, de cartographier l’ensemble des acteurs. Donc là, c’est quelques éléments – dans la salle, certains les connaissent déjà -, mais on a identifié… donc il y avait des forces vives déjà existantes. 

Seppia est un bon exemple typiquement, puisqu’il est à la fois producteur de documentaires et post-producteur de longue date, et de ce point de vue là a acquis déjà une excellence dans ces domaines. Et aujourd’hui, l’enjeu, c’est plus son internationalisation et sa spécialisation, le fait d’aller vers de nouveaux marchés comme, justement, l’immersif. 

Et puis, ensuite, il y a des studios de création aussi de contenu immersif, mais dans différents domaines. Et c’est là où je pense qu’une des méthodes qu’on veut mettre en avant, c’est de jouer sur la fertilisation croisée entre les mondes de l’éducation, comme le KIF en est un exemple, qui peuvent discuter, échanger, voire monter des projets avec le monde de la création et de la culture.

Et il y a l’écosystème aussi du jeu vidéo sur lequel on travaille également. Et donc on a défini un certain nombre d’axes de travail collectivement, avec les acteurs qu’on a réunis quelques mois après que j’ai pris poste en Grand Est.

Et donc on a défini des axes de travail aussi, qui sont : renforcer, d’un côté, la viabilité économique des projets – je pourrais en dire deux mots, notamment sur la partie développement qu’on évoquait -, et puis améliorer aussi le marketing de la filière, mieux faire connaître les acteurs – ça, c’est un peu ce qu’on fait ici, d’une certaine manière -, et également travailler sur la proposition de valeur, comme on dit, à travers la formation, l’innovation, c’est mieux travailler aussi avec des labos, éventuellement, du territoire, et la création aussi, si on veut travailler sur les résidences d’écriture, sur le développement créatif en tant que tel, et ça, donc, sur un spectre qui va du cinéma jusqu’aux jeux vidéo en passant par le numérique.

Présentateur : Frédéric Josué (Président de 18M.io)

Intervenant : Marc Bourhis (Directeur des projets Filière Images Grand E-Nov)

Présentation de Grand E Nov+

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Marc Bourhis : Alors +, c’est tout simplement parce que Grand E-Nov donc, à l’époque, s’appelait Grand E-Nov, effectivement, est né au moment de la fusion des anciennes régions au moment de la création du Grand Est. Et, à ce titre-là, donc, agrège un certain nombre d’entités au fur et à mesure du temps.

Et notamment sur la prospection internationale, où on a intégré une agence qui s’appelait Triple-A (AAA), et donc ça, ça s’est fait il y a un an, et donc on s’est dit : “on intègre un certain nombre de marques désormais aussi” – j’en parlerai tout à l’heure – comme Grand Testeur, comme Scal’E-Nov, qui est de l’accélération de start-ups, et donc on s’est dit : “il faut qu’on rajoute un +, parce qu’on en fait vraiment beaucoup plus, au fur et à mesure”, donc voilà.

Il fallait montrer un peu l’évolution. C’est une structure qui est toute récente, mais qui grandit très rapidement, en tout cas à un rythme soutenu. Et surtout, on se donne des défis régulièrement nouveaux, et on essaye de relever, aussi, les défis de différentes typologies d’acteurs, et sur des domaines très différents, ce qui fait qu’il y a deux pieds, en quelque sorte, au sein de Grand E-Nov.

Il y a des experts, on va dire généralistes, qui accompagnent la structuration des projets, la recherche de financement à l’innovation… 

Ça c’est la partie émergée de l’iceberg, d’une certaine manière, de l’action de Grand E-Nov qui, au quotidien, accompagne des entreprises sur des durées plus ou moins longues sur leur structuration de projet, sur la transformation numérique. 

On n’est pas simplement sur le spectre des start-up, on essaye aussi d’accompagner des entreprises traditionnelles. 

Et puis il y a une action, aussi, au niveau des filières d’activité, – et ça, c’est dans cette partie où s’inscrit mon action -, où on a donc recruté un certain nombre d’experts métiers, dont je fais partie, sur différentes filières. 

Donc il y a le numérique, l’intelligence artificielle, l’industrie. Et puis, il y a des filières, aussi, où on commence à agir, d’autres où on ralenti un peu la voilure.

Mais sur l’image et les industries culturelles et créatives, ça fait deux ans et demi où il y a un effort qui a été fait de la région pour soutenir l’action de Grand E-Nov, et qu’on arrive petit à petit à instaurer un certain nombre de missions.

Présentateur : Frédéric Josué (Président de 18M.io)

Intervenant : Marc Bourhis (Directeur des projets Filière Images Grand E-Nov)

Le secret d’un projet riche : la pluralité des métiers

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Guillaume Roger : Quand on est philosophe, faire de la philosophie sur la philosophie, c’est pas mon truc. Il y en a qui aiment bien faire ça. 

Moi, j’ai toujours été intéressé par l’extérieur, c’est-à-dire que je me suis toujours intéressé à la physique quantique, par exemple, qui est quelque chose qui me passionne, par rapport aux nouvelles technologies, aussi, qui m’ont toujours passionné, toutes ces choses-là.

Donc il y a des passerelles à faire, il y a des gens à rencontrer, et on se rend compte que dans chaque milieu, on a besoin de compétences différentes, on a besoin de choses qui sont transverses. 

On peut très bien, à un moment donné, avoir besoin d’un vidéaste, on peut avoir besoin de quelqu’un qui fait du code, on peut avoir besoin de quelqu’un qui a besoin d’un graphiste, on a besoin de quelqu’un qui gère la 3D…

C’est des métiers qui font appel à beaucoup de disciplines. Et plus le projet est important, plus il y a de disciplines importantes, plus il y a de disciplines différentes, et plus le projet va être intéressant et engageant pour les autres.

Et ça, on ne peut pas le faire en étant tout seul. C’est très complexe. Après, il y a des artistes qui sont… j’en connais, si je pense à Véronica, que j’ai rencontrée il n’y a pas longtemps, qui fait des choses juste fabuleuses en VR.

Mais, j’allais dire aussi, pour des gens normaux, ils pourraient paraître pour des malades mentaux, parce que quand ils se lancent dans une œuvre, ils vont travailler dessus 24/24h, en ne se reposant quasiment pas. Mais c’est quelque chose qui est… pour eux c’est instinctif, ça vient d’eux, c’est des artistes.

Et aujourd’hui, on a besoin de ces gens-là, on a besoin de ça, parce qu’ils vont pousser dans les limites tout le matériel, tout ce qu’on a à disposition, aujourd’hui, d’un point de vue technologique.

Ils vont faire avancer les choses. Ils vont nous donner énormément d’idées sur tout ce qu’on peut faire avec les technologies que l’on a. 

Ils vont avoir, aussi, des points de vue qui sont souvent disruptifs, parce que eux ils sont dans un monde qui est artistique, donc ça veut dire, pour eux, qu’il n’y a aucune limite.

Et le fait qu’il n’y ait pas de bord, qu’il n’y ait pas de limite, ca leur permet de découvrir des nouveaux points de vue, de découvrir de nouvelles expériences qu’on peut, nous ensuite, transmettre comme outil de médiation.

Et là je fais le lien entre le côté artistique, qui va de l’artiste, comment dire, de la R&D pure, on va dire, et l’applicatif, dont nous on a besoin pour le rendre concret et pouvoir le proposer au plus grand nombre.

Donc, c’est ça, l’interdisciplinaire. Et c’est ça, mon côté un peu, entre guillemets “philosophe”, c’est de regarder tout ce qui m’entoure, et d’essayer de faire une synthèse de tout ça, et puis de la retranscrire pour que le plus grand nombre puisse le comprendre et l’utiliser surtout.

Présentateur : Frédéric Josué (Président de 18M.io)

Intervenant : Guillaume Roger (CEO Filthy Patches)

Roger RX : l’immersif 3D vient enrichir notre monde en 2D

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Guillaume Roger : Le point de départ, en fait, c’est de montrer que tout ce qu’on a aujourd’hui, tout ce qui est en 2D, qui est sur du papier, sur du lutrin, et qui est physique, c’est quelque chose où les personnes devant sont passives. C’est-à-dire qu’elles vont regarder, mais elles avoir une attitude passive.

Alors que dès qu’on passe à l’immersif, on devient actif. Et quand on devient actif, ça devient plus ludique, ça devient plus intéressant. On peut faire venir aussi également d’autres générations.

On parlait des jeunes, ce matin, qui était connectés avec leur smartphone, qui utilisaient déjà l’immersif, soit avec des applications comme Snapchat ou Instagram, toutes ces choses-là. Donc ils ont déjà l’habitude de ces technologies-là.

Et faire comprendre qu’on peut utiliser ces technologies-là, bien sûr pour les enfants, mais aussi pour les adultes, et c’est aussi transgénérationnel.

C’est-à-dire que l’immersif apporte quelque chose que le 2D, pour l’instant, n’a pas réussi à apporter. C’est-à-dire que là, on voit un enfant qui a une dizaine d’années, qui a douze ans, qui va montrer à sa grand-mère qui a 80 ans, comment, avec son smartphone, elle peut voir les hauts fourneaux tels qu’elle les a connus quand elle était jeune.

Et ça c’est quelque chose qui est génial parce qu’il y a un partage intergénérationnel, où l’enfant utilise une technologie qu’il utilise au quotidien, qui pouvait être méprisée par la personne âgée. 

Et vice versa, un gamin qui pouvait mépriser le passé de sa grand-mère, parce que pour lui les hauts fourneaux, c’est quelque chose de complètement dépassé, ça ne l’intéresse pas. 

Et là on voit qu’il y a une connexion qui se fait entre les générations, et un dialogue qui peut se renouer sur le passé de la grand mère, qu’elle a eu un métier, elle n’a pas toujours été vieille, elle n’a pas toujours été la maman de sa maman, et ainsi de suite. 

Et ça, c’est super intéressant, parce que pour un jeune, il se rend compte que sa mamie, potentiellement, elle pouvait aussi avoir le même âge qu’elle, et avoir aussi d’autres outils. 

Donc c’est quelque chose, de passer du 2D, d’une ancienne technologie – ce n’est pas opposé, parce qu’on l’utilise toujours. Mais l’immersif apporte quelque chose de plus fort, de plus engageant que simplement quelque chose qu’on avait avant, en 2D, sur une vidéo ou sur autre chose.

Et on le voit dans les œuvres immersives. D’un point de vue artistique également, la façon dont on perçoit une œuvre numérique immersive et la façon dont on va voir apercevoir une statue, par exemple, ce n’est pas du tout la même chose. On la voit pas de la même façon, on la perçoit pas de la même façon, et dans notre souvenir on ne la perçoit pas de la même façon, non plus. 

Mais ça ne veut pas dire qu’il y en a une qui est meilleure que l’autre. C’est juste deux mondes qui sont différents, mais qui, à un moment donné, on peut les connecter pour en faire quelque chose de plus fort. Et c’est ça, nos objectifs.

Présentateur : Frédéric Josué (Président de 18M.io)

Intervenant : Guillaume Roger (CEO Filthy Patches)

Roger RX : faire revivre le patrimoine disparu grâce à la réalité augmentée

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Guillaume Roger : Là on arrive sur une petite vidéo et une application qui fait revivre un patrimoine disparu sur la thématique que j’appelle, moi, de la fenêtre temporelle où, en fait, on va utiliser son smartphone pour faire revivre un patrimoine qui a disparu. C’est-à-dire que sur la réalité, on va superposer les hauts fourneaux. 

Donc là, en l’occurrence les hauts fourneaux de Pompey, dans la banlieue de Nancy, qui ont servi à fabriquer le fer puddlé de la tour Eiffel.

Donc, dans les années 80, les fourneaux ont fermé. Il y a eu beaucoup de chômage et autre, donc la municipalité a fait table rase du passé pour construire un nouveau parc industriel dessus, avec des entreprises de nouvelles technologies.

Donc ça fonctionne bien, mais aujourd’hui, on se rend compte que c’est un patrimoine qui a disparu, et on aimerait bien le faire revivre. 

Et là, on voit que la technologie enrichit le lieu, puisqu’avec une petite application qui est accessible sur mobile ou tablette, on peut faire revivre, à l’aide de photos, de documents qu’on avait à l’époque, les hauts fourneaux qui ont aujourd’hui disparu. 

Donc là, on dégaine son smartphone, c’est comme si on voulait prendre une photo du lieu, mais au lieu de prendre, là, la communauté de communes de Pompey, et bien on voit le haut fourneau tel qu’il était positionné à l’époque.

Donc, c’est quelque chose qui est enrichissant. Mais pour aller plus loin on a rajouté du texte, on a rajouté des vidéos, des témoignages d’époque, des sons aussi, pour qu’on se rende compte de ce qu’était le haut fourneau à l’époque.

Et c’est une application qu’on peut rendre aussi accessible à toutes les personnes empêchées ou en situation de handicap. Et ça, c’est important aussi, parce que c’est ce qu’un lutrin ne peut pas forcément faire, parce que le lutrin c’est du texte, c’est dur d’y intégrer de l’audio ou des images visibles aujourd’hui. 

Donc c’est important de pouvoir utiliser cette technologie-là, pour pouvoir vraiment aller plus loin. Et pour faire ça, il faut poser des choses à plat et évoluer.

Donc là, c’est la première version qui a été faite il y a deux ans maintenant – ça a été un peu mis en stand-by à cause du covid -, la prochaine version est en cours de réalisation, pour toujours agrémenter, rajouter des choses, rajouter du dynamisme, rajouter de l’interactivité, et puis, pouvoir aller plus loin. 

Pourquoi pas, à terme, débouler sur une visite virtuelle qu’on pourrait faire en casque, directement à l’Office du tourisme ou, pourquoi pas, à divers endroits de la planète pour ceux qui voudraient se rendre compte de ce qu’étaient les aciéries à l’époque.

Donc, c’est vraiment ça, le cheminement de Rodger.

Présentateur : Frédéric Josué (Président de 18M.io)

Intervenant : Guillaume Roger (CEO Filthy Patches)

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